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    Politique

    Le premier signe de retour à la paix en Algérie
    Par L'Economiste | Edition N°:523 Le 07/06/1999 | Partager

    · L'Armée Islamique du Salut dépose les armes

    · Le Président de la République répond positivement à cette décision


    La vague de terrorisme qui déchire depuis quelques années l'Algérie et qui a fait jusque-là des milliers de morts est sur le point peut-être de s'estomper. Dimanche dernier, l'Armée Islamique du Salut (AIS), branche armée du Front Islamique du Salut a annoncé, dans un communiqué rendu public par la Présidence algérienne, qu'elle déposait les armes et se mettait sous l'autorité de l'Etat. L'AIS "décide l'arrêt définitif de l'action armée et met ses forces pour la défense du peuple et au service de la patrie, dans le cadre de ce qui a été convenu", a précisé le communiqué signé par son chef Madani Mezrag. L'AIS a justifié sa décision comme une réponse à "la fidélité et à la promesse faite par le Président Abdelaziz Bouteflika devant le peuple et compte tenu des dangers qui menacent le pays dans tous les domaines".
    Le Président algérien a répondu aussitôt positivement à cette annonce. Dans un communiqué diffusé peu après celui du chef de l'AIS, M. Bouteflika a annoncé qu'il avait chargé le gouvernement de déposer un nouveau projet de loi qui sera soumis au Parlement "en temps opportun". Ce projet dont la teneur n'a pas été révélée, "jouira d'un large écho et reflétera l'engagement de la nation envers tous ceux qui sont concernés par l'amnistie", a précisé ce texte. Ce nouveau projet pourrait être une nouvelle mouture plus audacieuse de la "loi sur la rahma" (clémence) promulguée par l'ex-Président Liamine Zéroual. Il pourrait évoquer l'éventualité d'amnistie de certaines catégories d'islamistes armés, selon les observateurs.
    Le Président algérien avait lancé samedi 29 mai un appel aux islamistes armés pour qu'ils réintègrent la société algérienne, dans un premier discours à la nation depuis son élection en avril dernier. M. Bouteflika avait annoncé qu'il était disposé "pour ceux qui ont été pris dans la tourmente du terrorisme", à prendre dans le cadre des lois de la République, des mesures qui leur permettront de reprendre leur place au sein de la société.
    Depuis la trêve du 1er octobre 1997, les combattants de l'AIS, évalués à quelques milliers, gardent l'arme au pied dans des cantonnements implantés à Jijel (Est), Chlef (Ouest) et Larbaâ (Algérois). Cette trêve avait été dénoncée comme "un acte d'apostasie" par les rivaux de l'AIS, le Groupe Islamique Armé (GIA) d'Antar Zoubaïri et le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), opposés à "tout dialogue" et à "toute réconciliation" avec le pouvoir.


    Soutien et réserves


    L'accueil positif, réservé par la Présidence de la République algérienne à la lettre de l'AIS, a été salué par les partis politiques qui ont fait campagne pour M. Abdelaziz Bouteflika. Il s'agit du Rassemblement National Démocratique (RND), le Front de Libération Nationale (FLN) et les formations islamistes (le Mouvement de la Société pour la Paix et Ennahda). En revanche, l'un des principaux partis d'opposition, le Front des Forces Socialistes (FFS) d'Aït Ahmed, tout en "saluant cette initiative", estime qu'elle doit s'inscrire dans "une perspective démocratique de sortie de crise". De leur côté, les associations de défense des "familles victimes du terrorisme" ont exprimé leur crainte de "ce qui pourrait découler de ces négociations illégales, faites sur le dos de milliers de martyrs de la République et de leurs familles".

    Adil BOUKHIMA

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