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    Politique

    Le FMI au secours du social? Projet avorté pour cette année!
    Par L'Economiste | Edition N°:498 Le 03/05/1999 | Partager

    · Objectif: Introduire des normes sociales minimales dans l'octroi de prêts
    · Le G7 pousse à la roue, les pays pauvres résistent
    · Comme pour la corruption, le tabou "socio-financier" finira par tomber


    Les prêts accordés par la Banque Mondiale et le FMI seront-ils assortis, un jour, d'exigences sociales venant s'ajouter aux conditions macroéconomiques qui sont aujourd'hui la règle? Les banquiers demanderont-ils demain aux pays bénéficiaires de prêts de respecter des principes fondamentaux en matière de droit du travail ou d'établir un régime de sécurité sociale comme ils doivent respecter des principes de transparence financière ou assainir leur secteur bancaire? Ces questions ont été pour la première fois posées au sein des institutions de Bretton-Woods, réunies la semaine dernière à Washington.
    Jusqu'à présent, FMI et Banque Mondiale sont plus soucieux d'orthodoxie financière et de "flexibilité" que de droit du travail et de protection sociale. Si ces discussions sont suivies d'effets, elles pourront déboucher sur un changement profond de leur rôle.
    A l'ordre du jour depuis le début de la crise asiatique, le sujet a été évoqué brièvement au FMI et a fait l'objet d'un débat dans le cadre de la réunion du Comité de Développement de la Banque Mondiale, dont le Maroc est membre. L'initiative, qui remonte au G7 de Birmingham de mai 1998, est poussée par Gordon Brown, le ministre britannique des Finances.

    Manoeuvre protectionniste


    L'idée est que la Banque adopte une série de "principes généraux en matière de politique sociale", dans la ligne de ceux retenus en 1995 lors de la réunion de Copenhague sur le développement social, organisée par l'ONU: l'accès universel aux «services sociaux de base» (éducation élémentaire, santé...), respect des "droits sociaux fondamentaux" (interdiction du travail forcé et du travail des enfants, lutte contre la discrimination, liberté syndicale) et introduction de "filets de sécurité" susceptibles, en cas de crise, d'éviter que les programmes de restructuration mis en place par le FMI ne se traduisent par un non-respect de ces principes de base.
    La proposition est en revanche mal accueillie par les pays en voie de développement qui y voient une nouvelle manoeuvre protectionniste inspirée par les syndicats des pays riches. Leur attitude explique largement la prudence adoptée par le directeur général de la Banque, James Wolfensohn, face à ces projets. Mais au sein de la Banque, où l'on souligne que Wolfensohn rencontre les responsables syndicaux à chacun de ses déplacements, le débat n'est plus incongru. Après tout, il existe des précédents. "Il y a quinze ans la question de la corruption était taboue: les pays en voie de développement estimaient que c'était de l'ingérence politique!", rappelle un fonctionnaire de la Banque, qui souligne qu'aujourd'hui la lutte contre la corruption fait partie des missions de l'institution. Aujourd'hui, il n'est plus totalement inconcevable d'en faire autant pour les questions de travail et de droits sociaux.

    Luc LAMPIERE

    (Syndication L'Economiste-Libération/France)

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