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Evénement

Industrie de la pêche : Une trentaine de conserveries à l’arrêt

Par L'Economiste | Edition N°:3501 Le 05/04/2011 | Partager
7.500 salariés en chômage à Safi depuis le début de l’année
Faute de matières premières
La profession réclame le recours à l’affrètement

Les industriels de la conserve de poissons sont dans la tourmente. Après un chômage forcé d’une trentaine d’usines pendant 2 mois, les stocks de produits finis sont pratiquement nuls. D’où l’appréhension quasi générale de la profession d’être éjectée des grandes centrales de commercialisation d’Europe, d’Amérique et d’Afrique. «Faute d’une présence effective avec des volumes conséquents, ces dernières vont s’orienter vers d’autres fournisseurs», s’inquiète un conserveur de Safi. Or, une fois écarté de ce circuit moderne de distribution, le retour sera très laborieux en termes de délais et d’investissements onéreux dans le marketing, prévient-il.
De fait, la situation a été ressentie par l’ensemble des produits de la mer. Déjà à fin février 2010, tous les produits halieutiques affichaient une baisse inquiétante des exportations. D’après les données de l’Office des changes, elle a atteint 27,5% pour les crustacés mollusques et coquillages, 28,3% pour les conserves et 18% pour le poisson frais. L’ensemble de ces activités assurant, selon les années, un chiffre d’affaires export d’environ 13 milliards de DH. C’est dire l’ampleur du manque à gagner. Dans le cas de l’activité du poisson en conserves, les pertes sont aussi à comptabiliser au plan social. Les usines de Safi qui emploient quelque 7.500 personnes, essentiellement des femmes, sont à l’arrêt depuis le début de l’année. Sur les 2 premiers mois de 2011, ces unités n’ont réceptionné que 1.200 tonnes de petits pélagiques, soit l’équivalent d’une demi-journée de production. Et, la situation est aussi catastrophique dans les unités d’Agadir: à peine 57 tonnes y ont été destinées, selon les statistiques de l’Office national des pêches. Au total, environ 100.000 tonnes de poisson pélagique ont été débarquées à fin février dont seulement 14.000 tonnes ont profité à la conserve. Sur ce volume, 12.700 tonnes ont été traitées dans les sites de Tan Tan, Sidi Ifni et Laâyoune.
Le port de Dakhla qui draine l’essentiel des prises réalisées dans le fameux stock C, pêcherie située entre Boujdour et Lagouira, a orienté la totalité de ses débarquements vers la consommation. Pourtant, le poisson se fait aussi rare sur le marché local.
Comment en est-on arrivé là? Selon l’Union nationale de l’industrie de la conserve du poisson (Unicop), les données de l’Institut national de recherche halieutique sont peu convaincantes. Pour la première fois dans les annales du secteur, «l’INRH avance un retard de saison pour cause de mauvaise marée prolongé», s’étonnent les responsables de l’Unicop. C’est en tout cas l’argumentaire qui a été servi à la profession lors de la réunion qu’elle a eue mercredi dernier avec la tutelle.
A leurs yeux, la vérité est ailleurs. Elle a plutôt trait au retard pris dans la mise en œuvre du Plan Halieutis et notamment le volet relatif à la valorisation. «L’appel d’offres relatif à l’approvisionnement d’appoint aux industriels devait produire ses effets à partir de septembre 2010. Mais jusqu’à présent, rien n’est encore perceptible», constatent les membres de l’Unicop. Même s’ils jugent le calibre de la sardine du stock C non adapté aux exigences des marchés les plus rémunérateurs, ils regrettent toutefois de n’avoir pas été associés à la préparation de la consultation qui les ciblait en premier lieu.
Ces marchés, en particulier ceux d’Europe, exigent aussi la certification des pêcheries des petits pélagiques selon le procédé «Marine Stewardship Concile». Là, on ne sera pas dans les délais. Enclenchée en 2008, la requête des professionnels n’a connu un début de concrétisation qu’en décembre 2010. Actuellement, le processus se trouve au stade de préévaluation. L’évaluation proprement dite n’aboutira au mieux que dans 2 à 3 ans. D’ici là, cette démarche encore facultative sera érigée en obligation.
En attendant, la profession veut être autorisée d’affréter des senneurs modernes de type RSW (Refrigerated Sea Water) pour assurer les besoins des unités industrielles en termes de volume et de qualité. De son côté, la tutelle paraît acquise à cette requête. Surtout qu’une première opération du genre a été menée avec succès entre 1969 et l’an 2000.
Celle-ci ayant enregistré un nette amélioration de la qualité des captures et la création de 1.000 nouveaux emplois à terre et à bord. A défaut, d’affrètements, ce sont 25.000 emplois permanents et 100.000 emplois indirects qui sont menacés d’un chômage de longue durée.

A. G.

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