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    Agence pour la Promotion Economique du Maroc à l'Extérieur: Attention à la bureaucratie!

    Par Réda ELMERINI(*)

    Par L'Economiste | Edition N°:504 Le 11/05/1999 | Partager

    · La fusion de la Maison de l'Artisan avec le CMPE est envisageable
    · L'organisation unique ne sera pas mieux lotie côté budget


    En me référant à votre article du mercredi 5 mai, relatif au projet de loi sur l'Agence pour la Promotion Economique du Maroc à l'Extérieur, j'aimerais émettre un point de vue tout à fait personnel sur ce sujet.
    Un organisme de promotion unique devrait donc voir le jour résultant de la fusion du CMPE, de l'ODI, de la Maison de l'Artisan et de l'ONMT. Quel est l'objectif de cette fusion?
    Selon votre article, le regroupement permettra de mener une action plus efficace au niveau de la promotion économique à l'extérieur, grâce notamment à la coordination des efforts et à la rationalisation des ressources.
    Personnellement, j'en doute. Car, d'une part, si les organismes actuels sont jugés inefficaces, les causes sont intrinsèques à ces organismes et ce n'est pas en les fusionnant qu'on accroîtra leur efficacité. Le risque qu'on court est en revanche d'avoir en face un appareil bureaucratique encore plus lourd et plus difficile à gérer.
    D'autre part, les organismes actuels ne font pas que de la promotion du Maroc. Chaque organisme a une mission bien précise. Le CMPE est un organisme de promotion des exportations. Sa mission, outre celle de promouvoir les produits à l'exportation, consiste à aider l'entreprise marocaine à exporter. Cela veut dire informer l'exportateur, l'encourager à participer aux foires internationales, établir des études de marché, organiser des séminaires en faveur des cadres d'entreprises, etc. L'ODI est un outil au service du Ministère de l'Industrie destiné à développer le tissu industriel en initiant des investissements ou en aidant les investisseurs étrangers à s'établir au Maroc. L'ODI est en théorie l'organisme par excellence qui devrait s'occuper de la promotion des investissements extérieurs.
    La Maison de l'Artisan s'occupe de la promotion des exportations des produits d'artisanat. Sa mission est semblable à celle du CMPE, mais ses moyens sont très limités. Sa fusion avec le CMPE en revanche pourrait être sérieusement envisagée.
    L'ONMT a pour mission de promouvoir l'offre touristique du Maroc et surtout d'informer le touriste étranger. Les interlocuteurs internationaux de l'ONMT sont différents des autres organismes et l'activité touristique a ses propres particularités qui nécessitent une spécialisation des cadres et des méthodes de travail.

    Redistribution des fonds disponibles


    En ce qui concerne les moyens qui seront mis à la disposition de l'organisme unique, le budget qui lui sera alloué, vu l'état actuel des finances publiques, ne sera pas plus important que la somme des quatre organismes initiaux. Au meilleur des cas -ou au pire des cas selon de quel côté on le voit- il y aura redistribution des fonds disponibles. A ma connaissance, aucune étude n'a été entreprise sur ce sujet et rien ne permet d'affirmer que l'organisme unique apportera la solution aux problèmes de promotion.
    A mon avis, les organismes actuels devraient être maintenus, à l'exception éventuellement de la Maison de l'Artisan. Leur audit, qu'il faudrait effectuer, permettra d'identifier les problèmes existants et proposer les scénarios de réforme possibles.
    En tout état de cause, il y aurait lieu d'opérer une ouverture vers le privé. Celui-ci devrait être davantage impliqué et dans le financement et dans la gestion des trois organismes. Leurs méthodes de gestion devraient à mon sens s'inspirer du principe du management par objectifs avec tout ce que cela comprend comme outils de motivation et de sanction.
    Evidemment, rien n'empêche ces organismes de coopérer entre eux. Je pense par exemple à la mise en place de délégations à l'étranger ou l'organisation de manifestations promotionnelles.
    Une réflexion approfondie sur la question serait à mon avis souhaitable, car une fois le pas franchi, il sera encore plus difficile de faire marche-arrière.

    (*) Conseiller économique à l'Ambassade du Royaume à Bonn

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