×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Guichets bancaires: Un mauvais coup pour le touriste?

Par L'Economiste | Edition N°:1833 Le 16/08/2004 | Partager

. Ils sont à l'origine de plus de 70% des transactions avec cartes . Imprévus et pannes des GAB et TPE font exploser les réclamations chez les banques LA scène se passe dans une gare de train de l'une des destinations touristiques les plus prisées du Royaume, donc en pratique prête à faire face à ce genre d'incident. Le visage crispé, cette touriste fixe un GAB mobile (guichet automatique bancaire) qui vient d'avaler sa carte de crédit. Surprise, elle tape furieusement sur tous les boutons pour essayer de la récupérer. Sans succès. Elle se retrouve ainsi dans une situation des plus embarrassantes, plus d'argent en effet pour régler ses dépenses! Déception et tournis se mêlent, la voyageuse ne sait plus à quel saint se vouer. Elle devait voyager jusqu'à une autre ville du pays pour prendre l'avion du retour. A présent, elle est contrainte de rebrousser chemin, changer de programme et se rendre au siège de la banque propriétaire du guichet pour récupérer sa carte. Mais il est déjà 16h00 et cet établissement a fermé ses portes. Aucune permanence n'est assurée d'ailleurs, il lui faut donc attendre jusqu'au lendemain pour pouvoir réclamer la carte. Dans l'immédiat, elle demandait autour d'elle s'il y a un numéro de téléphone pour joindre un centre dont les responsables pourraient l'informer de la démarche à suivre en pareille situation. Au bout du fil, un agent du centre Interbank l'informe qu'il faut s'adresser le lendemain à la banque propriétaire du GAB, seule à même de lui remettre sa carte. Furieuse, elle se résigne à retrouver son hôtel. Autre scène qui fâche: un touriste se rend compte après coup que le montant d'une facture payée dans un commerce ou un restaurant via un TPE (terminal de paiement électronique) lui a été débité plusieurs fois. Que faire dans pareil cas? «Il faut attendre simplement plusieurs semaines, voire des mois pour récupérer son dû», confie un banquier.Ces contre-performances sont courantes pendant la période estivale où des porteurs de carte de crédit, notamment étrangers, se trouvent souvent confrontés à l'arbitraire des GAB. Dans le cas de perte ou de vol de cartes de crédit, les touristes ne réussissent pas à les récupérer dans l'immédiat. Et sont confrontés ainsi à l'aléa des circonstances fâcheuses. Les banquiers ne le disent pas, mais les réclamations se multiplient anormalement pendant l'été. Et aucune procédure n'est encore mise en place, ni formalisée au niveau des banques pour traiter rapidement ces aspects. Il faut noter que la situation est d'autant plus préoccupante que la majorité des touristes règlent leurs achats par carte. Ainsi, 70% des transactions enregistrées en 2003 au niveau des TPE, qui ont totalisé près de 3,7 milliards de DH, sont effectuées par les touristes. Avec le développement du négoce, la fraude a tendance à s'aggraver aussi durant la période estivale. Au Maroc, le taux de fraude est déjà un peu plus élevé que la moyenne de la région Mena, soit 0,5% du volume des transactions en 2003. Et le danger réside davantage dans l'importance des transactions touristiques par carte. Quoique la majorité des touristes disposent actuellement de cartes de crédit à puce, répondant à la nouvelle norme Europay Mastercard Visa (EMV) (voir encadré). Ce sont des cartes plus sécurisées que celles à piste. Elles sont munies de codes de paiement et de retrait. Difficile donc d'en faire un usage frauduleux, mais l'utilisateur s'en trouve privé dans l'immédiat. Et les banques ne prennent pas encore en charge rapidement ces aspects. Les cartes à puce ont l'avantage de fonctionner en mode off-line et de permettre une ouverture et une fermeture rapides du compte pour l'actualisation des écritures. Ce dernier procédé permet d'effectuer rapidement les retraits auprès d'un guichet ou à l'occasion du paiement des achats. Mais les commerçants et les distributeurs automatiques de billets de banque locaux ne sont pas encore munis de la technologie permettant de traiter ces nouvelles cartes.En attendant la migration complète des systèmes monétiques vers la nouvelle norme EMV, il est donc préconisé de mettre en place des structures de permanence qui prennent rapidement en charge les réclamations des utilisateurs. C'est en effet l'une des solutions dont parle aujourd'hui les banquiers, mais qu'ils veulent mettre en oeuvre dans un cadre mutualisé. Cette structure d'intervention rapide à mettre en place pourrait être rattachée au nouveau Centre monétique interbancaire et prendre en charge en permanence l'entretien des GAB en dehors des horaires d'ouverture des agences.


Cartes à puce

LES banques de la place doivent se conformer à la norme EMV avant la fin 2005, selon les professionnels. Mais cette migration vers le nouveau système requiert en fait un investissement très lourd en rapport avec le volume des affaires réalisées sur les activités de cartes de crédit. A fin mars 2004, seulement 1,5 million de cartes de crédit étaient en circulation au Maroc. Aussi le chiffre d'affaires qui en découle est encore insignifiant par rapport aux investissements requis. Selon un banquier, l'objectif est d'arriver à mutualiser le coût d'acquisition des technologies et la mise en place des infrastructures nécessaires entre l'ensemble des intervenants bancaires. Parallèlement, les banques auront à déployer un effort commercial et tarifaire soutenu pour populariser l'utilisation des cartes de crédit afin de justifier les investissements à déployer, notamment parmi leurs clients à faible revenu. La carte prépayée est l'un des produits à développer en direction de cette clientèle.Bouchaïb EL YAFI

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc