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Greenpeace achète des actions BP Amoco pour le contrecarrer en Alaska

Par L'Economiste | Edition N°:471 Le 25/03/1999 | Partager

· Greenpeace veut éviter le même scénario catastrophe causé par Exxon il y a dix ans dans la même région

· Seules deux espèces des 23 touchées par la marée noire sont tirées d'affaire

· Les 5 milliards de Dollars de dommages-intérêts toujours impayés


Une centaine de militants de Greenpeace ont acheté des actions BP Amoco pour tenter de bloquer les projets du géant pétrolier britannique en Alaska, a annoncé vendredi dernier l'organisation écologique relayée par l'AFP.
Regroupés sous le nom de SANE BP (Shareholders Against New Oil Exploration), les militants veulent expliquer à l'assemblée générale des actionnaires de BP Amoco le 15 avril prochain les menaces pour l'environnement du projet Northstar en Alaska. Le projet divise actuellement les agences fédérales américaines, d'autant plus que la population a encore en tête la catastrophe causée par le supertanker du géant pétrolier américain Exxon Valdez. D'ailleurs, dix ans après la catastrophe, l'une des pires marées noires de l'histoire, la vie marine reste toujours en péril sur les bords de la Baie du Prince William. En effet, si celle-ci commence à reprendre doucement dans cette région où phoques, otaries et orques croisent paisiblement le long des rivages enneigés, à chaque marée haute, l'eau qui se retire laisse sa marque huileuse sur les rochers. Seulement, 10 à 15 cm en dessous de la couche de neige existe encore une impressionnante mare de pétrole.
La catastrophe a frappé cette région du monde, pourtant paisible, le 24 mars 1989. Le capitaine Joseph Hazelwood de l'Exxon Valdez, un navire de 300 mètres de long, prévient les garde-côtes que du pétrole s'échappe de son bâtiment, échoué près de Valdez, sur les côtes de l'Alaska.
Au cours de la dizaine d'heures suivantes, quelque 50.000 tonnes de pétrole libérées par le navire vont venir souiller plus de 1.930 km de rivage.

"Mon peuple parle du 24 mars comme du jour où l'eau est morte", raconte Gary Kompkoff, de Talitek, un des nombreux villages de pêcheurs touchés par la marée noire. Et d'ajouter: "Le temps panse les plaies, mais celui-ci ne refermera pas les plaies qu'Exxon a causées il y a dix ans".
Depuis le jour fatidique, seules deux espèces se sont complètement tirées d'affaire sur les 23 touchées par la marée noire.
Les scientifiques travaillant pour le compte d'Exxon assurent que la vie marine est redevenue normale et insistent sur les causes naturelles, telles le réchauffement des eaux dû à El Nino, pour expliquer les avatars de la faune et de la flore locale. N'empêche que les groupes d'orques se reproduisent mal et la taille des loutres marines a diminué. Par ailleurs, si la population de harengs, qui forment la base de la chaîne alimentaire, a recouvré ses niveaux d'avant 1989, beaucoup de poissons montrent des déformations préoccupantes.
Le pétrolier américain, pour avoir bonne conscience, a déboursé jusqu'à aujourd'hui plus de 2,3 milliards de Dollars pour nettoyer les côtes de l'Alaska et versé 300 millions de Dollars aux victimes directes de la catastrophe.


La loi contournée


Après la catastrophe de 1989, la Justice américaine a condamné Exxon Valdez à payer la somme de 5 milliards de Dollars de domages-intérêts. Jusqu'à ce jour aucun sou n'a été déboursé par la compagnie. Cette dernière a bloqué la somme sur un compte spécial.
Et les intérêts générés se montent a quelque 3,5 milliards de Dollars. Encore deux ou trois autres années et ces intérêts représenteront 5 milliards de Dollars, soit la somme de départ.
Cela voudra dire, explique l'avocat des plaignants locaux, M. Lewis Goldberg, que même si le groupe paie les dommages-intérêts punitifs il n'aura pas déboursé un Centime. Astucieuse procédure pour contourner la loi.


Abdelaziz MEFTAH (AFP)



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