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    Economie Internationale

    Politique

    L'Etat français ravagé par la bombe corse
    Par L'Economiste | Edition N°:501 Le 06/05/1999 | Partager

    · L'ex-préfet de l'Ile de Beauté incarcéré à Paris

    · L'équipe socialiste dans le collimateur de la Justice


    Le gouvernement français est en pleine tourmente politique. Le scandale de l'incendie d'un restaurant de plage sur le littoral corse le 20 avril dernier a soulevé une tornade qui s'est transformée en affaire d'Etat. Après un interrogatoire éprouvant le 5 mai, l'ex-préfet de Corse, M. Bernard Bonnet, et son ex-directeur de cabinet, M. Gérard Pardini, ont reconnu avoir été associés à l'opération des gendarmes qui ont incendié le restaurant. L'ex-préfet, placé en garde à vue depuis le 3 mai, a été transféré hier matin à la Prison de la Santé à Paris. Le gouvernement s'est empressé de nommer son remplaçant, M. Jean-Pierre Lacroix.
    L'affaire a soulevé une tempête politique. La machine judiciaire a été enclenchée dans l'entourage du Premier ministre français. Plusieurs collaborateurs de M. Jospin allaient être entendus hier.
    Indigné, le chef du gouvernement s'est dit "blessé" de cette accusation. "Est-ce que vous croyez vraiment que cela a un sens pour moi ou ceux qui travaillent avec moi de demander à un préfet de région d'ordonner à des gendarmes de brûler une paillote", a lancé le Premier ministre dans un discours télévisé le 4 mai.
    A l'instar de Lionel Jospin, deux ministres socialistes ont réfuté toute implication du gouvernement dans cette affaire. "Personne au gouvernement n'a donné l'ordre imbécile et criminel d'incendier ce restaurant", avait lancé M. Jean-Pierre Chevénement, ministre de l'Intérieur, qui a avoué avoir commis une grande faute en défendant "la présomption d'innocence" du préfet Bernard Bonnet. L'ex-préfet avait en effet assuré "sur l'honneur" à son patron ne pas être au courant de l'affaire.
    Le Président de la République, M. Jacques Chirac, est sorti de sa réserve en affirmant que "les responsabilités doivent être clairement établies". Les partis d'opposition avaient exploité la brèche en soulignant les graves implications de ce scandale. Pour eux, quel que soit le cas de figure, l'équipe socialiste au pouvoir a commis une faute grave. M. Jean-Louis Debré, chef du groupe parlementaire RPR et ancien ministre de l'Intérieur, a estimé que le gouvernement a péché soit par incompétence, soit par mensonge.

    Nadia LAMLILI (AFP)

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