×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Culture

Guy Martinet: Parcours d'un historien amoureux du Maroc

Par L'Economiste | Edition N°:1544 Le 20/06/2003 | Partager

. Il s'est éteint juste après les attentats du 16 mai . Point saillant: son combat acharné contre le Protectorat Il a été témoin de la lutte acharnée contre le Protectorat. Il est allé jusqu'à défendre les fondements de la liberté contre son propre pays. Ce qui lui a valu une place centrale dans les débats politiques et idéologiques de l'époque. A travers sa pensée et son militantisme pour la fin du Protectorat, s'écrit toute l'histoire du nationalisme.L'historien Guy Martinet n'est plus. Ce grand amoureux du Maroc s'est éteint juste après les tristes évènements de Casablanca. Pour ceux qui ne le connaissent pas, voici un aperçu de la vie de l'homme et de l'historien. La famille Martinet habite au Maroc depuis plusieurs générations. Le grand-père Pierre Auguste Martinet est venu de Tunisie en 1907. Il a été mandaté au Maroc par l'administration française pour établir les premières douanes marocaines en vue de résorber les dettes extérieures du pays. Vu l'enracinement des Martinet en terre d'islam, la famille jouissait d'une double culture, arabo-musulmane et européenne, qu'elle préservait jalousement et veillait à transmettre de père en fils. Les deux fils de Pierre Auguste, Odilon et Marc, ont eux aussi été imprégnés de cette concomitance porteuse de culture et de tolérance. La genèse de cet enchantement oriental s'est tissée dans les écoles coraniques où les ouléma exégètes et érudits d'autrefois livraient un savoir lucide. C'est de là que sont nées les prémices d'un amour engagé et valorisant pour le Maroc. Plus tard, Odilon s'est découvert une passion pour l'impression. Un créneau délicat particulièrement à une époque où l'expression était soumise au Protectorat. Peu soucieux de ce qui va se tramer autour de lui, Odilon acquiert l'Imprimerie française. Il lie ses activités aux journaux de l'opposition en guise de soutien pour la libération du Maroc. Ses positions lui ont valu la malédiction des autorités françaises. A sa naissance le 18 juillet 1921, Guy Martinet fut amplement imprégné par ce bouillon de culture. Né dans une famille de doctes, le jeune homme intègre le lycée Lyautey où il fait ses études jusqu'au baccalauréat avec brio. Sa passion pour l'Histoire, notamment celle du Maroc, le distingue aussitôt et il rejoint l'université d'Alger où il fait ses études. En 1939, ce Bidaoui dans l'âme va mettre en exergue son combat pour la liberté. Un combat qu'il a vécu dans les tranchées de la Seconde Guerre mondiale. Avec le corps expéditionnaire des tirailleurs marocains en Italie, Guy s'aperçoit de la bravoure des soldats marocains qui se sont battus avec lui pour les mêmes valeurs. Un témoignage que Guy va porter quelques jours avant sa disparition dans «Le souvenir des deux guerres mondiales au Maroc«, une exposition organisée du 8 mai au 14 juin par les étudiants du lycée Lyautey.Quand les accords du Protectorat étaient arrivés à leur terme, le processus de décolonisation était inévitable. Or, à cette époque-là, deux consciences hétérogènes divisaient la France. Guy et plusieurs autres de ses compatriotes agissaient en bonne «conscience française« contre un courant favorable au maintien du Protectorat «présence française«. Cet acharnement pour la liberté du Maroc lui a valu ultérieurement une attention particulière de la part de Feu Hassan II. Selon ses proches et les gens qui l'ont côtoyé, «sa conception de l'homme dépassait la religion, les ethnies et les races«, dit de lui un collègue du lycée Lyautey. Même durant les derniers jours de sa vie, Guy ne s'est pas donné un moment de répit. Pendant la guerre d'Irak, ce grand visionnaire était résolument convaincu que la violence ne peut générer que de la violence. Une vision d'un grand homme, qui sans prétention aucune, maniait l'Histoire avec subtilité sans jamais laisser l'ombre d'un détournement quelconque s'immiscer dans ses cours. Guy, décédé il y a quelques jours dans une clinique en France, fut rapatrié au Maroc, le pays qui l'a enfanté, pour y être inhumé.Hayat KARIM ALLAH

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc