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Economie

Homme-femme: Des écarts persistent

Par L'Economiste | Edition N°:1479 Le 19/03/2003 | Partager

. La direction de la Statistique a présenté, hier, les résultats d'une étude comparative entre les deux sexes. Les conclusions ne sont pas alarmantes, mais ils interpellent les pouvoirs publicsLa question féminine est au centre de l'actualité au Maroc. Les différents courants politiques, notamment islamiste et progressiste, n'envisagent pas la réforme de la Moudawana sous le même angle.Le manque de données sociologiques et statistiques concernant la condition de la femme au Maroc est une des causes de ces divergences.Justement, la direction de la Statistique (DS) dépendant du département de la Prévision économique et du Plan vient de finaliser une étude sur la situation et l'évolution des écarts entre les deux sexes(1).Il s'agit d'une analyse à travers un certain nombre de thèmes centraux de développement, notamment la famille, l'éducation, la santé, la pauvreté, la violence et la participation à la prise de décision. En somme, les résultats ne sont pas alarmants. Mais beaucoup d'efforts restent à accomplir pour réduire la marginalisation de la femme.Ainsi, l'espérance de vie a nettement augmenté pour les deux sexes: en 2000, elle était de 68 ans pour les hommes et 72 ans pour les femmes, soit dix ans de plus environ depuis 1980.La fécondité a baissé et la taille de la cellule familiale s'est réduite. Plus de 58% des femmes recourent à la contraception.L'âge au premier mariage a nettement reculé: 31 ans pour les hommes et 26,8 ans pour les femmes, en 1999.Quant à la migration interne, elle semble se féminiser. La recherche d'emploi et la scolarisation dans le milieu urbain motivent beaucoup plus les femmes que les hommes. Toutefois, le déplacement des jeunes filles domestiques leur est souvent imposé, alors que les hommes émigrent volontairement. Selon cette étude, l'analyse de ces chiffres montre que les décisions importantes relatives à la famille sont toujours l'apanage des hommes.En outre, en matière d'éducation et formation, le Maroc a réalisé des progrès remarquables. Un exemple: en 2001, dans les villes, 91,2% des filles et 94,8% des garçons ont été scolarisés. En milieu rural, ils étaient respectivement 70,4 et 82,5% à fréquenter les écoles. Cependant, sur cet aspect, les experts qui ont effectué l'étude estiment que «l'école véhicule des stéréotypes sexistes, notamment dans les manuels scolaires et les filles continuent d'être orientées vers des domaines d'études et des carrières typiquement féminins«. Selon eux, cette situation «limite la capacité des filles à acquérir les compétences technologiques nécessaires pour une bonne insertion dans le monde moderne«.Question santé, les disparités entre les deux sexes existent toujours, notamment en matière de mortalité infantile. Cet écart n'est pas dû à la pauvreté ou à des raisons biologiques. Selon l'étude de la DS, ce déséquilibre serait peut-être expliqué par le traitement discriminatoire des parents à l'égard des filles sur le plan de l'alimentation et soins de santé. Cette affirmation peut paraître choquante. En tout cas, cet aspect n'a pas été traité en profondeur: l'étude se contente de rappeler les résultats d'autres recherches effectuées dans certains pays en développement.Sur le plan productif, les indicateurs de l'emploi sont en faveur du sexe fort. 25% des femmes sont actives, contre 80% d'hommes. Elles occupent 26% des emplois de cadres supérieurs et de professions libérales. Mais en général, elles sont sous-rémunérées et n'ont, par conséquent, aucune indépendance matérielle.En outre, sur les 5,3 millions de pauvres que compte le Maroc, la moitié sont des femmes. Cette pauvreté est à l'origine de la discrimination que subissent les femmes dès leur plus jeune âge.Quant à la prise de décision, elle échappe toujours aux mains des femmes. Celles-ci occupent plusieurs postes-clefs dans l'administration et la politique, mais leur nombre est dérisoire pour qu'elles puissent exercer une quelconque influence.L'étude de la DS a été effectuée selon «l'approche du genre«. Il s'agit d'un nouveau concept, un outil d'analyse des rapports sociaux entre les deux sexes et un instrument d'action pour les politiques et programmes de développement. Selon le rapport de synthèse de l'étude en question, cette approche vise à «abolir le règne multiséculaire de l'ordre patriarcal et ses conséquences sur les femmes dans le processus global de développement«.Cette étude s'inscrit dans le cadre du projet «Appui à la formulation d'une stratégie nationale pour la production, l'utilisation et la dissémination des statistiques de genre«, menée par la DS en collaboration avec trois organismes de l'ONU: le PNUD, le Fonds pour le développement des femmes (UNIFEM) et la Commission économique et sociale pour l'Asie de l'Ouest (ESCWA).


La violence dans son intégralité

L'étude a démontré que les victimes de violence appartiennent à toutes les tranches d'âge, tous les milieux et toutes les couches sociales. Cette violence a lieu au sein de la cellule familiale, au travail comme dans la vie publique.En outre, les femmes subissent toutes les formes de violences: physiques, verbales, morales, sexuelles et institutionnelles. Pour mettre un terme à ce phénomène, l'étude préconise que les pouvoirs publics adoptent un certain nombre de mesures législatives, notamment au niveau du code de statut personnel: l'éternelle réforme de la Moudawana revient sur le tapis.Abdelmohsin EL HASSOUNI(1) Cette étude est présentée, analysée et débattue lors d'un séminaire organisé les 18 et 19 mars, à Rabat.=«justify«>
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