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Conseiller et pas prescripteur de recettes

Jozef M. Ritzen, expert de la Banque Mondiale, explique la nouvelle démarche de l'Institution

Par L'Economiste | Edition N°:524 Le 08/06/1999 | Partager

· Les choix politiques relèvent du gouvernement
· Le système éducatif est un véritable goulot d'étranglement de l'économie marocaine


Avec le FMI, la Banque Mondiale s'est souvent attirée les foudres des élites des pays en développement pour son "attitude" jugée "déconnectée" des réalités de ces pays. Depuis l'arrivée de l'actuel président, l'institution veut éviter le face-à-face avec le gouvernement en associant d'autres forces vives du pays à son action.

- L'Economiste: Quelle est aujourd'hui la vision de la Banque Mondiale en matière d'éducation?
- M. Jozef M. Ritzen:
Je pense que le terme vision tel que vous l'entendez est inapproprié. De manière globale, nous essayons de faire passer le message que la qualité de l'éducation est un facteur important pour le développement économique et la cohésion sociale d'un pays. C'est l'un des principaux moteurs du progrès social et économique.
La Banque Mondiale se limite donc au rôle de conseiller, elle n'a pas la prétention de donner des leçons. Nous apportons notre expérience en matière de connaissance de l'environnement. Chaque pays est un cas particulier, la décision finale et les choix politiques appartiennent aux gouvernements.

- C'est un changement radical dans l'approche de cette institution accusée de parachuter des recettes depuis Washington...
- C'est vrai, je reconnais que la Banque Mondiale n'a peut-être pas toujours été suffisamment ouverte par le passé. Aujourd'hui, c'est fini l'époque des solutions "clés en main". Nous avons la conviction que le développement n'est pas un concept technique, il découle de choix politiques. De même que l'orientation en matière d'éducation est un processus où tous les partenaires doivent être associés. C'est pour cela que nous voulons développer le dialogue avec toutes les parties, syndicats, enseignants, parents d'élèves, etc. L'un des objectifs que s'est d'ailleurs fixé M. Jim Wolfensohn, le président de la Banque Mondiale, est de défaire la Banque de cette image de "faiseur de solutions". Je dois dire que c'est une nouvelle démarche, je souhaite insister là-dessus. C'est en nous rapprochant de toutes les forces vives que nous contribuerons au changement de cette perception.

- Que sont devenues les conclusions du rapport de la Banque de 1995 qui avait établi le constat d'échec de l'Education au Maroc?
- A l'époque, je n'étais pas encore à la Banque Mondiale. Je ne suis pas donc en mesure de commenter ce rapport. Mais à la Banque Mondiale, nous avons la conviction que le Maroc est un pays plein de promesses et d'opportunités, grâce à sa stabilité politique et sa proximité avec le marché européen. Il a toutes les chances de rattraper les niveaux de vie des pays européens comme l'ont fait des pays tels le Portugal ou encore l'Irlande. Toutefois, jusqu'à maintenant, ces promesses ne se sont pas concrétisées.
La croissance économique a été bien inférieure à celle de pays de niveau comparable au cours des deux dernières décennies. Cela s'explique entre autres par l'inégalité dans la distribution des revenus et les goulots d'étranglement en matière de ressources humaines. Des citoyens qui ne savent ni lire, ni écrire ne peuvent participer à part entière dans la société moderne. Certes, il y a eu des progrès, notamment en matière de scolarisation de la petite fille dans le monde rural et le programme BAJ. Mais à notre avis, le changement ne va pas aussi vite, nous aimerions que les choses aillent plus rapidement.

- Lesquels des différents acteurs selon vous, devraient être au centre du processus de changement. Est-ce l'enseignant, l'élève ou les deux à la fois?
- La priorité dans une politique de changement doit aller bien évidemment vers l'élève, qui doit être placé il me semble, au coeur de tout le processus. Il faut aussi convaincre les enseignants qui sont parfois idéalistes qu'ils ont tout à gagner de voir l'efficacité du système éducatif s'améliorer et qu'il devienne performant.

- De votre expérience d'ancien ministre de l'Education des Pays Bas, quel est à votre avis le plus difficile lorsqu'on s'engage dans un processus de réforme?
- J'ai d'abord appris que tout changement en matière d'éducation est très difficile à réaliser, tellement il met en jeu des intérêts de différents acteurs. D'un côté, des enseignants qui voudraient bien que les choses restent en l'état, parce que c'est toujours confortable de ne rien bouger, et de l'autre, la pression des opérateurs économiques qui souhaitent avoir des personnes bien formées sur le marché du travail. La deuxième chose, c'est l'ouverture d'un dialogue continu pour bénéficier de l'appui de la société, entreprises, parents d'élèves, syndicats, enseignants, etc.

Propos recueillis par Malika El JOUAHRI & Abashi SHAMAMBA

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