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    Economie Internationale

    Informatique: Rencontre avec des pirates sympas

    Par L'Economiste | Edition N°:498 Le 03/05/1999 | Partager

    · Pirate n'est pas bandit: Le pirate ou "hacker" s'amuse, le bandit vole
    · Deux sortes de bandits: les "carders" qui tapent les cartes de crédit et les "crakers" qui endommagent les données visitées


    Alexandre Golovanivsky, 22 ans, et Yoann Vandoorselaere, 17 ans, sontd'anciens pirates informatiques. Tous deux ont eu des démêlés avec lajustice et travaillent maintenant pour des entreprises high-tech. Leur"confession" sort en librairie (1). Coécrit avec un troisièmesurdoué de la sécurité informatique, Philippe Langlois, c'est un livre-témoignage où les jeunes hackers tentent de se démarquer de leurs alter ego bandits numériques -carders (voleurs de numéros de cartes bancaires) ou crackers (qui endommagent les données des ordinateurs visités).

    - Comment ont débuté vos problèmes judiciaires?
    - Yoann: J'ai commencé à me connecter à l'Internet à 14 ans. Tout de suite, j'ai voulu tout comprendre, je dormais trois heures par nuit. J'ai arpenté les systèmes d'universités, la Nasa. Fin mars 1998, tôt le matin, trois flics ont débarqué chez la grand-mère de ma copine, qui nous hébergeait. Nous étions couchés, et j'ai réagi par une crise de tétanie. Les flics ont pensé que je faisais une crise de manque et m'ont proposé de la drogue. J'étais entré sur les ordinateurs de l'US Air Force un an auparavant. Mon procès n'a toujours pas eu lieu.
    - Alexandre: Mes premières intrusions datent de 1994. Je m'introduisais sur n'importe quel ordinateur: des banques, des entreprises, des gouvernements. Ou sur des centraux téléphoniques. Fin 1997, la police a débarqué chez moi suite à une intrusion dans le système d'une association. J'avais 20 ans, ils m'ont mis en garde à vue. J'ai été condamné à soixante heures de travaux d'intérêt général.

    - Lors de vos intrusions, vous avez dû tomber sur des informations confidentielles?
    - Yoann: Bien sûr. Sur les ordinateurs de l'US Air Force, il y avait des plans d'avions, des informations sur leur fonctionnement. Des fiches de paie aussi. Je n'ai pas vu tout ça, on me l'a dit après. J'étais juste entré sur les ordinateurs par défi.

    - Aviez-vous conscience de commettre des délits?
    - Alexandre: Je ne m'attendais pas vraiment à me faire choper. Même si tu sais que dans ce milieu, tôt ou tard, ça arrive à tout le monde, tu ne penses qu'à t'amuser.
    - Yoann: Je savais que je pénétrais sur des systèmes interdits, mais il y a une marge entre la notion "d'interdit" et celle "d'illégal" susceptible de vous envoyer en prison!

    - Pour la justice, vous êtes des délinquants. Où placez-vous la limite entre le bien et le mal?
    - Alexandre: Quand tu traverses un passage clouté au rouge, tu mets en danger la vie d'autrui: tu peux provoquer un accident. Or, tout le monde le fait! Avec les intrusions informatiques, on est quasi certain que ça ne va pas provoquer de dommages, c'est plus un jeu.
    - Yoann: Un pirate va regarder et ne touchera à rien, c'est la différence avec un voleur.

    Propos recueillis par Florent LATRIVE
    Syndication L'Economiste-Libération/France

    (1) Chevaliers d'Internet et pirates informatiques, Editions n°1, 242 pp., 100 FF.


    Ce que dit la loi française


    Ces deux jeunes sont bien des délinquants, puisque, selon la loi française, le piratage informatique est un délit. La peine encourue pour "l'accès et le maintien frauduleux" dans un système informatique peut atteindre un an de prison et 100.000 Francs d'amende. En cas de modification des données ou de dommages causés aux ordinateurs visités, les pirates peuvent récolter trois ans de prison et jusqu'à 300.000 Francs d'amende.
    "L'accusation de piratage est la plupart du temps doublée de celle d'escroquerie", précise David Nataf, juriste au cabinet de Jean-Pierre Millet, l'avocat d'Alexandre et de Yoann.

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