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«Les diplômés sont trop mous», les patrons veulent des challengers
Par L'Economiste | Edition N°:524 Le 08/06/1999 | Partager

· Agro-alimentaire: Les ingénieurs préfèrent le public
· "Quand le diplôme devient un droit, les privilégiés trouvent un emploi et les fils du peuple restent au chômage"


- Bonjour, je suis diplômé en ingénierie financière, en intelligence artificielle et docteur en biotechnologie. Je suis venu pour le poste d'"inginiour".
- Désolé! Vous êtes mou, sans conviction et mauvais communicateur.
Manque d'agressivité, déficit de communication, faible aptitude à se vendre... Ce sont notamment les principales "caractéristiques" que les patrons d'entreprises interrogés par L'Economiste n'hésitent pas à présenter comme principales faiblesses des diplômés marocains. Et elles sont de taille.
Le verdict des patrons est sans appel. Ce sont les universités qui passent d'abord à la moulinette. "Elle forment des profils totalement déconnectés à la réalité", affirme M. Karim Ayouche, directeur général de la société LGMC, opérant dans le secteur agro-alimentaire. Le tollé des patrons contre les diplômés ne s'arrête pas seulement à ceux issus de l'université, il vise également ceux des écoles d'ingénieurs et des établissements supérieurs privés. "Même les ingénieurs ont une formation trop théorique avec des cours généralement figés qui n'évoluent pas en fonction des besoins du marché", conteste M. Ayouche. Et drôle de conséquence. Une grande partie des entreprises de l'agro-industrie ont, selon M. Ayouche, réorienté le recrutement vers les techniciens au détriment des ingénieurs.

Reconstuire l'école


De plus, est-il précisé, les ingénieurs ont généralement tendance à se replacer dans le secteur public après une expérience professionnelle dans le privé. Cherchent-ils à s'engouffrer dans les bureaux de l'Administration où serait-ce encore la fameuse stabilité du "wadif" (le fonctionnariat) qui continue à les attirer?
Autre expérience, celle de Microsoft Maroc. Alors que cette entreprise change en permanence ses produits, sa technologie et parfois même ses marchés, elle a du mal à trouver des ressources humaines qui accompagnent sa trajectoire. "Nous avons un grand déficit en matière de technico-commerciaux", confie M. Karim Benjelloun, directeur général de Microsoft Maroc. Et d'ajouter: "Les candidats qui se présentent chez nous sont tantôt arrogants, tantôt tête baissée. Or, poursuit-il, ce qui nous intéresse chez un candidat, c'est sa capacité d'assimiler une relation de gagnant-gagnant entre fournisseur et client.
Paradoxalement, alors que certains secteurs bataillent vigoureusement pour trouver un profil qui correspond à leur besoin parmi les milliers de demandeurs d'emploi, d'autres secteurs n'arrivent presque pas à trouver un seul diplômé. Car, tout simplement, il n'en existe pas. C'est le cas d'une société spécialisée dans l'édition. "Aucune école au Maroc ne dispense la formation d'infographiste dont nous avons besoin", affirme son patron. Une niche à développer.
Avec plus de recul, mais d'un ton néanmoins irrité, M. Driss Benhima s'insurge lui aussi contre tout le système éducatif. "Quand le diplôme devient un droit et que tout le monde y accède sans en avoir le niveau, ce sont les privilégiés qui trouvent un emploi et ce sont les fils du peuple qui restent au chômage. Il faut reconstruire une école obligatoire, fondée sur la sélection par le mérite et l'excellence".

Hassan BOUCHACHIA

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