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    Economie

    Grève du 21 mai: Un non-événement

    Par L'Economiste | Edition N°:2782 Le 22/05/2008 | Partager

    . Un taux de mobilisation variable, selon les camps!. 5% selon le gouvernement et 60% d’après la CDT . Ni perturbation ni incident à signalerOn avait craint le pire. Finalement, ce 21 mai a été une journée comme les autres. L’appel à la grève générale lancé par la Confédération démocratique du travail (CDT) s’est simplement caractérisé par une circulation plus fluide que d’habitude. Ceci s’explique par le fait que de nombreuses écoles, commerces et entreprises ont préféré accorder un jour de congé pour éviter d’éventuels risques de débordements. Quand on sonde certains secteurs stratégiques, on nous indique qu’«il y a eu quelques retards dus au transport mais la production n’a pas été perturbée dans les usines». Selon Mohammed Tamer, président de l’Association marocaine de l’industrie textile et habillement (Amith), ce constat est général chez les opérateurs de la zone industrielle de Moulay Rachid à Casablanca. Même son de cloche auprès de Mohammed Tazi, directeur général de l’Amith: «La situation est à peu près normale». Y a-t-il eu des menaces contre les salariés non grévistes? Le DG de l’Amith a eu quelques échos mais a «émis des réserves» sur la véracité de l’information. Dans la capitale économique, «il n’ y a pas eu de mesures particulières pour le trafic. La présence du Souverain à Casablanca est le seul fait à noter», indique une source autorisée à la Préfecture de police. Pourtant, durant la matinée d’hier, une ambiance de samedi a régné. «Dans nos stations services, la demande était relativement réduite. Il y a eu aussi quelques retards de chargement dans les dépôts», affirme Henry Soudan, PDG d’Exxon Mobile Maroc. La plupart de ses salariés sont affiliés à l’Union marocaine des travailleurs (UMT). A l’heure où nous mettions sous presse, aucune perturbation majeure n’avait été relevée. Chez les banquiers, le directeur général du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM) est resté injoignable. Toutefois, d’après les déclarations de Abdelaziz Touili, membre du bureau du Syndicat national des banques, affilié à la CDT, «le taux de participation est de 45% pour tout le secteur». A Derb Omar, par exemple, où se trouve le QG de la CDT, deux agences bancaires étaient fermées pour «des raisons de sécurité», explique un agent. Par précaution, il n’avait d’ailleurs pas porté son uniforme. Les commerçants du quartier ont choisi aussi de ne pas ouvrir leur magasin. En région périphérique, notamment dans le quartier de Bernoussi, la majorité des échoppes ont gardé les rideaux baissés, toute la matinée. «Les moqadems ont fait leur tournée pour conseiller aux commerçants de ne pas ouvrir», affirme une source. Au bureau de pointage des taxis, sur le boulevard Brahim Roudani, «l’affluence est réduite. On estime que 20% des chauffeurs n’ont pas travaillé », affirme un agent de police. A noter que la profession compte trois syndicats. «Je ne fais pas de grève parce que ce n’est pas les syndicats qui paient mon loyer», ironise un taximan. Par ailleurs, du côté du transport en commun public, les salariés de M’dina Bus «n’ont pas rallié la grève», confirme Abderrahim Bansar, directeur des ressources humaines. Quid des fonctionnaires? A l’heure où nous mettions sous presse, c’est le ministère de l’Emploi qui a enregistré le plus fort taux de participation (16%), suivi de l’Artisanat (11%) et de l’Enseignement (2,8%). Ces données ne concernent que les QG ministériels de Rabat. «Pour les départements de la Santé et des Finances, nous n’avons pas encore reçu de chiffres», indique un haut responsable du ministère de l’Intérieur. «La grève a peu mobilisé les fonctionnaires dans d’autre ministères (Pêche, Energie, Equipement…)», selon notre source. Même constat auprès de la CNSS, l’Anapec et la formation professionnelle. Par contre, «le personnel du Fonds de travail (10%) et celui de l’OFPPT (3%) ont faiblement rallié la grève de la CDT», d’après un SMS envoyé par le ministère de l’Emploi.


    Contradictions

    La guerre des chiffres continue! Le taux de participation à la grève générale du 21 mai organisée par la CDT a enregistré dans les administrations publiques une moyenne de 2,5% dans la capitale et 40% dans les régions, selon le ministère de la modernisation des Secteurs publics. «Faux», répond la Confédération: «On a mobilisé près de 60% des employés dans l’ensemble des secteurs. Il y en a même qui ont enregistré une mobilisation de 100%». En revanche, pour les collectivités locales et le secteur privé, aucune indication n’était disponible, à la mi-journée, sur le taux de participation.


    Réactions syndicales

    «Un non-événement!» C’est en ces termes que le secrétaire général de l’Union marocaine des travailleurs, Miloudi Moukharek, qualifie la grève générale lancée le 21 mai par la CDT. Une grève qui intervient après celle organisée mardi 13 mai par les quatre centrales syndicales les plus représentatives, dont l’UMT (www.leconomiste.com). On constate, encore une fois, que les animosités entre les syndicats sont à fleur de peau! Car, du côté de l’UGTM, proche du parti de l’Istiqlal, on ne mâche pas non plus ses mots: «Noubir El Amaoui a des visées politiciennes. Il veut récupérer une légitimité qu’il avait d’ailleurs acquise de manière douteuse», déclare Mohammed Benjelloun Andaloussi, SG de l’UNMT. Du côté de l’Union nationale des travailleurs du Maroc (UNTM) et de la Fédération démocratique du travail (FDT), on se veut plus diplomates: «Nous respectons la décision de la CDT», répliquent-ils. Contacté par L’Economiste, Noubir El Amaoui n’a pas souhaité commenter ces réactions. Par contre, il dément les rumeurs de menaces exercées par les militants de la Centrale pour obliger les gens à participer au mouvement.Faiçal FAQUIHI et Hassan EL ARIF

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