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    Incendie de Lissasfa: Mort deux fois!

    Par L'Economiste | Edition N°:2769 Le 05/05/2008 | Partager

    . Des rescapés empêchés de témoigner. D’autres n’ont pas d’accompagnement psychiatrique Poignant! C’est le moins que l’on puisse dire sur le témoignage de Hicham Doumir qui a perdu, à l’usine Rosamor de Lissasfa, deux sœurs, Hanane et Ghizlane, 23 et 21 ans, et une cousine Imane Dahbi âgée de 19 ans. Cela fait un an qu’elles travaillaient à l’usine moyennant 1.000 DH par mois en guise de salaire. «Ma sœur Ghizlane est toujours à la morgue. Nous avons pu l’identifier, mais ils n’ont pas voulu nous la confier», déplore Doumir Hicham. Selon lui, il a été interdit d’accès à la morgue. Mais il a pu échapper à la vigilance des gardes pour y pénétrer. Les services de police l’ont interpellé et il a été placé en garde à vue la nuit du samedi à dimanche suivant la catastrophe.De son côté, la famille de Mohamed El Khabaz ignore toujours son sort. Ce père de 3 enfants âgés de 9, 13 et 15 ans, est porté disparu depuis le jour de l’incendie. Sa famille n’a toujours aucune information. D’après des témoins, il aidait les bénévoles à soustraire les employés de l’usine des flammes. La famille de Mohamed a perdu tout espoir. «Le fils aîné de Mohamed n’arrive plus à sortir de la maison, il croit qu’en devenant majeur, il subira le même sort que son père», déplore une proche de la victime. Les familles sont encore sous le choc. Elles ne sont pas prêtes d’oublier ce drame.Madih Rachid, 35 ans, travaillait à l’usine depuis 1 an et demi. Il a péri dans l’incendie laissant derrière lui une famille et un enfant de 2 ans. Son frère, Houcine, avait plus de chance. Il a réussi à sauter du 3e étage pour échapper aux flammes. Depuis, il n’arrive plus à trouver le sommeil, à cause des images du drame qui continuent à le hanter. Houcine est hospitalisé au pavillon 36 (psychiatrie) au CHU Ibn Rochd. «Le personnel m’a posé des questions plus sur les employés et sur le comité de soutien des familles que sur mon état de santé», indique Houcine. Pourtant, la prise en charge, fournie par son assureur, lui permet de se soigner dans n’importe quelle clinique. Certaines cliniques privées ont refusé de le prendre en charge et un seul établissement l’a accueilli. «Dans cette clinique, ils m’ont administré un calmant et le lendemain je me suis retrouvé à la maison. Personne ne veut de nous», s’indigne Houcine. D’après les membres du comité de soutien des victimes de Rosamor, Houcine a subi des pressions de la part des autorités pour ne pas accorder de déclarations à la presse. «Je devais assister à une conférence de presse vendredi dernier, mais les autorités m’ont convoqué pour m’empêcher de venir témoigner. C’est le cas d’autres rescapés», indique-t-il. A noter que le comité de soutien des victimes de Rosamor constitué le 28 avril dernier, est une initiative de l’Association marocaine des droits de l’homme en concertation avec des organisations politiques, syndicales et associatives. Le comité appelle à une enquête approfondie dans cette affaire, afin de déterminer les responsabilités des personnes et des institutions dans le plus grave sinistre industriel au Maroc. Saad Souleymane BOUHMADI

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