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    «Les réformes en cours vont changer le paysage du marché des capitaux»
    Entretien avec Fouzia Zaâboul, directrice du Trésor et des Finances extérieures

    Par L'Economiste | Edition N°:3505 Le 11/04/2011 | Partager
    En cours de montage, un fonds de développement sera prêt dans deux mois
    Des alliances avec d’autres Bourses, incontournables
    Pas de sortie sur le marché financier international cette année

    «Nous voulons créer un Conseil national pour le marché des capitaux, à l’image de ce qui existe pour l’épargne. Un conseil sera nécessaire pour entamer un nouveau palier dans la réforme», explique Fouzia Zaâboul, directrice du Trésor

    De nombreux chantiers sont aujourd’hui sur la table de Fouzia Zaâboul, directrice du Trésor et des Finances extérieures. La tutelle met actuellement l’accent sur deux aspects. Le premier concerne d’éventuelles alliances car, estime la directrice du Trésor, « une Bourse isolée ne pourra pas tenir longtemps». L’autre volet est de permettre à la place de devenir une industrie exportatrice et de faire du chiffre d’affaires à l’international. D’autres projets sont également bien avancés. Entretien.

    - L’Economiste: Vous assurez la tutelle de la Bourse des valeurs de Casablanca. Où en est le projet d’ouverture de son capital?

    - Fouzia Zaâboul: Le projet de loi a été adopté par la chambre des Représentants en janvier dernier. Son examen par la chambre des Conseillers est prévu pour la session du printemps. Nous allons commencer par mettre autour de la table des banquiers, des sociétés de Bourse des indépendants et des institutionnels.
    Leurs avis seront une valeur ajoutée pour les missions de la Bourse, des valeurs de Casablanca. Et c’est le prélude à une ouverture du capital encore plus grande, mais elle sera à l’international. Les réformes en cours vont changer le paysage du marché des capitaux.

    - Comment voyez-vous l’avenir de la Bourse?

    - Nous sommes en train de travailler sur deux grands volets. Le premier est de voir comment faire pour que la Bourse des valeurs de Casablanca entre dans une alliance. De part ses spécificités et les technologies que l’industrie boursière requiert, une Bourse isolée ne pourra pas tenir longtemps.
    Toutes les Bourses qui comptent sont dans des alliances et des partenariats stratégiques avec d’autres. C’est le seul moyen si on veut que celle de Casablanca continue à concentrer le maximum de valeurs. L’autre volet est de voir comment la Bourse de Casablanca peut être une industrie exportatrice et faire du chiffre d’affaires à l’international. Elle est aujourd’hui outillée pour exporter des services. D’autant que tous les pays ne voudront pas nécessairement construire une Bourse.
    Ils peuvent demander à la Bourse de Casablanca de leur vendre des services. Toute la chaîne de valeurs des opérations boursières peut être divisée en services exportables. Grâce aux nouvelles technologies de l’information, nous n’avons pas besoin de nous déplacer pour mener une négociation en Bourse. Cela vaut aussi pour les professions qui tournent autour de la Bourse. La gestion collective, la gestion du mandat, le dépôt du titre, la conservation du titre, autant d’activités en mesure de faire du chiffre à l’exportation.

    - Pourquoi la Bourse peut faire du chiffre à l’international ?

    - Il n’est pas nécessaire de tout faire dans un seul lieu pour peu qu’on ait un équipement moderne, une réglementation efficace et la sécurité des opérations de la place de Casablanca. Certaines délocalisations se font au niveau de la négociation, du règlement des livraisons, des services qui peuvent être vendus. A travers le monde, tout ne se fait pas au sein de la même Bourse. Chacune se spécialise dans un aspect.

    - Quels sont les pays qui peuvent être accrochés par cette offre de services?

    - Cela peut se faire avec l’Afrique. Des Bourses d’autres pays développés peuvent sous-traiter un aspect de la chaîne des valeurs. Il y a des dossiers qui se traitent en Inde ou ailleurs. Avec l’Autorité du marché des capitaux, il est possible de développer un label.

    - S’agit-il juste de réflexions ou existe-t-il un début de concrétisation?

    - Nous réfléchissons à créer un fonds de développement pour le marché des capitaux. En cours de montage, il sera prêt dans deux mois.
    L’habillage juridique est déjà là. Le tour de table comprend la Bourse des valeurs et les opérateurs concernés par le développement de la place financière de Casablanca. Ce fonds sera doté de près de 300 millions de DH. Nous voulons créer également un Conseil national pour le marché des capitaux, à l’image de ce qui existe pour l’épargne.
    Nous discutons avec la profession, à raison d’une réunion mensuelle de concertation avec la Bourse. Un conseil sera nécessaire pour entamer un nouveau palier dans la réforme.

    - En 2010, vous avez levé 1 milliard d’euros sur le marché international. Comptez-vous aller sur le marché du dollar cette année ?

    -Il est trop tôt pour le décider. Les besoins de financement du Trésor ne sont pas aussi importants qu’en 2010. Et nous n’avons pas le même risque d’effet d’éviction et de pression sur la liquidité comme l’année dernière. Puis l’investment grade a été acté. Je ne pense pas qu’on ait les mêmes risques sur les avoirs extérieurs. En fait, nous n’avons pas encore arrêté de stratégie définitive et nous verrons en fonction des prévisions. Mais probablement, on ne sortira pas en 2011.


    Salle des marchés


    La salle des marchés sera opérationnelle d’ici la fin de l’année. Sa création au sein de la direction du Trésor vise à permettre aux gestionnaires de la dette et de la trésorerie publique de réaliser leurs activités dans des conditions optimales. La mise en place de cette salle constitue l’aboutissement de nombre de pré-requis. L’un concerne le projet d’intervention du Trésor sur le marché monétaire dans le but d’une gestion active de sa trésorerie, fait avec Bank Al-Maghrib et la Trésorerie générale du Royaume. Il institue une grille de rémunération des excédents du Trésor enregistrés au niveau du compte courant détenu auprès de la Banque centrale indexée sur le taux directeur. Cette grille de rémunération, qui est dégressive, a été établie de manière à inciter le Trésor à maintenir un matelas de sécurité auprès de la Banque centrale et à placer sur le marché les fonds dépassant ce matelas

     


    Portefeuille de la dette


    A fin décembre 2010, la dette du Trésor était composée de 76% en dette intérieure et 24% extérieure. «Cette composition découle d’une volonté délibérée de réduire la dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur et de se baser sur l’endettement intérieur en tant que principale source de financement pour le Trésor», indique Fouzia Zaâboul. Ce choix stratégique s’explique par plusieurs facteurs. Le Trésor n’encourt pas de risque de change en se finançant en interne contrairement à l’endettement externe. Pour elle, «le financement du Trésor à l’aide de ressources internes est un moyen pour permettre le développement d’un marché interne de la dette et l’émergence d’une courbe des taux qui est la référence pour le financement des autres opérateurs publics et privés». En plus, l’existence d’un marché développé de la dette offre aux investisseurs institutionnels différentes opportunités de placement sans risque. A cela s’ajoute le développement de ce marché qui a permis de réduire le coût de financement du Trésor.
    En effet, alors que le Trésor se finançait il y a une dizaine d’année à des taux à 2 chiffres pour des durées courtes, il se permet maintenant de le faire à 20 ans à 4,45%. De plus, cette baisse des coûts profite à l’ensemble de l’économie dans la mesure où les taux d’intérêts appliqués par les établissements de crédit aux entreprises et aux personnes physiques se réfèrent indirectement aux taux d’intérêt des bons du Trésor.
    Et contrairement à la dette extérieure, les charges en intérêts découlant de la dette intérieure sont réinjectées dans l’économie nationale et une partie de ces intérêts est récupérée par l’Etat sous forme de recettes fiscales.


    Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

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