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Il faut regarder autrement le «Maroc nouveau»

Par L'Economiste | Edition N°:2420 Le 12/12/2006 | Partager

. Le rapport du GIEFM invite les opérateurs français à élargir leur connaissance du Royaume. Il met aussi l’accent sur les obstacles répertoriés dans tous les sous-groupes de travail. Fiscalité, système judiciaire, logistique, toujours les mêmes spectres...La cadence que le groupement d’impulsion économique franco-marocain (GIEFM) imprime à ses réunions laisse croire que les divergences entre les deux parties comptent bel et bien être aplanies le plus rapidement possible. Oui, les relations entre le Maroc et la France sont excellentes, mais sur le terrain, elles continuent de souffrir d’«incompréhension». C’est pour cette raison que les deux Premiers ministres, Driss Jettou et Dominique de Villepin, ont décidé de confier à leurs ténors respectifs Mustapha Bakkoury, directeur général de la CDG, et Jean René Fourtou, président du Conseil de surveillance de Vivendi, cette habile mission: faire en sorte que les entreprises multisectorielles des deux pays s’asseyent à la même table et puissent s’affranchir de tous les problèmes qui rendent difficile, voire impossible, la conclusion de partenariats.C’est hier à Paris que le GIEFM a dévoilé les premiers résultats des 6 sous-groupes de travail (tourisme, sous-traitance industrielle, offshoring, textile et artisanat, agroalimentaire et pêche et le groupe transversal) et continuera à travailler sur les chantiers déjà entamés notamment le textile et l’agroalimentaire, le 17 novembre dernier à Marrakech. Dans le rapport qui a été remis hier après-midi aux Premiers ministres lors de la 8e réunion de haut niveau, le ton est donné. Avec plus de 1.000 entreprises à capitaux français installées au Maroc, des relations client-fournisseur exceptionnelles et surtout «l’excellence des relations politiques entre les deux pays», le Maroc constitue une superbe opportunité pour la France. En revanche, les patrons français, bien qu’ils soient au fait d’un certain nombre d’avancements, ignorent, pour la plupart, la ferme détermination du Royaume à se développer, renforcée par la conviction de l’urgence de la lutte contre la pauvreté. Le rapport indique ainsi qu’il serait judicieux que l’un des rôles importants que pourrait jouer le GIEFM serait justement d’en faire la promotion auprès des entreprises et des journalistes. L’accent est mis sur les nombreux ALE conclus par le Maroc qui lui confèrent un statut plus séduisant puisqu’il constitue aujourd’hui non seulement une plateforme vers les Etats-Unis, mais aussi qu’il bénéficie de nombreuses franchises de douane qui lui permettent d’être autant sinon plus compétitif que ses concurrents directs. Les grands chantiers de l’INDH, du plan Azur ou encore du plan Emergence font montre également des initiatives sectorielles dans lesquelles le Maroc peut «exceller» dans un futur proche et se placer avantageusement dans la «chaîne de valeur» des différentes activités économiques. Un bémol tout de même. Si cette dynamique crée de multiples opportunités, elle demeure, toutefois, tributaire de plusieurs exigences. Pour attirer les investisseurs, il faudra leur offrir des conditions d’implantation compétitives avec des efforts particuliers en termes d’aménagements et de réformes. Des financements spécifiques supplémentaires doivent être mis en œuvre et d’importants efforts de formations complémentaires orientées vers les futurs métiers sont à engager. Le succès de l’offre marocaine implique également des aménagements d’ordre fiscal et administratif actuellement en cours d’étude. De plus, la politique d’ouverture et la baisse des droits de douane qui l’accompagnent exigent des entreprises marocaines de développer des stratégies et des programmes d’adaptation et de modernisation.Du côté français, les rédacteurs du rapport insistent sur le fait que les entreprises doivent considérer le «nouveau Maroc» comme une alternative séduisante face aux solutions indiennes, chinoises, voire européennes de l’Est. Des activités, menacées de disparition en Europe, pourraient ainsi survivre grâce au partenariat marocain. La proximité, la pratique de la langue française, l’accueil chaleureux, la qualité des entrepreneurs locaux, les efforts de compétitivité du pays, font réellement du Maroc une base privilégiée pour les entrepreneurs français.. Stabilité des loisConcrètement, le GIEFM s’est attelé à répondre à trois questions: L’offre marocaine est-elle compétitive? Quels investisseurs potentiels pourraient être intéressés? Quels partenaires mettre en relation?Plusieurs réunions plénières du groupe ont ensuite permis de faire régulièrement le point et de réajuster, si nécessaire, les orientations prises de façon à mettre en cohérence l’ensemble des travaux et veiller à un avancement équilibré. Le GIEFM est arrivé à la conclusion que pour un travail à long terme, il est indispensable de progresser de façon transversale sur un certain nombre de sujets-clés. Les entreprises considèrent que disposer de ressources humaines adaptées à leur industrie, en qualité et en nombre, est la première condition d’un développement à long terme de leur implantation au Maroc (cas de l’offshoring). Les conditions de logistique et donc le niveau des infrastructures (bâtiments, transports, télécoms, services correspondants) constituent un facteur important de la compétitivité économique (coûts, délais, flexibilité, fiabilité) du Maroc. Les patrons français ont émis le souhait d’éviter que des retards inattendus ou des changements de cap entament cette confiance. Egalement pointées du doigt, les conditions fiscales qui ne leur semblent pas adaptées aux exigences actuelles. «Il semble qu’il faille néanmoins revoir l’ensemble du dispositif pour rendre les entreprises marocaines plus compétitives, pour clarifier le statut (fiscal) des résidents ou celui du retour au pays de Marocains déjà formés et travaillant à l’étranger. Ce sujet est sensible déjà dans les projets d’offshoring», indique le rapport. Comme il rappelle que les investisseurs au Maroc restent inquiets sur la stabilité des lois sur le commerce en général, et surtout de l’insuffisance des structures de médiation et d’arbitrage, reconnues internationalement.Une autre crainte de taille concerne cette fois-ci l’éventualité que le Maroc ne bénéficie plus aussi activement des soutiens internationaux «alors même que tout le monde a un intérêt crucial de voir le Maroc réussir». Les secteurs identifiés comme étant les plus porteurs ont ainsi été déclinés en 6 sous-groupes, dont les résultats de chacun ont été présentés lors de cette rencontre de haut-niveau. Le textile artisanat et l’agroalimentaire sont ceux qui se sont le plus réunis, en fonction des fortes opportunités qui en découlaient.. Agroalimentaire et pêcheCoanimé par Tarik Sijilmassi, président du Crédit agricole, et monsieur Jean Dominique Comolli, président du Conseil d’Administration d’Altadis, ce sous-groupe a permis de mettre en exergue les filières à exploiter: les fruits et légumes (précocité et tardivité, produits bio), les produits de la mer (congelés, nutraceutiques...) et les olives et huiles d’olives, (forte demande). Des niches ont aussi été identifiées. Il s’agit de la viticulture et vinification (très appréciée des Français), des plantes aromatiques médicinales et autres produits alternatifs du terroir (produits sains et naturels), du tabac et des jus de fruits «label Maroc». Les fonds d’investissements ont également été évoqués ainsi que les projets inhérents (viande rouge, services high-tech agricoles, production laitière, jus de fruits). Des actions de promotion ont été décidées: un road-show dans les régions françaises et l’organisation de rencontres bilatérales entre opérateurs pour discuter de traçabilité et de label bio Maroc. La dernière réunion a abouti à des rencontres de partenaires pour l’approvisionnement de centrales d’achats, la participation dans des affaires en restructuration ou encore la recherche de contrat d’approvisionnement.. Textile-artisanatCe sont Nourreddine Omary, président de la BCP, et Claude Bébéar, président du Conseil de surveillance du Groupe AXA, qui ont en charge ce sous-groupe de travail. Une rencontre exceptionnelle a eu lieu à Marrakech en novembre dernier, à l’occasion des deuxièmes rencontres de la FEEF, la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France, et l’Amith. Cela a permis de révéler que l’offre marocaine s’élève à l’offre de produits finis souvent conçus localement alors qu’elle est encore perçue par les opérateurs français comme ne pouvant proposer que du travail à façon. Cet atout a d’ailleurs été bien saisi par les opérateurs espagnols qui en ont mesuré la compétitivité et qui s’installent aujourd’hui en force dans le pays. Une nouvelle étape se profile dans les relations entre les donneurs d’ordre français et les industriels marocains. . OffshoringLe sous-groupe est coanimé par Abdeslam Ahizoune, président du directoire de Maroc Telecom, et Alain Donzeaud, secrétaire général de CapGemini.Un premier travail a permis d’identifier les points sur lesquels le sous-groupe souhaitait obtenir des réponses chiffrées, points qui ont trait aux ressources humaines, aux moyens logistiques disponibles et à leur niveau d’accessibilité, aux niveaux de rémunération de la main-d’œuvre et aux infrastructures télécoms. L’offre marocaine dans l’offshoring a été présentée aux professionnels autour de 3 volets: infrastructures et logistique, un cadre sectoriel incitatif et un accompagnement RH et formation. Ces informations ont permis au sous-groupe de valider les atouts du Maroc pour devenir une destination prioritaire pour l’offshore informatique francophone sur un marché aujourd’hui très concurrentiel, largement dominé par l’Inde, et sur lequel se positionnent de nombreux acteurs de niche en Europe de l’Est et en Afrique du Nord.. Sous-traitance industrielleIl est co-animé par Jean-Paul Béchat, président du groupe Safran, appuyé par François Anorga, Safran Corporate coordinator, Emerging Sources Projects, et Ahmed Nakkouch, PDG de Nareva. Les réflexions de ce sous-groupe ont conduit aux conclusions et aux recommandations suivantes: dans l’électronique, le Maroc représente une base arrière de production à des coûts intéressants pour près de 17.000 PME en France. Aussi, les investissements dans ce secteur sont encore atomisés. Pour l’aéronautique, la cible est constituée de PME de 50/60 salariés, et tout le travail consiste à les contacter et à les convaincre. Pour cela, il est suggéré de créer des incubateurs avec tous les services aux entreprises et de veiller à la formation de personnel qualifié des métiers techniques. Dans les services, le Maroc possède tous les atouts pour créer un méga-centre d’entretien d’avions. La transformation d’avions et la logistique aérienne représentent également une source de chiffres d’affaires très importante. Dans l’automobile, l’objectif est de promouvoir l’assemblage d’équipements et la fabrication de pièces de rechanges. Plus se développeront les équipementiers, plus le Maroc attirera les constructeurs. Concernant les remarques transversales autres que celles citées initialement, le coût du fret maritime est jugé encore élevé. . TourismeIl est présidé par Gérard Pélisson, président du Groupe Accor, et Khalid Oudghiri, PDG de Attijariwafa bank. Les membres ont souligné que le succès du tourisme est lié à la qualité et à la disponibilité des infrastructures, au partenariat avec les grands tour-opérateurs, à la formation des personnels, au professionnalisme de l’accueil, à l’attitude la population vis-à-vis des visiteurs étrangers. La partie marocaine a indiqué que les efforts devraient porter en priorité sur une expertise spécifique de montages financiers dans l’hôtellerie (ingénierie financière), la mobilisation en commun de fonds d’investissements, ainsi que la création de mécanismes ad-hoc au Maroc. La rencontre a permis également d’aborder d’autres aspects de l’investissement, notamment l’hôtellerie, les résidences de loisirs, les résidences de retraites «délocalisées», les résidences médicalisées, comme elle a permis d’évoquer certaines problématiques transversales, telles que la réglementation des changes, la formation, le personnel soignant, les infrastructures et, en particulier, les ports de plaisance, la fiscalité incitative, les montages financiers pour des projets touristiques spécifiques.Radia LAHLOU

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