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L'analyse d'une stratégie

Le Maroc s'accroche à sa vocation agricole
Par L'Economiste | Edition N°:623 Le 25/10/1999 | Partager


· Si rien ne va, c'est la faute à l'agriculture. Et le manque de pluies devient l'alibi
· Le programme triennal de sécurisation de la production céréalière arrivera-t-il à ses fins?


Il a enfin plu. Mais pas autant que l'espèraient les agriculteurs. Le Maroc l'a compris à ses dépens: l'irrégularité des pluies devient un fait récurrent. Depuis les années 80, le pays a connu neuf années de sécheresse, soit pratiquement une année sur deux.
La campagne 1998/99 n'a pas échappé à la tendance: une récolte céréalière ne dépassant guère les 36 millions de quintaux, soit 57% de la récolte enregistrée lors de la campagne précédente et de la moyenne des cinq dernières campagnes. Conséquence les revenus des agriculteurs des zones bour se sont nettement dégradés, ce qui s'est évidemment répercuté sur l'offre d'emploi en milieu rural. Pour un pays à l'économie largement dépendante de la production du secteur primaire, les caprices du ciel pèsent sur la dynamique de croissance. Chaque année, tous les secteurs, particulièrement ceux liés à l'activité agricole, ont les yeux rivés sur les résultats de la campagne. Si rien ne va, c'est la faute à l'agriculture. Et le manque de pluies devient l'alibi.
Grâce notamment à la politique des barrages, les cultures maraîchères n'ont que peu souffert des effets de la sécheresse. L'élevage, quant à lui, a été sauvé in extremis par la mise en place d'un programme urgent de protection du cheptel. C'est donc la production céréalière, principalement, qui a été prise en otage par les aléas climatiques.
Du coup, le volume des importations a pris de la graine. Alors qu'il n'était que de 8 millions de quintaux en moyenne au début des années 70, il s'est envolé pour se stabiliser autour de 35 millions de quintaux ces trois dernières années. La facture a suivi évidemment et la tendance n'est pas prête de s'arrêter. Selon des prévisions établies par le Ministère de l'Agriculture, le déficit céréalier doublera d'ici 2020. Il atteindra, à cette date, 60 millions de quintaux. C'est plutôt inquiétant, quand on connaît l'interdépendance entre la production agricole et la santé économique en général. Dans une année mauvaise, en 1995 par exemple, la baisse de 40% du PIB agricole (PIBA) a entraîné une chute du PIB de 12,4%. A contrario, 1996, qui fut une année bonne, connut une augmentation du PIBA de 58%. Le PIB fit alors un saut de 14%.
Quelle est alors la solution? Des voix s'élèvent pour ne plus considérer l'agriculture comme secteur prioritaire et d'aiguiller tous les efforts vers d'autres domaines. Cette option reste néanmoins peu engageante, car le Maroc a trop fait dans cette voie pour espérer rebrousser chemin sans dégâts.
De toute façon, l'enveloppe allouée à la subvention agricole ne dépasse guère 2% de la valeur de la production agricole, quand l'Europe, par exemple, y consacre près de 40%. Il faut donc composer avec l'existant et sécuriser un minimum de production. Une nouvelle priorité reprise par le Ministère de l'Agriculture pour son programme triennal de sécurisation de la production agricole. Arrivera-t-on à assurer les 60 millions de quintaux, même en année sèche? Cela reste à voir.

Meriem OUDGHIRI et Ghassan KHABER

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