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Culture

Histoires de téléphone
Par Me Fatiha BOUCETTA

Par L'Economiste | Edition N°:2391 Le 31/10/2006 | Partager

Fatiha Boucetta a été notaire à Casablanca pendant 14 ans après avoir exercé comme avocate au barreau de la capitale économique pendant 8 ans, avec pour spécialité les contentieux commerciaux. Elle a aussi publié un roman, Anissa captive, aux éditions Eddif en 1991. Peintre et photographe à ses heures perdues, elle n’en a pas moins organisé une dizaine d’expositions pour ses œuvres. Elle se propose, à travers des chroniques racontant des cas vécus, de partager, avec les lecteurs de L’Economiste, les expériences heureuses et malheureuses des gens avec la Conservation foncière, le fisc, la justice, les avocats, les notaires… (Ph. privée)Nul n’ignore que la mondialisation s’est introduite au Maroc comme partout; ainsi, parmi les différents organismes soumis à une saine émulation, le téléphone est un des services que se disputent deux grandes compagnies, l’une nationale et l’autre étrangère. Cette concurrence acharnée les conduit à innover sans cesse, à baisser les tarifs jusqu’au point où un jour tout deviendra gratuit, pourvu qu’on s’abonne à l’un ou à l’autre fournisseur! Déjà certains postes fixes et mobiles sont offerts, les promotions s’enchaînent et se ressemblent… Comment avons-nous fait, il y a dix ans à peine, pour vivre sans portable? Que dire, pour vivre? Pour survivre, plutôt! Pourtant, malgré le colossal travail déployé, les erreurs sont inéluctables. Elles existent dans tous les pays, direz-vous. Certes, mais il existe des limites à l’indécence, limites parfois allégrement dépassées dans notre beau pays.Nous allons vous conter ici les mésaventures d’un pauvre abonné aux deux grandes compagnies, histoire de diversifier les sources de communication et de contribuer à l’essor des deux. Mais pour le suspense ou le fun, comme on voudra, nous ne nommerons aucune des compagnies: devinez qui est, selon vous, capable de faire des bévues pareilles.. Denrée de luxeNotre abonné n’a pas reçu ses factures de portable depuis plus de trois mois; simplement, il est prévenu par courrier ou par SMS d’avoir à payer avant une date donnée, sa facture du mois de…, sinon la compagnie se verra dans l’obligation de «restreindre ses appels», formule indubitablement élégante. Bon! jusque-là, rien que de très normal; une fois, passe encore, deux fois, c’est déjà plus désagréable. Ceci d’autant plus que le message est répété deux fois avant la date fatidique de coupure, laquelle coupure a lieu inéluctablement au plus tard le lendemain de ladite date. Deux fois déjà, le citoyen abonné au téléphone (bonne référence, jadis, sur les cartes de visite, à l’époque où le téléphone était une denrée de luxe) se déplace à l’agence pompeusement nommée «commerciale», râle un peu pour la forme parce que le préposé refuse d’accepter le règlement sans présentation de la facture. Après réclamation aux services de contrôle, ordre est donné à l’employé d’accepter le paiement pour éviter au consommateur la coupure. Lorsque les messages deviennent une habitude et que l’abonné perd espoir de recevoir ses factures par la poste (certaines personnes ordonnées aiment bien garder des traces de leurs paiements), il compose le numéro vert destiné aux réclamations. Un employé fort aimable lui demande le numéro de sa carte nationale (il ne voit pas le rapport, mais s’exécute) et lui débite une ancienne adresse. . DuplicatasL’abonné répond qu’il a vérifié, même à cette ancienne adresse il ne reçoit rien depuis six mois ; en tout état de cause, il donne sa nouvelle adresse et demande dans la foulée à recevoir des duplicatas des factures non reçues. L’homme du téléphone (c’est le cas de le dire) lui répond que ce sera fait, mais les duplicatas sont payants, 10 dirhams. Notre abonné se rebiffe, non pour la somme, comme vous vous en doutez, mais pour l’outrecuidance de la chose: «Quoi? C’est votre erreur et je dois payer?» -«est-ce notre erreur ou bien celle de la poste?» répond, imperturbable, l’employé du combiné. Dans le doute, abstiens-toi, dit le proverbe. A ce jour, notre citoyen attend toujours ses factures à sa nouvelle adresse. Espérons que son petit éclat téléphonique aura eu de l’effet. Cet incident lui rappelle que, à l’époque bénie où il recevait ses courriers, une fois, de passage près d’une agence et trouvant à garer son auto juste devant la porte, il avait profité de l’aubaine et était entré dans l’agence, sa facture à la main, avec l’intention évidente de payer la douloureuse. «Ah! non, lui fut-il répondu, on ne reçoit pas de règlement ici. Ce n’est pas une agence de facturation. Ici, nous ne faisons que vendre des portables». Dommage pour la place de parking. Sur sa lancée, il cherche et trouve une autre agence, où on lui objecte qu’ici, seules les inscriptions aux nouveaux abonnements sont acceptées. Le client, quelque peu irrité, franchit la porte d’au moins trois autres agences (le chiffre n’est absolument pas exagéré), avant qu’un commis d’une des succursales, prenant en pitié son air hagard, lui annonce qu’en fait il existe une seule agence de facturation dans tout Casa. Si, c’est vrai! Une mégapole comme Casablanca n’a qu’une agence où il est possible de payer sa facture de portable. Alors, nous vous laissons deviner quelle compagnie est celle qui fait quoi. Maroc Telecom? Méditel? Les deux faits sont rigoureusement exacts, et si vous arrivez à savoir le nom de la société qui envoie des duplicatas payants (ou qui ne vérifie pas si ses envois ont lieu) et celui de celle qui n’a qu’une agence de facturation, vous aurez gagné… allez, le droit de protester par écrit auprès des instances officielles. Ce n’est pas un honneur, ça?

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