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Implosion dans les rangs des céphalopodiers

Par L'Economiste | Edition N°:625 Le 27/10/1999 | Partager


· L'UPEC, l'association dissidente, oppose un "non" catégorique aux mesures du Département des Pêches
· Outre la visibilité revendiquée par les céphalopodiers, d'autres problèmes comme l'affrètement doivent être tirés au clair


Le torchon brûle dans le secteur de la pêche hauturière. Il a fallu seulement une semaine après la décision (du 11 octobre dernier) de M. Thami EL Khyari, ministre des Pêches Maritimes, concernant les mesures de régulation de la pêcherie poulpière, pour que l'ACM (Association des Céphalopodiers du Maroc) éclate. La frange contestataire est d'ores et déjà en train de constituer sa propre association: l'UPEC, l'Union de la Pêche aux Céphalopodes.
En fait, cette implosion renseigne, en arrière-plan, sur la grande distorsion de ce secteur: sa composition, son fonctionnement mais aussi l'épineux problème de l'affrètement. Loin d'une recomposition, cet éclatement a néanmoins consacré la constitution de deux groupes. Celui de Casablanca avec la nouvelle association UPEC et celui de Rabat avec l'ancienne ACM. Les premiers sont les ultra-conservateurs, selon l'expression de quelques observateurs, les seconds, en revanche, se disent modérés. D'ailleurs, ce sont leurs positions respectives sur les mesures du MPM qui leur confèrent cette distinction quelque peu orthodoxe.
A rappeler que ces mesures ont concerné trois points. Il s'agit d'abord de faire reculer la pêche au-delà de 12 miles. Ensuite, instaurer un quota mensuel de 2.500 tonnes pour les opérateurs de Dakhla. Enfin, différer la commercialisation au 10 décembre prochain.
Ainsi, sur chacune des trois mesures prises par le MPM, l'UPEC, l'association dissidente, oppose un "non" catégorique. D'ailleurs, elle n'a pas hésité à saisir la Primature pour faire connaître sa position. "Comment pourrait-on envisager que les chalutiers de la pêche hauturière opèrent au-delà des 12 miles, alors que les autres intervenants puisent sauvagement dans les zones de ponte et de frayère", conteste l'UPEC. A peine voilée, cette insinuation vise quelques opérateurs privilégiés de la pêche hauturière qui bénéficient de la bénédiction des autorités maritimes de contrôle.
Second point de discorde, le quota mensuel de 2.500 tonnes accordé aux opérateurs de Dakhla. Là aussi, l'UPEC affiche son scepticisme quant à l'efficacité de cette mesure, "si elle vient à être respectée". "Ayant estimé leur production à 10.000 tonnes en 1998, soit une moyenne mensuelle de 1.250 tonnes, les opérateurs de Dakhla redoubleront leur production grâce à cette mesure", proteste un professionnel de la pêche hauturière. Et d'ajouter ironiquement que "c'est une prime à l'informel". Le vieux refrain de la légalité de cette pêcherie est remis sur la sellette.
Quant à la mesure portant sur le recul de la période de commercialisation des céphalopodes au 10 décembre, l'UPEC avance que la production de la marée précédente, toujours stockée, risque de se retrouver dans des dépotoirs à cause de cette décision.
Du côté du MPM, les remous dans les rangs des céphalopodiers sont difficilement décryptés. "Si nous ne prenons pas de mesures, les prix continueront à baisser. Paradoxalement, les décisions prises provoquent des réactions alors que le prix du poulpe a augmenté juste après la réunion avec les professionnels".
En tout cas, aujourd'hui comme hier, le secteur de la pêche hauturière continue à manquer de visibilité. Mais au-delà, d'autres problèmes qui gangrènent la profession, gagneraient à être éclaircis. Il s'agit entre autres de l'affrètement ainsi que de la "relation qualifiée d'incestueuse entre le contrôle maritime et quelques opérateurs".

Hassan BOUCHACHIA

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