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Economie

Hausse des carburants: Grogne chez les opérateurs

Par L'Economiste | Edition N°:2022 Le 17/05/2005 | Partager

. Transporteurs, armateurs, industriels… ne sont pas contents. Les distributeurs non plus, la hausse n’est pas assez forte à leur goût On s’y attendait. Après plusieurs mois de tractations, le gouvernement vient de revoir à la hausse les prix de vente de base des produits pétroliers. En gros, les consommateurs paient, depuis lundi 16 mai, 50 c de plus à la pompe pour la plupart des produits et les industriels 500 DH la tonne pour le fuel. En revanche, le prix du gaz butane reste inchangé (voir encadré). Ainsi, en moins d’un an, deux hausses sont intervenues, la dernière remonte à septembre 2004. «Devant la persistance du cours élevé du pétrole, qui se situe actuellement à 50 dollars le baril, se traduisant par des prévisions de déficit pour l'ensemble de l'année 2005 pouvant atteindre 6,3 milliards de DH, la révision des prix intérieurs est rendue nécessaire«, indique le ministère chargé des Affaires économiques et générales.La même source précise que «les hausses appliquées ne concernent qu'une partie du surcoût qui n'a pas été répercuté sur le consommateur«.L'Etat a dû supporter, entre janvier et avril 2005, une charge de 2 milliards de DH non répercutée sur les consommateurs. Ce montant s'ajoute à l'enveloppe de 3,5 milliards de DH supportée par le budget de l'Etat au titre des subventions des prix des produits pétroliers liquides et gazeux en 2004.Rappelons que pour l’exercice précédent, la facture pétrolière s’est renchérie de 57,7%. Le prix moyen (en dirham) de la tonne importée a augmenté de 19,3% par rapport à 2003. Si le gouvernement n’avait pas réagi, la facture aurait été plus salée cette année, puisque la loi de Finances 2005 avait tablé sur un baril à 35 dollars et une parité du billet vert de 8,50 DH. Au prix actuel du brut, qui a frôlé, hier lundi les 48 dollars vers 12h GMT, le surcoût avoisinerait les 20 dollars. Et l’hémorragie n’est pas près de s’arrêter. Les experts internationaux sont unanimes: le prix du brent ne baissera pas de sitôt. Mais là encore, il ne devra pas passer en dessous des 40 dollars, estiment des opérateurs. Le déficit de la Caisse de compensation dû à ces hausses a atteint 2,2 milliards de DH jusqu'à 2004, est-il indiqué du côté du ministère des Finances. Depuis début 2005 et jusqu'à fin mars dernier, un déficit supplémentaire d'un milliard de dirhams a été relevé. Les experts pointent du doigt l’actuel dispositif de régulation. Rappelons que la structure des prix est établie tous les 15 jours par une commission interministérielle, alors que le rythme actuel des cours mondiaux demande plus de réactivité pour plus de visibilité, surtout pour les opérateurs économiques et autres distributeurs. “La logique veut que les prix soient revus aussi bien à la hausse qu’à la baisse”, expliquent les professionnels. C’est d’ailleurs ce que permettait l’ancienne méthode. Selon un responsable au ministère de l’Energie, une réforme de l’actuel mécanisme de régulation est prévue, mais pas avant fin 2005. “Une promesse qui a déjà été faite en 2004”, renchérissent les opérateurs. En attendant, le monde des affaires est en ébullition, le coût de l’énergie étant jugé déjà cher. Les transporteurs routiers se sont d’ailleurs réunis hier pour décider de la marche à suivre. “Le gouvernement a encore une fois pris sa décision sans concertation”, précise Abderrahim Chenaoui, secrétaire général de la Fédération générale des transports sur routes et ports. “Cette hausse a une répercussion directe sur les trésoreries des compagnies de transport, d’autant plus que nous ne pourrons pas la répercuter sur le consommateur”. Les tarifs des transporteurs répondant à la loi de l’offre et la demande s’orientent plus à la baisse qu’à la hausse à cause de la concurrence, explique-t-il. Même son de cloche du côté des armateurs et professionnels de la pêche. “Il y a plusieurs bateaux qui ne sont pas sortis en mer lundi, c’est la catastrophe”, s’alarme Hassan Sentissi, président de la Fédération nationale des industries de transformation et de pêche (FENIP). Si auparavant, le coût du carburant représentait 8 à 12% des frais généraux, avec cette hausse, il atteindra les 30%”, estime-t-il. La hausse aura également un impact sur les industriels, vu que le fuel qui était jusqu’à présent épargné ne l’est plus. “C’est déjà la crise, cette hausse n’arrange rien, nous supportons des coûts énergétiques prohibitifs”, souligne Hamid Berrada, patron d’une unité industrielle. Même côté distributeurs, ce n’est pas la joie. Ainsi pour Roger Miller, président-directeur général de Shell Maroc, la hausse non seulement n’est pas suffisante, mais elle ne touche pas le butane. “Cela n’aura pas un impact sur nos marges”, affirme-t-il, ajoutant que cette solution est loin de régler les problèmes de la Caisse de compensation. Le prix du gaz, qui a une forte connotation sociale, n’a pas bougé. Or, la filière gazière est celle qui dégage le plus de déficit. Le prix réel de la bonbonne de 12 kg est actuellement de 70 DH. Au début, c’était le carburant qui supportait la différence entre le prix de revient et celui public. Mais depuis quelque temps, la donne a changé. Et c’est la Caisse de compensation qui réduit le différentiel. Mais jusqu’à quand parviendra-t-elle à le faire?


Détails des hausses

*Essence super: 9,85 DH le litre (hausse de 50 centimes, soit +5,3%).*Essence ordinaire: 9,45 DH le litre (hausse de 50 centimes, soit +5,6%).*Pétrole lampant: 6,46 DH le litre (hausse de 50 centimes, soit +8,4%).*Gasoil: 6,46 DH le litre (hausse de 50 centimes, soit +8,4%).*Gasoil 350: 7,70 DH le litre (hausse de 50 centimes, soit +6,9%).*Fuel industriel: 2.581,00 DH la tonne (hausse de 500 DH, soit +24%).*Butane (bouteille de 12 kg): 40 DH la bouteille (pas d'augmentation).*Butane (bouteille de 3 kg): 10 DH la bouteille (pas d'augmentation). Fédoua TOUNASSI

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