×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Investissements: Quand la bonne politique ne suffit pas

    Par L'Economiste | Edition N°:271 Le 13/03/1997 | Partager

    Opération à ressorts multiples à Londres: rencontres avec les banquiers, possible emprunt en Euro-bonds, contacts avec des acheteurs pour les privatisations à venir. Et aussi une vraie leçon: la transparence.


    Londres, 7 mars 1997: quelque 300 personnes étaient présentes pour le Forum Union Européenne-Foreign Office sur les opportunités méditerranéennes (Londres, 6 et 7 mars 1997), dont une trentaine de journalistes anglo-saxons ou du Sud de la Méditerranée(1). La veille, le 5 mars, le Maroc, entre le Liban, l'Egypte et la Tunisie, avait fait une présentation destinée aux financiers, sous l'égide de la banque d'origine japonaise Nomura. A cette présentation, orientée vers les investissements en portefeuille, étaient présents la BMCE Bank, avec son président M. Othmane Benjelloun, les ministres des Finances et de la Privatisation, MM. Mohamed Kabbaj et Abderahmane Saaïdi, et le directeur de l'Office des Changes, M. Omar Benhachem Alaoui. Pour le monde anglo-saxon, il est primordial que les privés s'expriment sur leur propre réalité. Aussi la présence du patron de la BMCE, très à l'aise avec les usages anglo-américains, était-elle essentielle. M. Kabbaj a compensé l'effet d'écrasement entre les trois autres pays présentés, en jouant sur l'annonce du rating du Maroc et le possible emprunt en Euro-bonds au cours de cette année, après le rating (Cf en page 53). Cette annonce a retenu l'attention de l'actualité financière londonienne à la fin de la semaine.

    Data-show


    A la conférence Union Européenne-Foreign Office proprement dite, c'est le ministre de la Privatisation et chargé des Entreprises d'Etat, M. Saaïdi, que les participants voulaient voir. Il y a fait deux présentations très au-dessus des autres: data-show en couleur, sélection intelligente des indicateurs-clefs, axes à moyen terme pour les concessions. C'est d'ailleurs à lui que se sont intéressées les questions de la salle, surtout pour la deuxième présentation concernant l'analyse-pays. Mais parmi les questions, deux sur la signification des retards dans la libéralisation et les privatisations. Deux fois, M. Saaïdi a choisi de parler vrai: «Le principal problème de la libéralisation est le même partout: la bureaucratie». Très connu dans le monde anglo-saxon, M. Saaïdi y est perçu comme l'emblème de la libéralisation et des différences marocaines par rapport au reste du Monde arabe. Ses réponses sans détours ont à l'évidence travaillé pour la réputation du Maroc. «Vous avez de la chance au Maroc, votre gouvernement sait quelles sont ses difficultés et ne les cache pas, ni au peuple, ni à lui-même; dans les autres pays arabes, ce n'est pas comme cela», nous ont fait remarquer un analyste du Foreign Office et une jeune chargée d'études à la Commission européenne.

    Pourtant, le «modèle marocain» aurait gagné à ce que quelques privés portent aussi le drapeau. Sur l'environnement institutionnel et légal, l'analyse de M. Hassan Bernoussi, directeur des Investissements extérieurs au Ministère des Finances, a été applaudie un peu plus que les autres: détaillée et assez astucieuse pour parler du Maroc sans trop «faire l'article». Il a même eu la présence d'esprit d'évoquer la fiabilité du système juridique et de l'appareil judiciaire, problème que seules la Turquie et la Jordanie ont rencontré, les autres pays de la région n'étant pas assez avancés pour le connaître. Mais il y manquait, par nature, le vécu que peut avoir un privé. En fait, s'il ne faut retenir qu'une seule idée de deux jours d'exposés, de comparaisons et de confrontation des recettes pour développer les investissements, nationaux ou étrangers, ce sera l'idée selon laquelle le meilleur atout c'est encore la transparence et la circulation d'informations sûres, exemptes de lutte d'influence entre clans. Ce n'est pas le niveau du risque qui fait la décision, c'est la possibilité de l'évaluer cor-rectement.

    Nadia SALAH

    (1) Pour le Maroc, seul L'Economiste avait fait le déplacement pour les 6 et 7 mars, car les journalistes devaient payer leurs frais. Dans le monde anglo-saxon, les prises en charge par des tiers font très mauvais effet. Les confrères britanniques et américains posent la question et, dans le cas de la prise en charge, en tirent un enseignement pas très flatteur sur le système politique et les réseaux de dépendance. Il était donc important, pour l'image du Maroc, que L'Economiste se déplace de manière totalement indépendante.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc