×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Focus

    Habitat insalubre
    Sit-in à répétition des bidonvillois à Agadir

    Par L'Economiste | Edition N°:3502 Le 06/04/2011 | Partager
    Le phénomène des familles multiples, frein au dossier
    Plus de 13.000 ménages recasés jusqu’à présent
    Le programme devrait être bouclé cette année

    Quasi-quotidiennement, les bidonvillois manifestent et organisent des sit-in devant les sièges de la wilaya et la commune urbaine. Aussi les listes des bénéficiaires ont été rouvertes à plusieurs reprises

    Interminable. Le dossier de relogement des bidonvillois continue d'être au cœur de l’actualité à Agadir. Depuis plusieurs semaines, les bénéficiaires maintiennent la pression. Quasi-quotidiennement, ils manifestent et organisent des sit-in devant les sièges de la wilaya et de la commune urbaine. Les mécontents relèvent du phénomène des familles multiples. En raison de cette situation, bien que la ville ait été déclarée «ville sans bidonvilles» en décembre 2009, le chantier de recasement devient de plus en plus difficile. Et le nombre des bénéficiaires ne cesse de grossir. Ainsi de 12.287 bénéficiaires initialement prévus, le nombre des concernés a atteint aujourd’hui 16.500 environ alors qu’en 2008, suite à un avenant additif au contrat initial, le nombre des ménages concernés par le programme de recasement a été porté à fin 2009 à 15.600. Actuellement, ils sont donc 1.000 de plus. Et pour les institutionnels, les listes sont bouclées définitivement. Qu’en est-il donc de ceux qui manifestent encore car ils ne figurent pas sur les listes? Selon une source bien informée, on envisagerait de leur proposer des logements à 140.000 DH. Mais encore faut-il qu’ils en aient les moyens. En attendant, il faut achever de reloger les 16.500 listés.
    Pour l’heure, d’après un responsable en charge du dossier, plus de 13.000 ménages sont recasés. Pour les autres ménages bénéficiaires, l’opération devrait être bouclée cette année à travers la distribution de lots ou l’attribution de logements. Reste cependant à régler le problème du foncier des sites d’Abaraz, au dessus de Hay Mohammadi et celui d’El Hadjeb. Pour d’autres sites, il semble que les choses avancent bien. Ainsi les titres fonciers de 1.048 logements sont prêts et 270 permis d’habiter ont été délivrés, est-il indiqué. Mais beaucoup de bénéficiaires ne se présentent pas pour régler leur dossier. Les concernés disent n’avoir «pas de moyens pour construire leurs logements». Aussi, ce qu’ils réclament le plus aujourd’hui c’est un accompagnement social. Une démarche incontournable pour éviter que l’histoire ne se répète à travers la prolifération de nouveaux bidonvilles, cette fois en périphérie. Surtout que certains attributaires ont préféré spéculer sur leurs lots. Selon une source bien informée, certains lots de recasement dans des quartiers tel Lagouira ont atteint des prix de 600.000 DH alors qu’ils ont été attribués au prix de 20.000 DH. C’est ce que l’on appelle faire de bonnes affaires! Face à ce phénomène, le risque est grand de voir surgir de nouvelles baraques en périphérie. De fait, le risque existe car l’analyse du processus de développement au niveau de l’agglomération d’Agadir met en exergue un dynamisme exceptionnel en terme d’accroissement de la population. Cet indicateur dépasse largement la moyenne urbaine nationale (3,6%), avec plus de 25.000 nouveaux urbains annuels dans l’agglomération. C’est cet accroissement de la population, dû en partie à l’exode rural, qui a engendré des quartiers de bidonvilles en dur comme celui des piémonts. Un site à restructurer au plus vite.


    Historique


    Lancé en 2004, le programme de résorption a buté sur de nombreux freins. L’essentiel de ces obstacles a résidé dans la masse et la taille réelle des baraques et des ménages. Dans ce contexte, le programme avait pris un retard qui était à 54% à moins de 2 mois de la date butoir fixée initialement (fin 2007) pour déclarer la ville d’Agadir sans bidonvilles. Il a fallu donc pour rattraper le retard faire les bouchées doubles. Ainsi, entre octobre 2007 et novembre 2008, plus de 40 opérations d’intervention ont été menées au niveau des différents quartiers de bidonvilles. Ce programme a permis la démolition de plus de 9.000 baraques en une année, et l’éradication totale et définitive de l’ensemble des noyaux de bidonvilles stipulés par le contrat «ville sans bidonvilles» (VSB) et dont certains datent de l’ère d’avant l’indépendance. Au total, ils étaient sept à travers la ville. Il faut reconnaître que les objectifs n’auraient pu être atteints sans l’implication des autorités locales et les forces de l’ordre. Mais il est également important aujourd’hui de boucler les programmes de recasement. La démarche n’est pas une mince affaire mais elle constitue la phase la plus importante du chantier.


    Malika ALAMI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc