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Economie

Hausse des prix de la viande rouge : Spéculations autour du calendrier agricole

Par L'Economiste | Edition N°:112 Le 13/01/1994 | Partager

Fêtes de fin d'année et mouvements spéculatifs des éleveurs et des chevillards sont derrière la hausse des prix de la viande rouge. Les experts estiment toutefois que les prix devront baisser mais pas dans l'immédiat.

Après les hausses enregistrées au soir du nouvel an et maintenues depuis, les prix de la viande rouge devront progressivement "revenir à la normale", prédisent les analystes du Ministère de l'Agriculture. C'est également l'avis du Dr Amouzigh, directeur des Abattoirs communaux de Casablanca(1). Pour sa part, la Direction des Prix au Ministère d'Incitation de l'Economie(M.I.E.) estime que les tarifs devront baisser début mars. En cette période, l'offre des animaux sur pied dans les souks sera importante car "les agriculteurs auront besoin d'argent frais pour les travaux du sol", est-il indiqué au M.I.E. La tension sur les tarifs devra donc se maintenir durant les prochains jours.

Les experts de l'élevage soulignent que le mois de janvier connaît traditionnellement une hausse des prix de l'ordre de 4 à 5%. Pour cette année, la tendance à la hausse s'est amorcée dès le mois de décembre. Pour la viande ovine, le prix moyen enregistré durant ce mois était de l'ordre de 46DH, soit une augmentation de 6% par rapport au mois de novembre, précise la Direction de l'Elevage. Le prix moyen de la viande bovine, de l'ordre de 42,5Dh, est resté inchangé durant les deux derniers mois de l'année écoulée. Les experts de l'élevage concèdent, toutefois, qu'en cette période de l'année, "l'augmentation est énorme". Autant à la Direction de l'Elevage qu'à celle des Prix, la situation est qualifiée de "conjoncturelle". Les analystes soulignent que la hausse des cours devrait "compenser les pertes essuyées par les éleveurs après les deux années de sécheresse".

De l'herbe gratuite

La hausse exceptionnelle des tarifs est due à la conjonction de plusieurs facteurs. La raréfaction du poisson sur le marché (pour cause de repos biologique) et la contraction de l'offre avicole ont accru la demande des consommateurs pour la viande rouge. Les festivités de fin d'année ont révélé au grand jour cette tendance. A Rabat, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, les prix ont augmenté de 5DH/kg. La même tendance a été observée à Casablanca. La hausse s'est répercutée à l'évidence au stade du détail, quoique là les marges des bouchers sont encadrées (3DH par kg).

Pour les autres villes, les tarifs de la viande rouge sont "encadrés". Mais selon les experts du Ministère de l'Agriculture, les provinces suivent automatiquement la tendance enregistrée à Casablanca et Rabat. Ces deux villes, soulignent les mêmes services, représentent 30% de la consommation nationale en viande rouge. Les prix sont en principe "libres". Il n'empêche que le jeu normal de l'offre et de la demande est quelquefois perturbé par "la position dominante" des chevillards. Face à la demande exceptionnelle de fin d'année, l'offre était des plus réduites, en raison de quelques mouvements spéculatifs, orchestrés par les éleveurs mais aussi par les chevillards. Le calendrier des fêtes musulmanes (Aïd Seghir et Aïd El Kébir) tourne cette année à l'avantage des éleveurs. Au bénéfice des dernières précipitations, les pâturages ont reverdi. Ce qui permet aux éleveurs d'avoir de "l'herbe gratuite" pour engraisser les animaux. Avec la perspective de l'Aïd Al Adha, prévue pour le mois d'avril, les éleveurs manoeuvrent actuellement pour "reconstituer" leur cheptel, sérieusement atteint par deux années consécutives de sécheresse. Dans les plateaux de Rhamna, de la Chaouï, de Béni-Mellal..., il existe "une forte demande sur l'animal maigre", soulignent les experts de l'élevage. Dans quatre mois, ces animaux devront être fin prêts, engraissés, dans les "rahbas" et autres souks ad-hoc, pour la fête du mouton. Conséquence directe des dernières pluies, des phénomènes de rétention sont observés dans les souks des animaux sur pied. Le bétail se raréfie, car il est perçu par les agriculteurs comme "un moyen de thésaurisation de l'argent". Dans la foulée, les prix ont augmenté. Indicateur de taille, le tarif de la brebis a enregistré une hausse importante par rapport à la période d'avant les pluies de novembre. De 500DH, le prix d'une "brebis avec son petit" se négocie actuellement dans les souks entre 1.300 et 1.500DH. Le comportement économique des chevillards restera toutefois déterminant dans la variation des prix. L'approvisionnement régulier en animaux prêts à l'abattage reste le souci majeur des grossistes. Dans la perspective du Ramadan qui approche, les chevillards cherchent donc à assurer le stock nécessaire pour tirer profit de la hausse prévue de la demande. Or, les rétentions observées actuellement au niveau des souks jouent en faveur d'un maintien de la hausse des cours.

Abdelkhalek ZYNE

(1) Cf Maroc Soir du Mercredi 5 janvier 1994.

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