×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Culture

Il faut sauver la montagne marocaine!

Par L'Economiste | Edition N°:1630 Le 24/10/2003 | Partager

. Amrash lance un appel de détresse. 30.000 ha de forêt perdus par an . Un patrimoine important est menacé Imaginez un Maroc sans montagnes, sans le Haut Atlas et le Rif, rien qu'une vaste plaine diminuée de ses sources d'eau et où ne résonnent plus ces voix chaudes d'Ahwach qui chantent si agréablement la vie… Un Maroc sans mémoire qui a laissé son avenir derrière lui. Un scénario apocalyptique digne d'un film de science fiction. Détrompez-vous! La menace est bien réelle si l'on croit l'Association Amrash qui a lancé, mardi dernier, un appel de détresse auprès de la presse nationale, qualifiant la situation d'extrêmement urgente. Il s'agit, avant tout, de sensibiliser l'opinion publique et les citoyens en vue d'une mobilisation massive pour sauver nos montagnes. Lors de cette rencontre, Abdellah Herzenni, sociologue et spécialiste des cultures de la montagne, a commencé par définir l'importance naturelle, économique et socioculturelle de ces reliefs négligés. Occupant plus du quart des territoires (187.000 km²), les montagnes abritent un tiers de la population totale, avec une densité proche de la moyenne nationale (40%). Château d'eau du pays, la montagne qui alimente plaines et zones côtières, constitue une grande réserve forestière, avec plus de 60% des surfaces, dotée d'une biodiversité remarquable. Mémoire du pays, les rochers de l'Atlas et du Rif sont les témoins d'événements qui ont marqué l'histoire marocaine.. Victimes de folklorisation La richesse culturelle du patrimoine «montagnard» est impressionnante: chant, musique, poésie, danse, artisanat sont des atouts touristiques mal exploités et sont souvent victimes de folklorisation. Selon les intervenants, ce potentiel important risque d'être gaspillé à cause d'une marginalisation qui s'est amplifiée ces dix dernières années, malgré les programmes gouvernementaux de développement rural qui manquent d'adaptabilité aux conditions locales, de moyens financiers et d'encadrement des ressources humaines. Les chiffres annoncés par Herzenni sont alarmants: 30.000 ha de forêt perdus par an alors que le reboisement ne dépasse pas les 10.000 ha; la dégradation marquée des ressources naturelles comme l'eau et les forêts à cause de la surexploitation, accélère d'une façon inquiétante les mécanismes de l'érosion, de désertification et d'appauvrissement du sol. Le stress hydrique national prévu à partir de 2025, risque de se produire plus tôt et avec une intensité plus importante. Un constat qui fait peur et appelle à une mobilisation générale pour sauver la montagne et l'avenir du pays. «Si on ne se mobilise pas, nos montagnes risquent de s'écrouler!» a martelé sans ménagement Leila Tazi, fondatrice de l'association Amrash. Elle propose et exige une solidarité nationale pour installer les infrastructures nécessaires, lancer des programmes de développement économique se basant sur les atouts naturels de la montagne (tourisme culturel, tourisme vert, industries pharmaceutiques, artisanat...), prendre des mesures au niveau de l'éducation et l'enseignement en tenant en compte des spécificités locales, encourager l'échange culturel entre montagne et ville. Ceci afin de préserver une civilisation millénaire en créant des sources de revenus financiers pour les populations autochtones, qui ont tendance à surexploiter les sources naturelles ou à déserter les lieux, à la recherche d'une vie meilleure.


Carte de visite

Fondée en 1988, Amrash est une association pour le développement social et humain durable, qui oeuvre avec les plus démunis financièrement et les «exclus»: enfants, jeunes, femmes et communautés rurales isolées. Association active et présente sur le terrain, son travail s'articule autour de plusieurs axes: développement des villages pauvres et isolés (la démarche de travail d'Amrash se base sur la recherche-action participative avec les villageois), éducation de qualité pour tous, développement culturel, appui à des initiatives autonomes et contribution au débat public national, maghrébin, méditerranéen et international.Hayat KAMAL IDRISSI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc