×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste



eleconomiste
Vous êtes 195.938 lecteurs à vous connecter sur leconomiste.com chaque jour. Vous consultez 234.695 articles (chiffres relevés le 4/6 sur google analytics)
Focus

Habitat insalubre
Tanger se bat encore contre des «îlots»

Par L'Economiste | Edition N°:3502 Le 06/04/2011 | Partager
Tétouna, le bon élève
Asilah, et surtout Larache, à la traîne
Croissance naturelle et élections derrière ce dérapage

Des efforts pour juguler le phénomène des bidonvilles à Tanger ont été enregistrés. Mais des îlots d’habitats non réglementaires commencent à émerger

Tanger, le cancre d’hier, semble s’être bien rattrapé. La ville du détroit était réputée d’héberger l’une des plus fortes concentrations de bidonvilles de la région avec des noms illustres comme Boukhachkhach. Situé à quelques mètres du centre-ville et du siège de l’actuelle wilaya, il faisait figure «d’emblème».
Depuis, Tanger a entamé une longue traversée du désert pour s’ériger actuellement en modèle. Le lancement de l’opération «ville sans bidonvilles» a intéressé à Tanger près de 6.000 ménages, répartis entre la commune de Tanger et celle d’Asilah. Pour leur éradication, c’est une enveloppe budgétaire de plus de 130 millions de DH qui a été allouée. Elle a concerné les bidonvilles de Place Maroc, l’un des plus anciens, mais aussi d’autres quartiers de tôle. Pour ce, plusieurs conventions ont été signées entre le département en charge de l’habitat et les collectivités locales (communes et mairie), afin de délimiter les responsabilités de chacun dans la lutte contre le phénomène des bidonvilles. Ce qui n’a, pourtant, pas empêché le chiffre des familles à reloger de croître, comme par magie, de près de 20%, selon des chiffres communiqués par l’inspection de l’Habitat de la Région.
Aujourd’hui encore, malheureusement, des îlots commencent à faire leur apparition, surtout du côté d’Aouama, ce qui veut dire que la lutte n’est pas encore terminée.
Pour éviter que ce problème ne se reproduise, une mesure exacte de son ampleur est nécessaire, selon le ministère de l’Intérieur. Pour l’autorité locale, il s’agit de mettre en place une base de données sur les quartiers à éradiquer ainsi qu’une liste précise des familles avec les identifiants de tous leurs membres. Le but est essentiellement d’éviter le «glissement» des bénéficiaires de région en région et leur interdire de profiter doublement des parcelles de relocation.
Tétouan, en bon élève, sera déclarée «ville sans bidonvilles» dès ce mois. En effet, un groupe de 70 familles serait en cours d’installation. A Tanger, la déclaration devra attendre la fin de l’année. En effet, il resterait à caser 319 familles.
Au fond de la classe, c’est à Larache que reviennent les mauvaises notes. Comble de l’ironie, le nombre de bidonvillois a augmenté au lieu de se voir réduit depuis la signature du contrat-programme en 2004. A cette époque, le nombre de familles à recaser avait été chiffré à 5.434 familles. Parmi ces dernières, quelque 3.246 ont été déjà relogées. Or, depuis, le nombre a augmenté de manière significative. Le nombre de familles à reloger actuellement, selon l’inspection régionale de l’Urbanisme à Tanger, est de 7.811, soit un peu plus de 40% de plus que ce qui avait été prévu au départ au lancement du programme en 2004. Le budget nécessaire pour cette opération serait de 143 millions de DH. Alors qu’il était prévu que c’est au courant de l’année 2007 que les bidonvilles soient éradiqués de la région, Larache devra attendre jusqu’en mai 2012 avant de pouvoir s’en défaire.
Et pour compliquer encore la tâche, les intéressés veulent être relogés sur le site même. En effet, le plus grand bidonville de Larache, est installé en plein centre-ville, à quelques mètres de la résidence du gouverneur et de la préfecture de police. Une situation qui a montré son caractère explosif lors des derniers incidents du 20 février (cf. www.leconomiste.com).
Un autre parmi les derniers de la classe dans la région, la ville d’Asilah. Cette dernière a, elle aussi, été incapable de juguler ses bidonvilles historiques. Pour cette ville, ce sont 1.860 familles qui restent à reloger et le montant final pour financer l’opération est de 40 millions de DH. L’échéance prévue est décembre 2011.


Débordement


Au total, ce sont quelque 89 quartiers et 12.000 familles qui sont encore à reloger dans la Région de Tanger-Tétouan. Si au départ, le délai fixé pour l’éradication des bidonvilles avait été 2007, le nombre de familles a largement débordé pour des raisons naturelles de croissance des familles mais aussi électoralistes.


Ali ABJIOU

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc