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    Focus

    Habitat insalubre
    Les bidonvilles ont la vie dure à Casablanca

    Par L'Economiste | Edition N°:3502 Le 06/04/2011 | Partager
    98.319 familles recensées
    Plus de 8 milliards de DH engagés dans l’éradication

    98.000 ménages vivent dans des bidonvilles répartis en 450 noyaux. Une première tranche du programme de lutte contre le phénomène a intéressé 17.500 parmi eux

    Les bidonvilles de Casablanca représentent 36% de l’ensemble des bidonvilles du Royaume. Il faut savoir que même le terme «bidonville» a été inventé dans cette métropole. Aujourd’hui, la capitale économique du Royaume veut s’en débarrasser. Mais à chaque fois qu’une opération est entreprise, parallèlement naît un bidonville. On le sait, sans une réelle volonté politique et surtout sans un contrôle rigoureux, Casablanca aura toujours la gangrène de ce fléau. En d’autres termes, la métropole a de maigres chances d’être un jour déclarée «ville sans bidonvilles».
    Actuellement, l’Etat essaie tant bien que mal de réduire des effets du phénomène. Mais les sacrifices à consentir sont énormes pour reloger ou recaser les 98.319 familles qui ont été recensées dans le Grand Casablanca. Il faut dire que 44,65% des ménages concernés par les différentes opérations vont bénéficier d’unités déjà réalisées.
    Les pouvoirs publics avaient fait savoir qu’un peu plus de 8 milliards de DH allaient être investis pour l’éradication des bidonvilles, tous les bidonvilles, du Grand Casablanca. C’était même Ahmed Taoufik Hejira, ministre de l’Habitat, de l’urbanisme et de l’aménagement de l’espace qui l’avait annoncé lors d’une rencontre à Casablanca. Une somme colossale pour mettre fin à la plus grande gangrène urbanistique de tout le Maroc. Hejira avait également annoncé que son département allait mettre pas moins de 3 milliards de DH dans ce grand projet. Le reste devrait venir d’autres départements et aussi des préfectures, conseils préfectoraux et provinciaux et aussi du conseil de la ville de Casablanca. Quatre ans après cette annonce, les bidonvilles sont toujours là. Il y en a même d’autres qui sont nés.
    A l’époque Hejira, très optimiste, avait déjà sa petite idée sur les moyens pour arriver à éradiquer les bidonvilles pour faire de Casablanca une «ville sans bidonvilles». L’idée de Hejira se résume ainsi: il ne suffit pas d’éradiquer les bidonvilles qui existent, car d’autres naîtront inéluctablement. Il faut donc prévenir ces «naissances» par l’intensification de l’offre en logements à bas prix, une offre qui devait impérativement être adaptée aux revenus des acquéreurs de logement. Les prix ne devaient en aucun cas dépasser les 140.000 DH. Le produit ciblait les familles démunies et celles qui ont un revenu mensuel de moins de 3.000 DH. L’assiette des bénéficiaires devait ainsi être élargie, augmentant du coup le nombre d’acquéreurs de logements propres.
    Un autre objectif était également assigné à cette opération. En effet, elle était aussi destinée à faire concurrence à l’habitat insalubre. Mais il est évident que Hejira était trop optimiste, car l’opération «logement à 140.000 DH» n’a pas connu le succès souhaité. Du coup, c’est le retour à la case départ puisque l’opération s’est également heurtée à la complexité du tissu social, le nombre des bidonvillois recensés se trouvant ainsi multiplié par trois, quatre, voire cinq. Une situation qui avait poussé les autorités à trancher. «Le principe d’une baraque, une unité, devait rigoureusement être appliqué», insistait-on.

    Jamal Eddine HERRADI

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