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    Messagerie express: Le pugilat commercial s'intensifie
    Par L'Economiste | Edition N°:510 Le 19/05/1999 | Partager

    · 200 millions de DH de CA en 1998
    · La présence des majors mondiaux accentue la concurrence
    · Arrivée prochaine d'un nouvel opérateur


    Le marché du courrier express intéresse de plus en plus les grands opérateurs internationaux. Une décennie a suffi pour que le marché marocain voie s'implanter de grandes multinationales: DHL, UPS, FedEx. Avec un chiffre d'affaires pour l'année 1998 estimé à 200 millions de DH, le courrier express est devenu un créneau porteur avec une croissance de 15% prévue cette année.
    Il a fallu attendre la loi 24-96 relative à la poste et aux télécommunications pour libéraliser le courrier international, après une situation de monopole de Barid Al-Maghrib (BAM) consacré par le dahir de 25 novembre 1924. Un décret d'application des dispositions de cette loi a été promulgué le 2 mars de l'année dernière portant sur les conditions d'autorisation d'exercice de la messagerie express.
    C'est DHL qui a ouvert le bal en s'installant dès 1987 bien avant l'ouverture à la concurrence. M. José-Maria Teixeira, directeur général Maghreb, revendique une part de marché estimée à plus de 55% pour un total de 400.000 envois.
    UPS, dont la filiale marocaine est une joint-venture avec la société Fath Al Khouloud, vient en seconde position avec une part de marché de 18 et 12% respectivement pour l'export et l'import. Cette forte pénétration intervient après un démarrage de la société en novembre 1997, souligne M. Jamal Benyahia, directeur général d'UPS Maroc. Pour l'année dernière, la société prévoyait un chiffre d'affaires de 7 millions de DH(1).
    Ce sont essentiellement les entreprises tournées vers l'international et l'export qui constituent la clientèle principale des sociétés du courrier de l'express. «La demande provient principalement des banques, des confectionneurs, des sous-traitants textiliens, des filiales de multinationales et des laboratoires pharmaceutiques...», explique M. Saïd Rachidi, directeur général de FedEx. L'opérateur américain s'est installé au Maroc via la société franchisée Globex en novembre 1998.
    La ventilation des sorties et des entrées de colis est marquée par la dominance de l'Europe avec la France en tête, environ 80%, selon M. Abdelhamid El Moudden, directeur de TPX, une autre entreprise marocaine qui a intégré le marché en octobre 1998 et qui travaille en partenariat avec l'opérateur français Chronopost.
    Au fur et à mesure de l'arrivée de nouveaux opérateurs, la politique tarifaire et marketing devient agressive. DHL vient de lancer une campagne de communication de 2 millions de DH et projette d'ouvrir prochainement une dixième agence au Sud après celle d'Agadir. Un ajustement tarifaire est également prévu pour juin prochain, «il sera en fonction des flux géographiques au niveau des exportations», précise M. Teixeira.
    UPS compte pour sa part lancer deux nouveaux services d'ici fin 1999. Il s'agit de «Document Exchange», qui permet l'envoi sécurisé de documents par courrier électronique, ainsi que des services de logistique destinés aux entreprises intéressées par le commerce électronique.
    Quant à Globex, elle se positionne comme candidat potentiel pour participer au tour de table de filialisation du Pôle Messagerie de la CTM. Une hypothèse qui est confortée par «le caractère croisé des actionnaires» respectifs des deux sociétés. Parallèlement, la société compte attaquer le segment du poids lourd (entre 1 et 100 kilos).
    TPX, en s'appuyant sur Chronopost, veut jouer sur le levier des délais de livraison à destination de la France, principale destination de courrier et colis express. Moins de 24 heures pour Paris et 8 heures de plus sur la province française, promet M. El Moudden. Malgré ce potentiel de croissance, le secteur reste handicapé par la redevance payée à Barid Al-Maghrib, estiment plusieurs opérateurs. En effet, chaque opérateur paye 18 DH pour chaque colis envoyé avec un forfait de 30% du montant de cette redevance fixe. Les responsables de BAM restent muets sur le montant global de la redevance payée par les opérateurs, qualifié par certains de situation de rente.
    Malgré cette contrainte de redevance considérée comme une survivance de l'ère du monopole, d'autres nouveaux venus préparent leur installation. C'est le cas de Aramex, opérateur américain qui a une forte présence sur la région du Moyen-Orient.

    Rachid JANKARI

    (1) Cf L'Economiste du 18 décembre 1997.


    Barid Al-Maghrib en position de juge et partie


    Sous l'effet de la concurrence, Barid Al-Maghrib (BAM) essaye de s'adapter. Le lancement du service EMS (Express Mail Service) en est la preuve. La Poste offre également le service «Rapid'J» depuis 1995 qui permet la réception des envois le jour même du dépôt de l'expéditeur (national).
    L'opérateur public est partenaire de TNT, une entreprise du courrier express achetée récemment par la Poste hollandaise. BAM assure en effet la correspondance et le dispatching de ses colis sur le territoire marocain.
    Comparativement à BAM, les autres opérateurs disposent d'autant d'avantages concurrentiels. Tous les opérateurs travaillent sept jours sur sept avec un traitement des colis même le dimanche, la prestation aux guichets reste également disponible jusqu'à 20 heures. Plus intéressant encore, les clients peuvent, grâce aux nouvelles technologies, notamment l'Internet, procéder à un suivi de l'acheminement de leurs envois (Tracking)(1). Cependant, BAM promet la généralisation de système de suivi informatisé des envois à tout le pays.
    En vertu de l'article 48 de la loi 26-96, BAM assure une mission aussi bien d'opérateur que de régulateur pour l'exercice d'activités relevant du monopole de l'Etat en matière du service du courrier sous toutes ses formes.
    Les opérateurs qui ont bénéficié de l'autorisation d'exercice du courrier express versent d'ailleurs à BAM une redevance fixée par le Secrétariat d'Etat chargé de la Poste et des Technologies de l'Information. Si les opérateurs estiment qu'une telle mesure est une survivance de la situation de monopole qui a prévalu pendant plusieurs décennies, les responsables de BAM la considère comme une compensation au service public assuré par la Poste. Autrement dit, l'opérateur public est obligé de répondre à l'intérêt général à travers une présence sur tout le territoire y compris dans le monde rural. Une telle redevance lui permet de pallier le déficit résultant de ses contraintes tarifaires et l'obligation de dessertes de toutes les zones géographiques. Pour l'année 1997, le trafic EMS a enregistré plus de 120.000 envois reçus, contre 110.000 pour l'année d'avant.

    R. J.

    (1) Pour faire un essai voir site Internet de: www.dhl.com, www.ups.com et www.fedex.co

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