×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Société

«Informer, c’est apprivoiser le doute»
Entretien avec Henri Weill, directeur-adjoint de l’information à RFO

Par L'Economiste | Edition N°:2263 Le 26/04/2006 | Partager

Le journalisme est exposé à la tyrannie du temps. Face à l’urgence de l’actualité, quelle démarche intellectuelle devrait adopter le journaliste? Un ouvrage collectif, «Journalistes, des mots et des doutes», éditions Privat 2005, dirigé par Henri Weill, tente d’apporter des éléments de réflexion. Ce dernier a été journaliste à France3, grand reporter à la 5 et directeur-adjoint de l’information RFO. Il a également enseigné au centre de formation et de perfectionnement des journalistes. Invité récemment par l’Institut français de Casablanca (IFC), Henri Weill a animé, en compagnies d’autres confrères, une table ronde sur le sujet. . L’Economiste: Vous-même, avez-vous douté lors de la direction de cet ouvrage? Et si c’est le cas comment cela s’est-il concrétisé?- Henri Weill: L’ouvrage «Journalistes, des mots et des doutes» a été confectionné sous forme de contribution de plusieurs journalistes. Chacun y a apporté sa propre vision. J’ai pensé qu’en diversifiant les approches, la réflexion serait bonifiée. Autrement dit, je pose une trentaine de questions tout en demandant à des confrères d’y apporter des réponses. Le but principal étant de donner à ce travail plus de pertinence. . La frontière entre le doute et l’autocensure n’est-elle pas ténue?- Non, je n’en suis pas persuadé. Pour un journaliste, le doute devrait être un exercice quotidien. Il faut l’apprivoiser en quelque sorte. C’est peut-être une métaphore un peu osée. Douter permet de rester alerte. L’autocensure évidemment existe. Quel journaliste ne l’a pas vécue? Elle est plus forte que la censure et beaucoup plus subtile. Les cas d’autocensure sont plus nombreux que les cas avérés de censure. Elle fait partie de la panoplie du journaliste. Parfois à raison, elle évite les sottises. D’autres fois, elle sert de protection. On n’ose pas divulguer certaines informations pour ne pas s’exposer au danger. . Quelles réflexions avez-vous tirées de ce travail?- Ce n’est pas un ouvrage avec une recette magique. Mais l’idée est née d’un simple constat: il n’y avait pas assez d’ouvrages de réflexion sur la profession. Et plus exactement sur la démarche intellectuelle de son fonctionnement. En posant des questions, j’ai voulu faire une photographie du métier de journaliste. C’est une sorte d’état des lieux. Je n’ai pas de leçons à donner. L’idée est de s’arrêter tous ensemble pour regarder la presse telle qu’elle est aujourd’hui. Globalement, il s’agit de dire ce qui est louable de ce qui ne l’est pas. Il ne faut pas oublier les emballements médiatiques et leurs dégâts. Mais il ne faut pas non plus avoir une vision binaire de notre métier. Dans les rédactions, il y a des gens qui font honnêtement leur travail. Ce qui est certain, c’est que notre profession est à l’image de notre société. Elle reflète la société dans laquelle nous vivons et dans laquelle nous sommes aussi des acteurs. . Quel avenir pour le journalisme?- Je suis plutôt serein. Les télévisions et les radios se multiplient. Ce qui va être le cas pour le Maroc par exemple. Après, il y a des objectifs financiers à atteindre pour rentabiliser les investissements. A l’image de l’évolution du monde, les médias prennent le virage numérique. A ce titre, il existe un document du Haut-commissariat général au plan réalisé par un groupe baptisé Cosmos. Selon l’étude, sur un même support numérique, on va pouvoir lire, regarder et écouter de l’information. C’est déjà le cas, avec le portable G3 qui vient d’être lancé. Toutefois, je suis inquiet par rapport à d’autres questions. Une directive de Bruxelles prévoit notamment une suppression des aides pour l’Agence française de presse (AFP). Alors qu’elle est subventionnée à hauteur de 95% par l’Etat. Va-t-elle disparaître? Toute la question est là.


Artisan

POUR Henri Weill, «le journaliste est un artisan. Ses outils sont les mots et le doute». Il ne s’agit pas seulement de collecter l’information et de jouer au rapporteur. «Le journaliste n’est pas un pisseur de copie. Il doit réfléchir également au sens de ses mots et au poids de ses idées», affirme l’auteur de «Journalistes, des mots et des doutes». Il prône ainsi la prudence comme rigueur intellectuelle. L’enjeu n’est pas seulement d’écrire pour informer. Mais d’informer sans oublier de se remettre en question.Propos recueillis par Faiçal FAQUIHI

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc