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Culture

Hubert Michon, médecin et évêque au Maroc
Par Jacques LEVRAT*

Par L'Economiste | Edition N°:1785 Le 08/06/2004 | Partager

Hubert Michon, qui vient de nous quitter, a découvert et aimé le Maroc à l’occasion de stages de médecine effectués durant ses études. C’est alors qu’il a choisi de consacrer sa vie à ce pays -où il a vécu de 1957 à 2004- et qu’il a appris, au fil des ans, à toujours mieux connaître, respecter et aimer ses habitants.Médecin, il a décidé de devenir aussi prêtre, estimant que c’était la plus belle manière de consacrer sa vie au service des hommes. Une vie féconde dont l’auteur de ces lignes, qui a été, de diverses manières son collaborateur de 1967 à 2001, tente ici d’évoquer quelques traits majeurs. Médecin, Hubert a choisi de consacrer une part importante de son temps au service des malades, à Rabat d’abord, puis à Fès, toujours dans le cadre de la Santé publique. Attentif à ceux qui venaient le consulter, il s’efforçait de bien les accueillir, de les écouter, de les considérer en tant que personnes, et pas seulement comme des malades. C’était pour lui une question de conscience professionnelle. Circulant en ville, il aimait aussi saluer au passage tel ou tel de ses anciens patients, lui demander des nouvelles de sa santé, l’encourager à bien suivre son traitement. Ce temps consacré aux personnes, sans bavardage inutile certes, n’a pas toujours été bien compris... C’est ainsi qu’un jour, un fonctionnaire a jugé son travail insuffisamment «efficace» et l’a fait muter dans un petit dispensaire. Sanction administrative dont il a souffert, mais qui l’a en même temps rempli de fierté. Il accordait une grande importance à la dimension humaniste du médecin.Ce respect des personnes a caractérisé également son service au sein de la communauté chrétienne, ce qui montre bien l’unité profonde de sa personnalité, sa grande sensibilité, son humanisme fondamental. Ces qualités, qui ont imprégné sa vie de prêtre, se manifesteront particulièrement dans la charge d’archevêque de Rabat qu’il a assumée de 1983 à 2001. L’accueil des personnes, l’attention respectueuse portée à chacune, la confiance qu’il savait accorder, ont été la marque dominante de son activité à l’église. Certains ont parfois pu estimer qu’il ne prenait pas assez de décisions... Mais, le connaissant bien, il m’est arrivé d’expliquer que Hubert était médecin et non pas chirurgien, -il n’aimait pas trancher dans le vif-, il choisissait, autant que possible, de faire confiance aux gens, à la vie, car il souhaitait une guérison profonde, émanant de l’intérieur, plutôt que des changements extérieurs qui risquaient de rester superficiels et de laisser des traces douloureuses! Ainsi, il a pu aider la communauté chrétienne au Maroc à mieux comprendre le sens profond d’une présence qui se veut respectueuse des personnes et de leur cheminement.Le 20 mai, Hubert Michon nous a quittés, discrètement, comme il a vécu. Remercions Dieu de cette vie donnée, librement et généreusement, sur cette terre marocaine. Et conservons dans nos coeurs ce beau témoignage d’humanisme.En disciple de Jésus, Hubert a choisi de vivre en humble serviteur de ses frères humains. Il a été ainsi, pour reprendre une de ses paroles, la «manifestation de l’amour universel de Dieu».


Père Hubert Michon

NÉ le 2 juin 1927 à Paris, il fait des études de médecine avant de rentrer au Séminaire des Carmes à Paris. Il fera des stages de médecine au Maroc.Il sera ordonné prêtre le jour de Pâques 1957 (21 avril), pour le diocèse de Rabat.Septembre 1957: Vicaire au Sacré Coeur à Casablanca.Septembre 1958: Vicaire à la Cathédrale Saint-Pierre à Rabat, et en même temps aumônier du Lycée Gouraud de Rabat et du Lycée de Jeunes filles de la même ville.1961: Etudes d’arabe à «La Ma nouba» à TunisSeptembre 1963: Curé de Pie X à Rabat.Septembre 1969: Curé de la Cathédrale de Rabat.Juin 1975 à 1983: médecin à plein temps à Fès.15 juillet 1983, il est nommé archevêque de Rabat.Le 11 décembre 1983, il est ordonné évêque à la Cathédrale de Rabat par Mgr Lourduzamy, préfet de la Congrégation de l’Evangélisation des Peuples. Le 5 mai 2001, sa démission est acceptée, et après un an de repos à Paris, il revient vivre à Meknès à la paroisse Notre Dame des Oliviers.Il décède le 20 mai 2004 dans une clinique de Parly II, à 10h30 GMT.Ses obsèques ont été célébrées à Paris à l’Eglise Saint-François Xavier. Une cérémonie religieuse a eu lieu à la Cathédrale Saint-Pierre à Rabat ce 29 mai 2004.Un ami marocain: «Il était pour nous un responsable proche et un ami d’une grande sensibilité». «Le Seigneur sait à quel point il a aimé ce pays, et s’est fait humble et pauvre, avec les pauvres pour mieux Le servir».-------------------------------- -----------------------------------------------------------------------------*Prêtre à Béni Mellal et ancien directeur de la source, coinitiateur d’un complexe culturel.

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