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Economie Internationale

Javier Solana: "L'Otan défend des valeurs universelles"

Par L'Economiste | Edition N°:504 Le 11/05/1999 | Partager

L'article ci-après émane de M. Javier Solana, secrétaire général de l'OTAN. Il a été écrit pour les pays du Sud de la Méditerranée. Il est diffusé sur six pays: Maroc, Mauritanie, Tunisie, Egypte, Jordanie et Israël, avec lesquels l'OTAN a établi un dialogue bien avant la guerre du Kosovo. Pour le Maroc, cet article est diffusé en exclusivité par L'Economiste. Javier Solana veut expliquer directement la position de l'Organisation Atlantique.

· Les pays de l'OTAN comptent intensifier leurs efforts pour mettre fin à la crise
· Ils ont trois atouts pour réussir: L'unité des principes, la clarté des objectifs et la stratégie efficace


La crise du Kosovo a obligé l'OTAN à prendre position et intervenir pour défendre des valeurs communes. Les efforts diplomatiques ayant échoué, nous avions l'obligation morale d'agir. Milosevic a commis des génocides; il a pratiqué l'épuration ethnique et la déportation des populations du Kosovo.
Le sommet de Washington a entériné notre intervention au Kosovo. Il a démontré que la volonté de la communauté internationale est de plus en plus ferme et encouragé les membres de l'OTAN à intensifier leurs efforts pour mettre un terme au conflit du Kosovo. Nous réussirons à atteindre nos objectifs et je dirais même que je suis absolument confiant quant à l'issue de ce conflit. En effet, nous possédons trois atouts majeurs pour réussir notre mission: l'unité des principes, la clarté des objectifs et la stratégie efficace.
Plus de 40 pays étaient d'accord sur le principe au sommet de Washington, et il ne s'agit pas uniquement des 19 pays membres de l'Organisation, mais également des partenaires avec lesquels nous comptons approfondir des relations de coopération. Les pays limitrophes de la Yougoslavie nous ont appelé à poursuivre nos efforts pour mettre fin à ce conflit. Ils s'inquiètent de la présence d'un régime comme celui de Milosevic dans la région. Nous leur sommes reconnaissants pour leur aide militaire et humanitaire et nous remercions également la communauté internationale pour son soutien. Notre action militaire au Kosovo défend des valeurs universelles au-delà des différences culturelles et religieuses. Nos objectifs sont clairs. Nous encourageons toutefois les efforts diplomatiques de la communauté internationale.
J'ai des contacts directs avec M. Kofi Annan. J'apprécie aussi les efforts de M. Victor Chernomyrdin. La Russie joue en effet un rôle important pour la résolution de ce conflit. Mais soyons plus clairs: les objectifs fixés le 12 avril dernier ne sont nullement négociables.
Cinq conditions doivent impérativement être remplies par Milosevic. Il s'agit de:
- l'arrêt des violences et des massacres contre les populations civiles;
- le retrait des troupes militaires, paramilitaires et des forces de l'ordre yougoslaves du Kosovo;
- l'accord pour le déploiement de forces militaires internationales au Kosovo;
- l'acceptation du retour inconditionnel de tous les réfugiés;
- l'adoption d'une solution politique, basée sur les accords de Rambouillet et conforme à la loi internationale et à la charte de l'ONU.
Notre stratégie est efficace. Nous anéantissons de jour en jour la machine de guerre de Milosevic et nous détruisons sa capacité de maintenir ses troupes au Kosovo. Les frappes aériennes ont atteint leurs principaux objectifs: la défense aérienne est affaiblie; les forces aériennes sont sérieusement endommagées: plusieurs appareils sont détruits et le carburant n'est plus disponible.
Nous adressons le message suivant à Milosevic: La résolution des membres de l'OTAN est inébranlable. Vous êtes en mesure d'arrêter les frappes contre la Yougoslavie. Les dommages causés à l'infrastructure de votre pays sont sous votre entière responsabilité.
Toutefois, nos objectifs militaires ne doivent pas détourner notre attention de notre mission humanitaire. Nous nous engageons donc à venir en aide à tous ceux qui souffrent par la faute de Milocevic. Plus de 700.000 réfugiés ont déjà fuit l'épuration ethnique au Kosovo. Nos troupes soutiennent activement les actions du Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (UNHCR) et d'autres agences tels que le Croissant Rouge International dans les camps de réfugiés. 12.000 soldats participent aux opérations humanitaires en République de Macédoine et 5.000 autres en Albanie. Les alliés encourageront, avec la participation de la communauté internationale, des investissements pour reconstruire le Kosovo à l'issue de la crise. Le FMI et le G7 sont parmi les institutions qui se disent prêtes à fournir une aide financière aux pays de la région. Nous souhaitons coordonner les efforts d'aide pour soutenir les pays souffrant des lourdes conséquences de la guerre. Notre ultime objectif est de maintenir une paix durable dans la région des Balkans et nous oeuvrons d'ores et déjà dans ce sens. Le peuple yougoslave n'est pas responsable de la situation actuelle. Le régime de Milosevic est entièrement coupable de l'état actuel en Yougoslavie. La politique adoptée par le dirigeant serbe a fini par isoler son pays de l'ensemble de la communauté internationale. Un seul homme a-t-il le droit de condamner toute une nation à expier ses fautes? Les multiples massacres dirigées contre des civiles innocents au Kosovo et la destruction systématique de son propre pays témoignent de l'arrogance du chef serbe. Je tiens à réaffirmer au peuple serbe que l'offensive de l'OTAN est dirigée contre leur leader et non contre les populations civiles. Milosevic a couru à la ruine de son pays et l'a banni de la communauté internationale.
L'OTAN est désormais déterminée à changer le cours des événements. Les pays membres ont décidé à Washington de prendre une initiative de changement dans la région du Sud-Est de l'Europe. Ils comptent établir des relations de coopération avec et entre les pays de la région. Nous accepterons tous les efforts de l'UE et des autres organisations internationales pour construire une paix durable dans la région.
La crise du Kosovo constitue un défi pour tous les membres de la communauté internationale, elle a le mérite de transformer les paroles en actes. Nous sommes tous déterminés à réussir notre mission et nous en sommes capables.

Traduction: Aziza EL AFFAS


La sécurité de l'Europe est intimement liée à celle de la Méditerranée


L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) avait réussi à maintenir la paix en Europe au cours de ses cinquante ans d'existence. C'était la plus longue période de stabilité dans l'histoire du vieux continent. Mais le monde a énormément changé au cours de cette dernière moitié du 20ème siècle. Aujourd'hui, la globalisation affecte tous les aspects de notre vie, et le concept de sécurité englobe à la fois des préoccupations d'ordre économique, social et humanitaire.
L'OTAN a naturellement suivi le mouvement de changement. L'Organisation a effectivement pris une nouvelle forme lors du Sommet de Washington; elle est désormais prête à assumer son rôle au prochain millénaire. Les principes fondamentaux de l'organisation demeurent toutefois inchangés. En 1949, les membres fondateurs de l'OTAN avaient signé le Traité de l'Atlantique Nord pour défendre les principes de démocratie, de liberté individuelle et d'autorité de la loi.
L'OTAN est actuellement une alliance de 19 nations souveraines d'Europe et d'Amérique du Nord. Ces pays ont différents backgrounds historiques, culturels et religieux, mais ils sont unis par des valeurs partagées. Cette forme de réflexion commune a contribué a l'élargissement de l'OTAN pour inclure d'autres partenaires, d'où le programme de partenariat pour la paix, "Partnership for Peace" (PFP), lancé par l'OTAN en 1994 au profit de ses ex-adversaires, au temps de la guerre froide. D'autre part, nous avons entamé, en 1994, le programme Dialogue Méditerranéen, dont l'objectif est d'éclaircir tout malentendu relatif au rôle de l'OTAN et de renforcer la coopération entre les nations. Les principes de paix et de sécurité des pays d'Europe et de Méditerranée, qu'il soient membres de l'alliance ou pas, ne sont guère dissociés. La sécurité de l'Europe est intimement liée à celle de la Méditerranée. L'établissement d'un dialogue institutionnalisé avec des pays méditerranéens, qui n'appartiennent pas à l'OTAN, permet d'établir de fortes relations d'amitié et de respect dans le pourtour méditerranéen. L'agenda de coopération et de partenariat de l'OTAN est un agenda de progrès. Nous avons une chance unique pour enraciner les valeurs de démocratie, de liberté individuelle et de respect de la loi au sein du vieux continent. Après un 20ème siècle pour le moins turbulent, l'Europe veut accueillir le siècle prochain avec un nouvel esprit de confiance et instaurer une véritable communauté de valeurs.

Traduction: A. E.

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