×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Dossiers

Gros œuvre: L’industrialisation à petits pas

Par L'Economiste | Edition N°:1659 Le 10/12/2003 | Partager

. LPEE teste le béton de l’avenir. Innovations: Les tendances sont lourdes Béton armé, précontraint, aggloméré, hourdis, poutrelles, briques, plaques en plâtre… le secteur des matériaux de construction évolue et la tendance est à l’industrialisation. En tout cas, au niveau du gros oeuvre, les techniques archaïques cèdent progressivement la place à l’utilisation de matériaux nouveaux, préfabriqués en usine, de qualité maîtrisée, solides et résistants. Mais si certains opérateurs sont à la pointe des innovations, d’autres s’accrochent toujours aux techniques traditionnelles. “Des promoteurs travaillent avec des entrepreneurs du secteur informel et donc la technique n’évolue pas”, souligne Bouchaïb Benhamida, président de la Fédération nationale du bâtiment et des travaux publics (FNBTP). Ce n’est pas l’unique raison qui bloque l’introduction de nouvelles techniques ou de nouveaux matériaux de construction. Le coût élevé qu’ils peuvent occasionner est également cité. Le gros oeuvre est la base et l’ossature d’une construction, d’où la nécessité de veiller à la qualité et à la résistance durables de ses matériaux constitutifs. Le béton armé est la technique la plus utilisée. Elle consiste à associer intimement dans leur résistance deux matériaux: l’un résistant aux compressions (le béton) et l’autre aux tractions (l’acier). A noter que l’utilisation du béton prêt à l’emploi commence à se développer. “Le taux d’utilisation augmente même si de grandes structures préfèrent le confectionner elles-mêmes sur chantier”, souligne Mohammed Ounaya, directeur général du bureau d’études Scet Maroc. Pour certains ouvrages, les entrepreneurs optent pour le béton précontraint. Ce dernier est également constitué de béton et d’acier, mais il est constamment “comprimé”. Durant les prochaines décennies, l’on assistera de plus en plus au remplacement des armatures en acier par des fibres métalliques, synthétiques ou organiques. D’ailleurs, au niveau international, les recherches dans ce sens sont assez avancées et certains ouvrages ont déjà été réalisés. “On cherche à avoir un matériau qui résiste en même temps à la compression et à la traction et qui soit économique et durable”, souligne Ahmed Mrhizou, directeur du pôle Technique des constructions au Laboratoire public d’essai et d’études (LPEE).Pour les murs extérieurs, la tendance est toujours à l’aggloméré et à la brique. Cette dernière est également utilisée pour les murs intérieurs. Les plaques en plâtre sont de plus en plus prisées et il est prévu qu’elles réalisent une véritable percée. “Dans le gros oeuvre, les tendances sont lourdes et le développement se fait sur plusieurs années”, explique Mrhizou. Selon lui, dans les prochaines décennies, les murs en bloc en aggloméré et en brique céderont progressivement la place aux cloisons préfabriquées en usine et montées sur chantier. Aujourd’hui, ces dernières sont surtout utilisées dans les bâtiments à usage de bureaux (cloisons amovibles et cloisons légères). A l’intérieur des murs, un système d’isolation peut être prévu: technique de la double cloison séparée par un matériau isolant, ou simplement un vide qui jouera le rôle d’isolant phonique et thermique. Des matériaux comme le polystyrène, la laine de verre ou de roche peuvent jouer le rôle d’isolant. Mais ils sont jugés chers, selon Benhamida. Pour les planchers, la technique traditionnelle utilisée dans les constructions consiste à couler sur place des dalles pleines, très épaisses en béton armé. Cette technique est de plus en plus délaissée pour des dalles en éléments préfabriqués: poutrelles et hourdis surmontés d’une dalle moins épaisse en béton armé. Cette technique est jugée plus économique et de qualité meilleure. Les poutrelles et hourdis sont fabriqués en usine et sur chantier, il n’est donc procédé qu’ à leur pose. Ces dalles en hourdis donnent une isolation thermique et phonique meilleure que celle des dalles pleines en béton”, indique Mrhizou. La poutrelle peut être en béton armé ou en béton précontraint. Plus récemment, des planchers constitués de poutres et éléments de dalle préfabriqués ont été réalisés et leur développement est continu. Il s’agit de technique utilisée surtout pour les planchers hauts des bâtiments du tertiaire: usines, bureaux, parking par exemple, précise Mrhizou. “Nous devons opter davantage pour le préfabriqué. D’ailleurs, c’est de plus en plus le cas dans les programmes importants”, souligne Nourreddine Nabil, directeur général du bureau d’études Betam. Les prédalles ont également la cote. Elles permettent de réaliser des économies sur le coffrage et de gagner du temps sur le chantier. La tendance est aussi aux bétons faciles à mettre en oeuvre et plus performants. Selon Mrhizou, il est possible aujourd’hui de fabriquer un béton liquide, facile à mettre en oeuvre et en même temps très résistant. Il n’est pas encore introduit sur les chantiers; il est au stade de l’expérimentation au LPEE”, souligne Mrhizou. En Europe, et dans des pays comme le Japon et les Etats-Unis, son utilisation a déjà commencé. Mrhizou estime qu’il s’agit là des bétons de l’avenir. Deux catégories existent: le béton auto-plaçant (BAP) pour les ouvrages verticaux et le béton auto-nivelant pour les parties horizontales. “C’est une technique de mise en place qui n’apportera pas de révolution. Elle est surtout utilisée pour les grands ouvrages”, estime Benhamida. La tendance dans le gros œuvre est donc intimement liée à l’évolution que connaît le béton. L’on s’achemine alors vers des bétons à très haute performance, faciles à mettre en oeuvre et plus durables. Mais dans une activité où l’informel a encore de beaux jours devant lui, quelle place auront ces innovations?


Innover pour baisser les coûts

Pour les professionnels du bâtiment, des innovations doivent être introduites pour parvenir à baisser les coûts. “Le gros oeuvre peut représenter plus de 60% du montant des travaux tout corps d’état d’une construction et même plus dans l’habitat social”, souligne Noureddine Nabil, gérant de Betam. “Le coût immédiat de l’introduction de ces innovations pourrait être élevé mais à long terme, des gains de productivité sont réalisables dans le processus de construction”, poursuit-il. L’objectif est de faire baisser les coûts, mais en parallèle, il faut veiller à la qualité, à la sécurité de l’ouvrage et à sa stabilité, sans oublier l’application du règlement parasismique. Celle-ci va engendrer un surcoût sur le gros œuvre, selon Noureddine Nabil.K. M.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc