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Economie

Incendies de forêts : La lutte limitée à la prévention

Par L'Economiste | Edition N°:193 Le 17/08/1995 | Partager

Plus de 6.000 hectares de forêts brûlés en 1994. Le pire est attendu pour cette année compte tenu de la sécheresse. La prévention joue un grand rôle, car les moyens de lutte restent rudimentaires. Le Nord est la région la plus touchée.


Les moyens de lutte contre les incendies de forêts sont encore très limités. Les feux de forêt sont dans 90% des cas éteints par la population locale, du fait d'un accès très difficile pour les équipements des sapeurs-pompiers et de la Gendarmerie Royale.
Aussi la politique de la Direction des Eaux et Forêts demeure-t-elle axée sur la prévention. Il est prévu pour 1995 près d'une centaine de gardiens de postes-vigie et plus de 300 km de tranchées pare-feu supplémentaires. Un budget de près de 2,8 millions de DH y est alloué.
Les incendies de forêts ont détruit plus de 6.000 hectares en 1994, soit près du double de ce qui avait été enregistré en 1993. Ces feux résultent du déclenchement de 417 incendies. Cette augmentation est attribuée en partie aux températures estivales assez élevées et "au dessèchement important du tapis herbacé qui s'est développé à la suite d'une année pluvieuse."
La superficie moyenne brûlée par mois en 1994 est de 505,98 hectares avec 34 incendies. Les incendies les plus dramatiques se sont déroulés en juillet, août et septembre. Durant le mois d'août, près de 3.300 hectares ont été brûlés.
Le bilan de 1994 fait également ressortir que les essences secondaires, les reboisements et le chêne-liège constituent les principales formations forestières touchées par le feu avec respectivement 37, 27 et 19% de la superficie globale incendiée au niveau national.
Les pertes en produits ligneux causées par le feu au cours de cette année sont estimées à près de 9,7 millions de DH.

Tétouan est la plus touchée


Un découpage en neuf régions forestières a été effectué par la Direction des Eaux et Forêts.
La région du Rif (Tétouan, Larache, Tanger, Chefchaouen) arrive en tête de liste, aussi bien en superficie brûlée (3.677,47 hectares) qu'en nombre d'incendies (174), soit respectivement 61% de la superficie globale incendiée et 42% du nombre d'incendies enregistrés au niveau national.
Ces incendies sont favorisés par l'importance des forêts dans cette zone (450.700 hectares). Ils sont également facilités par a composition des formations forestières en plusieurs strates (chêne-liège, reboisements résineux et feuillus, maquis d'essences secondaires à base de cistes et de bruyères).
Dans cette région, c'est la Province de Tétouan qui est la plus touchée, avec une superficie incendiée de 1.958,49 hectares. Ces feux ont eu lieu pour 50% des cas au mois de septembre. Les pertes en produits ligneux pour cette province sont évaluées à 2.270.796 DH.
La région de l'Oriental, composée des provinces d'Oujda, Nador, Figuig, occupe la seconde place avec 11,43% de superficie incendiée. Les formations forestières sont à base de thuya, d'alfa et de reboisements. Les feux sont localisés en grande partie dans les formations du chêne-vert et dans les jeunes plantations résineuses.
La région du Nord-Ouest (Kénitra, Sidi Kacem, Khemisset, Rabat-Salé, Casablanca et Benslimane) arrive en troisième position, avec une superficie brûlée de 545,46 hectares.
Les autres régions forestières (Haut-Atlas, Moyen-Atlas, Sud et Sud-Ouest) ne sont que faiblement touchées. Pour ces quatre régions, la superficie globale brûlée est de 569,64 hectares, soit 9,40% de la superficie totale incendiée au niveau national.

3 millions de DH de dégâts à Taza


En valeur, le service forestier de Taza arrive en tête en 1994, avec des pertes en produits ligneux estimées à un peu plus de 3 millions de DH, pour une superficie de 489,21 hectares. Ces incendies ont touché pour plus de la moitié les peuplements de chêne-liège.
De son côté, le service forestier de Sidi Kacem n'a connu que deux incendies. Mais l'un d'entre eux a été particulièrement dramatique. Il a ravagé près de 400 hectares de plantations résineuses dans la forêt domaniale d'Izarène. Les dégâts s'élèvent à 2,929 millions de DH. La gravité des incendies, qui se sont régulièrement répétés dans cette forêt, résulte du fait de l'importance du sous-bois à base d'essences très inflammables, d'une forte accumulation de combustibles fins (herbes) qui se dessèchent en été, d'une topographie accidentée et de l'insuffisance des voies d'accès rendant l'extinction du feu, une fois déclenché, très difficile.
A l'image des forêts méditerranéennes, les formations forestières marocaines sont des xérophiles. En conséquence, elles sont extrêmement inflammables surtout en été quand la teneur en eau des combustibles (herbes sèches, bois mort...) est faible. Ce qui explique l'importance et la fréquence des incendies enregistrés dans certaines formations.
Par ailleurs, selon le rapport annuel de la Direction de la Conservation des Ressources Forestières de 1994, 86% des incendies sont d'origine inconnue. En effet, les investigations sont difficiles, compte tenu de la multiplicité des acteurs en forêt.
Les incendies résultant d'imprudences diverses s'élèvent à 10% et ceux dus à des actes intentionnels à 4%.

Fatima MOSSADEQ

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