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    Economie

    Investissements: Comment chacun travaille sa communication

    Par L'Economiste | Edition N°:271 Le 13/03/1997 | Partager

    Ce sont la Jordanie et Malte qui ont le mieux soigné leur communication. Viennent ensuite la Turquie, le Maroc, l'Egypte, puis, dans un mouchoir de poche, la Tunisie et, assez loin, la Syrie et, encore plus loin, l'Algérie.


    Ce qui fait la différence c'est la crédibilité et la sincérité de la communication, car communication ne veut pas dire maquillage. Le Maroc n'est plus dans le cas du maquillage. Son système politique autorise ses ressortissants à s'exprimer comme ils l'entendent. Cela se sent nettement, même quand ce sont des ministres, des diplomates ou des fonctionnaires. Et cela se voit aussi dans le style des brochures, livrées à temps et en quantité suffisante (il aurait fallu penser à produire des disquettes ou des CD, plus commodes que le papier pour le transport): cette liberté d'initiative fait beaucoup pour la réputation du Royaume. Il y a néanmoins des points noirs. Les entreprises privées sont trop repliées sur leur marché local ou sur leurs niches dans les marchés étrangers. Mais plus important, les partenaires étrangers expriment de multiples interrogations sur le Prince Héritier Sidi Mohammed (qui a une bonne image) et demandent pourquoi on ne le voit pas autant que le Prince jordanien lorsqu'il s'agit de parler de l'avenir du Maroc. Autre interrogation, plus forte que toutes les autres réunies: pourquoi le Ministère de l'Intérieur prend-il autant d'importance? Les Anglo-Saxons se demandent si, à cause de cela, le Maroc n'est pas en train de suivre la voie tunisienne (Cf en page 61, rubrique Arguments)

    L'Algérie est un cas à part: coincé entre la réalité et la «version officielle», son message suscite les doutes et la méfiance. Heureusement, deux privés algériens ont pris la parole pour dire que la guerre civile n'est pas partout et que l'on peut quand même travailler. L'un et l'autre ont dit qu'il n'était pas impossible que leur gouvernement leur reproche leurs interventions, «mais tant pis, il fallait bien que quelqu'un le dise».
    Ce qui fait la différence pour la Jordanie par rapport à tous les autres pays arabes, c'est l'engagement personnel du Prince Héritier, Hassan Ibn Talal: langage clair, net et surtout vision sur le moyen terme. Il aborde sans complexe tant le freinage du processus de paix que sa propre succession sur le Trône Hachémite. Le Prince a autour de lui une équipe organisée dont les compétences sont très favorablement commentées sur la place de Londres. Côté documentation, les brochures évitent l'excès de luxe et pour ceux qui ne voudraient pas s'encombrer de papier, il y a des disquettes à jour des données de 1996.
    Pour la Syrie: un désir d'ouverture mais avec une grande peur que cette ouverture engendre des recompositions socio-politiques que le pays ne saurait pas maîtriser. Aucun des fonctionnaires ne le dit ouvertement, mais finalement, le freinage du processus de paix les soulage: il retarde l'ouverture.
    La Tunisie, qui était bien partie il y a trois ans, est redevenue un cas: sa peur des dérives intégristes provoque une fermeture très nette. Les fonctionnaires font très attention lorsqu'ils parlent, comme s'ils n'étaient pas libres de leur propre expression. Ils évitent la presse et donnent la fâcheuse impression de réciter des leçons en voulant s'accrocher à un modèle idéal. Résultat: malgré leur aisance en anglais (ce que n'ont pas en général les Marocains), ils mettent mal à l'aise leurs interlocuteurs. Autre résultat, chiffré celui-là: les investissements sont en baisse.

    L'Egypte et la Turquie ont eu la bonne idée de mettre en avant, non pas le gouvernement et les fonctionnaires, mais leurs entreprises privées. Pour la Turquie, celui dont la voix porte, c'est l'héritier de la fortune Koç (troisième génération d'un empire privé, capable aujourd'hui de financer et construire des barrages dans tout le monde arabe et méditerranéen, par exemple). Ceci ne l'empêche pas de porter haut le message de son gouvernement, notamment en ce qui concerne les aides à la transition de l'Union Européenne. Même phénomène, mais avec un peu moins de maîtrise, pour l'Egypte dont les entrepreneurs privés soulignent les évolutions socio-politiques qui vont résulter, et résultent déjà, des privatisations rapides et de la croissance de la Bourse.

    Nadia SALAH

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