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    Focus

    Habitat insalubre
    Marrakech rasera 40 douars en 2011

    Par L'Economiste | Edition N°:3502 Le 06/04/2011 | Partager
    8.000 foyers concernés
    Les sites de relogement déjà identifiés
    475 millions de DH pour le programme «ville sans bidonvilles»

    Pour arrêter définitivement la prolifération des bidonvilles, il a fallu adopter une approche participative impliquant leurs habitants

    Le programme avance bien. Une vingtaine de bidonvilles seraient déjà en restructuration, d’après les responsables chargés de leur éradication dans la commune urbaine de Marrakech. La restructuration est une des deux pistes identifiées pour mettre fin définitivement au fléau.
    Au total, 29 douars sont concernés. Ils abritent 3.700 familles. Par restructuration, les acteurs du programme «ville sans bidonvilles» entendent le raccordement aux réseaux d’eau, d’électricité, de téléphone et un aménagement de la voirie. En seconde étape, les foyers devront accéder à des titres fonciers. Ils devront auparavant obéir aux règles d’urbanisme en vigueur et entreprendre des travaux de façades et d’intérieur sur leurs logements. Avant fin 2011, tous les bidonvilles inscrits dans le cadre de ce programme devraient être restructurés. Une enveloppe de près de 150 millions de DH lui est allouée. La seconde piste pour le programme de lutte contre l’habitat insalubre est un recasement. Quelque 40 bidonvilles regroupant 4.268 foyers devront être rasés en 2012. Leurs habitants seront recasés dans des sites d’accueil identifiés dans les poches encore libres du périmètre urbain. Ce sont les deux pistes principales identifiées par le programme «ville sans bidonvilles» qui a été réactivé en 2010. Après 10 mois de réunions et de travaux de recensement, le comité mixte technique qui comprend le conseil de la ville, la wilaya et l’Agence urbaine a réussi à arrêter les chiffres. Marrakech ville compte quelque 8.000 habitats insalubres. Habitats qui ont grossi tout au long de ces dernières années. En effet, l’une des problématiques des bidonvilles de Marrakech, c’est leur prolifération. Prolifération qui s’est faite, il faut le dire, sous les yeux «bienveillants» des autorités et des élus.
    D’où des difficultés dans ce recensement assez compliqué qui a causé quelques retards au programme. «Pour arrêter définitivement l’hémorragie des proliférations des douars et du morcellement des foyers existants, il a fallu ratisser large», indique Abdelghani Ouchen, chef de la division environnement et mise à niveau de l’habitat insalubre à la mairie de Marrakech. «En adoptant une approche participative des habitants eux-mêmes». Sur le terrain, il a fallu convaincre les foyers de certains douars sur la nécessité d’être délogés, argumente Ouchen. De nombreux bidonvilles ont été construits sur des terrains privés avec des habitations de 4 m2. Bien que conscientes de leur situation illégale, les familles refusaient par exemple d’être recasées loin de Marrakech, à Tamansourt. Dans les programmes précédents, la ville satellite avait été identifiée comme seul site d’accueil. D’où des résistances.
    Le nouveau programme VSB apporte des solutions alternatives à travers d’autres sites d’accueil. Cinq assiettes foncières ont été identifiées et les procédures d’acquisition sont en cours. Il s’agit d’Ain Slim et Ouled Gharme (Nakhil), Iziki et El Goumi à Ménara et Nzala (limitrophe de Tasseltant). Les foyers de chaque douar iront au site d’accueil le plus proche et ce, en 2012. Il faudra auparavant apurer les assiettes foncières (déclassement des sites irrigués…) et aménager les espaces en termes de voirie et de raccordement aux réseaux électrique, d’eau et d’assainissement. Cette deuxième composante du programme «ville sans bidonvilles» nécessitera une enveloppe de 300 millions de DH.
    Avant fin 2012, date butoir de ce programme, les 4.268 foyers seront donc recasés dans les 5 sites en plus de Tamansourt. Du reste, chaque famille recevra un lot aménagé et une aide financière de 20.000 DH. A noter que Marrakech est la seule ville où les bidonvillois continuent à recevoir une aide financière pour chaque délogement en plus d’un lot aménagé et titré. Reste à signaler que le nouveau programme «ville sans bidonvilles» fait partie d’un programme régional porté par le ministère de l’Habitat et la direction des collectivités locales et auquel contribuent Al Omrane, la commune urbaine, la Radeema, ainsi que les bénéficiaires. Au total, il nécessitera une enveloppe de 475 millions de DH.


    10.000 foyers dans le rural


    Marrakech, ce sont 8.000 foyers insalubres en périmètre urbain en plus de ceux vivant dans les douars périphériques qui regroupent près de 10.000 logements insalubres. Dans le lot de ces bidonvilles, on retrouve des douars et quartiers non réglementaires, constitués de logements construits sans autorisation sur des terrains dépourvus d’infrastructures de base et créés clandestinement par des spéculateurs. Dans certains, c’est la ville qui est venue vers eux, mais qui nécessitent aujourd’hui, un traitement urgent. Un douar comme celui du Harmel (dans la commune rurale de Harbil) qui regroupait à peine 500 habitants en 2003, compte aujourd’hui 1.500 foyers. Sis à proximité de Tamansourt, ce douar par exemple a augmenté de volume dès le lancement de la nouvelle ville dans cette commune.


    Badra BERRISSOULE

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