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Economie

Industrie cinématographique
Plus de films et moins de salles!

Par L'Economiste | Edition N°:2727 Le 04/03/2008 | Partager

. Une tendance confirmée de nouveau par le box-office 2007 . La production nationale s’impose mais peine à séduire. Le marché toujours dominé par Hollywood et Bombay Après des années de duel démesuré, les réalisateurs marocains ont pu relativement s’imposer face aux mastodontes de l’industrie cinématographique. La cuvée 2007 du box-office le «certifie» encore une fois. Une mise à jour des chiffres, arrêtée à mi-février, vient d’ailleurs d’être publiée sur le site du Centre cinématographique marocain (CCM). Les statistiques précédentes étaient provisoires puisque «le centre n’avait pas reçu toutes les déclarations des recettes des salles de cinéma», précise-t-on. Toujours est-il qu’en 2007, les films nationaux se classent aux deux premières places du top 30. Sur les 10 premiers, la moitié est l’œuvre de réalisateurs marocains (voir info). En tête du box-office, «Les anges de Satan», une fiction réalisée par Ahmed Boulane (voir p.4). «Nancy et le monstre», un autre film made in Morocco, décroche la médaille d’argent. «Spider Man 3» vient juste derrière. Même scénario en 2006. C’est le film très controversé, «Marock», de la jeune réalisatrice Leïla Marrakchi qui s’est placé à la tête du podium. Saïd Naciri avec «Abdou chez les Almohades» est en seconde position. La percée des productions nationales sur le grand écran devient donc une tradition! «Rares sont les films ayant dépassé les 100.000 entrées», relativise le président de la Chambre marocaine des salles de cinéma (CMSC), Abdelhamid Marrakchi. Le responsable du portail Maghrebarts, Adil Semmar, ne cache pas son scepticisme. «Les chiffres du CCM sont seulement un indicateur et ne reflètent pas vraiment la tendance». Chaque année, il organise une table-ronde sur l’industrie cinématographique et épluche, par la même occasion, les statistiques officielles. C’est un «exploit» en soi lorsqu’on sait que «le budget d’une production américaine, à lui seul, dépasse celui du CCM», rétorque le chef de la division exploitation, Kamal Mghazli. En 2006-2007, une cinquantaine de films ont été produits. Ce qui fait dire à Mohammed Bakrim, chargé de communication du CCM, qu’on est face à une «industrie émergente». Le CCM a même commandité une étude stratégique 2017 sur le secteur auprès de Valyans Consulting. Parmi ses objectifs phares, augmenter de trois quarts le parc de salles et passer ainsi de 140 à près de 245 écrans. Mais avec la concurrence des chaînes satellitaires et les ravages du piratage, les investisseurs vont-ils suivre? «Un banquier cherche avant tout si votre projet est rentable ou pas. Devinez sa réponse, sachant que la fréquentation des salles ne dépasse pas les 5%...», répond le président de la CMSC. Depuis le 1er janvier, le fonds d’aide du CCM pour la production nationale est passé de 50 à 60 millions de DH. «On vise à atteindre l’année prochaine un budget de 100 millions de DH», d’après Mohammed Bakrim. Il va falloir attendre la future loi de Finances. La décision est avant tout politique. Donc, rien ne garantit que le gouvernement El Fassi cautionnera financièrement ces ambitions. Du côté du CCM, on est confiant puisque les «négociations sont très avancées». Si la bataille du classement a été plus ou moins remportée par les cinéastes marocains, la production nationale est loin d’être souveraine sur son propre marché. Evidemment, le rouleau compresseur hollywoodien lamine toute résistance. Le cinéma américain s’accapare plus de 39% des entrées et près de 48% des recettes guichet. Bollywood le talonne en termes d’entrées mais pas en termes de chiffre d’affaires. Par rapport aux fictions US, les films indiens réalisent moins de la moitié des recettes guichets. Ce n’est pas vraiment un mystère. . Grand paradoxe«Le chiffre d’affaires est déterminé par le nombre de spectateurs, mais surtout par le prix du ticket», souligne le directeur exploitation du CCM. La projection des productions indiennes se concentre essentiellement dans les salles des quartiers populaires. Le prix d’entrée n’est évidemment pas le même que celui du Mégarama notamment.Le cinéma marocain s’octroie près de 15% des entrées. Contrairement aux films indiens, ce pourcentage augmente d’un point lorsqu’il s’agit des recettes guichet. «La renaissance du cinéma italien, par exemple, a boosté de plus de 8% le taux de fréquentation des salles. Ce qui n’est pas le cas pour le cinema marocain», explique le responsable de Maghrebart. Le secteur vit en effet un grand paradoxe. Les productions se multiplient tandis que les salles obscures se raréfient.


Ambassade virtuelle

La Roumanie a une nouvelle race d’ambassadeurs: ses cinéastes. Dernière démonstration en date, la Palme d’or du 60e Festival de Cannes 2007 décernée au réalisateur de «Quatre mois, trois semaines et deux jours», Cristian Mungiu. Ce n’est d’ailleurs pas le premier cas du genre. L’envol du cinéma roumain se distingue par son timing. Il reflète une partie de la métamorphose que vit le pays de la Dacia, depuis la révolution de 1989 jusqu’à son adhésion à l’UE. Si la fin de l’ère dictatoriale de Ceausescu a délié les langues, la perspective d’une intégration européenne a galvanisé la reconstruction du pays et toute son expression artistique, et en premier lieu son cinéma. Moralité? Créativité artistique, libéralisation économique et démocratie forment souvent le revers d’une même médaille. Une médaille qui, aujourd’hui, brille à travers le grand écran. C’est un classique, dira-t-on ! C’est probable, reste à savoir si nos politiques, ici, en sont vraiment conscients. La culture a toujours été considérée comme un produit de bas étage. Prenons le cas du cinéma, augmenter les fonds pour soutenir la production nationale est louable. Mais cela reste une décision orpheline car il n’y a pas une vision d’ensemble. L’activité cinématographique a besoin d’une vraie feuille de route (voir p.6). Exporter une image, c’est en partie véhiculer une identité. L’acte est à la fois artistique et politique. Faiçal FAQUIHI

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