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Economie

Immobilier : Le CIH dans la libéralisation

Par L'Economiste | Edition N°:32 Le 04/06/1992 | Partager

La libéralisation bancaire, avec notamment la réduction des emplois obligatoires et le décloisonnement des marchés, pose des problèmes insolubles aux Organismes Financiers Spécialisés: leurs missions statutaires sont maintenues en l'état alors que les ressources correspondantes sont en baisse.

Par rapport à 1990 les finance-ments totaux du CIH ont baissé en 1991 de 1 milliard de DH, passant de 4,3 milliards de DH à 3,3 milliards. Les logements ont été moins affectés que les autres opérations: 2,5 milliards en 1991 contre 2,9 milliards en 1990; cependant la part du logement dans les engagements grimpe de 67% à 75% en raison de la baisse des engagements dans le tourisme, due evidemment à la crise qu'a vécu le secteur durant l'année 1991.
La banque spécialisée a vu fondre ses ressources et parmi elles spécialement les ressources à long terme. Cette baisse est due à la réduction des emplois obligatoires, telle qu'organisée par la libéralisation bancaire.

Les spécialistes soulignent que se sont ces ressources à long terme qui peuvent financer le logement social. La baisse de ces ressources n'est pas actuellement compensée. Par contre, le statut de banque de dépôt conféré au CIH en 1988, se traduit par l'apprentissage des contraintes de la banque classique. Ceci signifie, signalent les observateurs, l'accès à l'épargne privée, mais aussi la distribution de crédits classiques, outre l'engagement de soutenir les projets de logement des clients: la prestation de services classiques concerne notamment les crédits à court terme, activité qui correspond au type de ressources que permet d'obtenir le statut de banque de dépôt. "Il serait dangereux de transformer des ressources à court terme en emplois à long ou très long terme" rappellent les spécialistes du CIH.

Un problème: le taux

M. Othmane Slimani, Président Directeur Général du CIH avait posé le problème lors du dernier Comité Consultatif du Crédit et du Marché Financier, en Février dernier. Les autorités monétaires comme les banquiers présents n'avaient pas apporté de réponse.
Pour leur part, les autorités monétaires maintiennent l'option de la libéralisation dont les objectifs et les contraintes dépassent les seuls problèmes des logements sociaux(1).
Cependant, la demande reste élevée, notamment de la part des collectivités locales, indique-t-on de source proche du CIH. Ces besoins dépassent les possibilités du CIH, alors que la présence des autres organismes financiers dans le logement demeure faible et orientée vers le logement de standing.

Le Crédit Immobilier et Hôtelier indique qu'il a demandé aux autorités de tutelles d'établir des critères de priorité de manière à ce que les financements CIH soient cohérents avec la programmation de la politique de logements sociaux.
Hors la question de la hiérarchie des priorités, se pose le double problème du taux et de la durée. Le CIH calcule que le coût moyen de ses ressources se situe à 11,5% et les emprunts obligataires sont faits à 12%, soit un point en dessous du taux offert par le Trésor sur les Bons, or le crédit-HBM est à des taux variant entre 7 et 9%. le CIH a actuellement un encours de 1,6 milliard de DH en HBM.
Pour l'année 1991, les ressources du CIH ont augmenté de seulement 100 millions de DH pour atteindre 6,04 milliards de DH. L'année dernière les remboursements à la Banque Mondiale ont été supérieurs aux prêts obtenus et il n'y a pas eu d'autres concours extérieurs significatifs.

Les dépôts bancaires ont certes augmentés de 23% mais le montant reste faible: un peu moins de 600 millions de DH tandis que les remboursements de prêts, du fait notamment des rééchelonnements hôteliers de 1991 ont été de 1,978 milliard de DH, soit nettement en dessous de ce qui était prévu.
Le rééchelonnement hôtelier a porté, précise le CIH, sur 600 millions de DH. La transformation du CIH en banque de dépôts a fait couler beaucoup d'encre.
Le CIH conteste ce terme de transformation, car il souligne que son activité originelle demeure. Sur les 50 agences que comptera le CIH d'ici la mi-1992, 15 sont implantées dans les quartiers populaires et travaillent quasi exclusivement sur le segment du logement social (HBM): "Ce sont des agences de crédits sociaux" commentent les experts de la banque. Le Crédit Immobilier et Hôtelier gère quelques 73.000 comptes-dépôts et 30.000 prêts au logement social.

8 milliards de DH pour le logement social

Quelque 8 milliards de DH d'investissements pour le logement social sont actuellement en cours de financement ou à l'étude par le CIH, précise la banque, ce qui représente environ 45.000 logements.
Les cadres de la banque ne sont pas loin de trouver "injuste" ou "anormale" la situation où il serait fait reproche au CIH de "faillir à sa mission", sans que l'on aperçoive, au niveau national, une stratégie bien nette en matière de financement du logement social. Ils font remarquer que le travail de "crédit social" présente des spécificités, notamment au niveau du recouvrement: "Ce sont des dossiers chers à gérer et pour lesquels on est très prudent en cas d'incident". Les incidents de paiements sont fréquents sur ces dossiers puisqu'en Avril dernier le cumulé des incidents sur les logements classé "social" se montait à 350 millions de DH.

Le milieu bancaire cependant fait grief au CIH d'avoir lié, de fait ou de droit, le financement du logement des particuliers au statut de client pour les services bancaires ordinaires. Notons néanmoins que pour les prêts au logement, le CIH ne pose pas de condition d'ouverture de compte. En fait, notent les banquiers, les problèmes posés chez ou par le CIH, dépassent le cadre de cette banque et sont les problèmes de la libéralisation lorsque celle-ci n'a pas parallèlement posé les questions du financement des politiques nationales telles que le logement.

N.S.

(1) Cf L'Economiste du 7 Mai 1992, l'analyse de M. Mohamed Daïri, Directeur du Trésor et des Finances Extérieures.

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