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Des mesures pour renflouer la marine marchande
Par L'Economiste | Edition N°:510 Le 19/05/1999 | Partager

· Le déclin de la flotte est amorcé depuis dix ans
· Surcapacité mondiale de l'offre et navires obsolètes
· L'investissement au point mort


Le secteur de la marine marchande souffre de plusieurs handicaps de natures diverses, qui contribuent largement au ralentissement de l'activité. La raison principale découle du désengagement de l'armement marocain du secteur vrac qui représente 83% du volume du commerce extérieur. En revanche, l'armement a consolidé le niveau de son intervention dans le secteur de ligne régulière et de passagers.
Au niveau international, il y a aussi de fortes perturbations et bouleversements caractérisés par l'offre excédentaire de transport qui s'est traduite par la baisse des taux d'affrètement et des prix des navires d'occasion. En conséquence, les programmes de construction de navires neufs seront revus à la baisse.
La surcapacité de la flotte n'a épargné aucun secteur du transport maritime. Certains marchés d'affrètement ont même vu le taux de location journalière du navire baisser de 50%.
La dépendance du pavillon étranger ne présente aucune menace pour l'économie nationale. Bien au contraire, cette concurrence permet aux opérateurs nationaux de bénéficier des coûts d'affrètement les plus compétitifs.

Compétitivité


Le prochain Plan quinquennal 1999-2003 se propose de mettre l'accent sur l'impératif d'actions gouvernementales sur le transport maritime en tant que composante déterminante du commerce extérieur, l'importance de la gestion de la sécurité des navires et de la protection du milieu marin.
A la différence d'autres pays, qui conjuguent plusieurs modes de transport, au Maroc le transport par voie maritime est incontournable, puisque 98% du volume de nos échanges extérieurs transitent par la mer. Le Maroc est à cet égard quasi insulaire. Il est donc stratégiquement important de conserver une flotte de commerce sous contrôle marocain pour garantir le minimum de sécurité d'approvisionnement et d'écoulement des échanges. Or, le déclin de la flotte marocaine amorcé depuis bientôt dix ans est tendanciel et pourrait bien continuer à péricliter en l'absence d'une politique visant le maintien d'une flotte sous contrôle marocain et ce, depuis la suppression de la prime qui, pratiquée, pouvait aller jusqu'à 30% de la valeur du navire.
Ces mesures visent essentiellement à permettre aux armateurs marocains d'opérer dans les mêmes conditions et avec les mêmes coûts que leurs concurrents étrangers. Concernant les lignes régulières des agrumes-primeurs qui génèrent ensemble 17% du volume de nos échanges (2,6 millions de tonnes), mais 46% de la dépense nationale de fret, le maintien de la flotte à son niveau actuel passe aussi par son insertion dans des réseaux de transport intégrés terre-mer-terre concentrés sur les pays de l'Union Européenne qui absorbent plus de 70% des échanges de ces produits. Sur ces destinations, le Maroc doit pouvoir compter sur des chaînes logistiques performantes pour développer son commerce extérieur.
L'efficacité d'action des différents auxiliaires maritimes dépend du cadre juridique, économique et fiscal dans lequel elles évoluent. Le séjour des navires dans les ports marocains doit pouvoir se faire dans des conditions optimales de sécurité et de régularité afin d'assurer l'impact sur le coût du fret.
Le volet concernant la sécurité des navires a pour objectif d'obliger le Maroc à effectuer un taux de contrôle de 15% des navires étrangers faisant escale dans ses différents ports. Mais le but ne peut être atteint sans disposer d'un effectif suffisant de qualité, avec des services structurés tant au niveau central que régional.
Le renforcement du potentiel humain devrait être accompagné d'une action de formation au profit des cadres affectés au contrôle des navires.


Le stimulus du commerce extérieur


L'impératif de conservation d'une flotte n'est pas seulement stratégique. Il est aussi économique, puisque la dépense nationale de fret est évaluée à 10 milliards de DH et l'essor de notre commerce extérieur est lié à la prestation de services de transport compétitifs. C'est en tenant compte de considérations similaires que nombre de pays, y compris ceux de l'OCDE, ont institué des mesures d'aide au secteur du transport maritime. Au Maroc, la capacité financière de l'Etat ne permet pas de reconduire le soutien important qui a été consenti au cours des années 70 en faveur du secteur. A cela s'ajoute la fiscalisation, alors que ce secteur est pratiquement exonéré d'impôts dans la plupart des pays.Pour permettre le renouvellement des navires obsolètes et maintenir la flotte de commerce à son niveau actuel dans les trafics sensibles et à valeur ajoutée, le Plan recommande plusieurs mesures. Elles doivent susciter et favoriser l'établissement par les armateurs marocains de services de transport intégrés offrant aux chargeurs des services de porte-à-porte en leur permettant de travailler en flux tendus. La création de telles chaînes logistiques stimulera le commerce extérieur et renforcera les liens des chargeurs avec l'armement au commerce.

Radia LAHLOU

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