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Gouvernement d’entreprise: La vision Aglietta

Par L'Economiste | Edition N°:2291 Le 05/06/2006 | Partager

. L’entreprise n’est pas la propriété de ses actionnaires. C’est un domaine d’administration du capitalMichel Aglietta est professeur de sciences économiques à l’Université Paris-X Nanterre et conseiller au centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII). Auteur de plusieurs ouvrages, dont «Régulation et crise du capitalisme» et «Dérives du capitalisme financier», il est également fondateur de l’école de la régulation. Expert mondial des marchés financiers, Aglietta était l’invité de la CDG.L’entreprise doit-elle être fondée sur la seule base de l’intérêt de ses actionnaires? Non, répond l’économiste Michel Aglietta. Le célèbre universitaire a animé, vendredi dernier à Rabat, une conférence sur «le capitalisme et le gouvernement d’entreprise». Cette rencontre, à laquelle ont assisté Fathallah Oualalou, ministre des Finances, et Mustapha Bakkoury, directeur général de la CDG, a inauguré l’assemblée constitutive de l’Association marocaine des sciences économiques -AMSE- (voir encadré). Pour Aglietta, éviter des scénarios catastrophes comme celui d’Enron et faire en sorte que l’entreprise maintienne ses équilibres financiers suppose une gestion partenariale intégrant l’ensemble des parties prenantes dans la création de la valeur et non seulement les actionnaires. Cette conclusion se base sur la nature même de l’entreprise. A la théorie juridique définissant celle-ci comme un objet de propriété dont les sujets sont les actionnaires, Aglietta préfère l’idée selon laquelle le capital n’est pas un objet de souveraineté, mais une valeur qui se valorise.Pour lui, la première conception est une dynamique financière déséquilibrante. «La norme de gestion appelée valeur actionnariale qui en découle impose aux entreprises de rechercher un rendement des fonds propres (ROE) supérieur systématiquement au rendement d’équilibre des marchés», a-t-il expliqué.La recherche de la valeur actionnariale incite donc à l’appréciation spéculative des marchés boursiers: hausse des prix des actifs au-delà de leur valeur fondamentale (bulle spéculative). Elle est aussi alimentée par la croissance externe (OPA et OPE), ce qui explique la montée en puissance des fusions acquisitions, dont une bonne moitié est un cuisant échec. La sous-évaluation du risque que cette recherche entraîne se traduit par des scandales financiers (comme celui d’Enron), ou par une réduction du coût du crédit, levier d’endettement. Et tout retournement des prix d’actifs entraîne une restructuration des bilans. Après l’euphorie, des lendemains qui déchantent. La priorité est dans ce cas accordée au désendettement. Pour maintenir le rendement des actionnaires, malgré les pertes en capital, l’entreprise augmente ses dividendes. S’en suit une réduction puis une faible progression de l’investissement net et une pression continue sur les coûts salariaux pour augmenter le taux de marge. Cela explique à bien des égards le vaste mouvement de délocalisations mené de par le monde. «L’alternative est dans la reconfiguration du mode de gouvernance qui devra être partenarial», tranche l’économiste. L’entreprise devient un domaine d’administration du capital, sous la responsabilité d’une personne morale, un droit d’administration et une organisation collective. La coordination fait de l’entreprise un lieu de pouvoir. Ce pouvoir s’exerce selon une norme de gestion élaborée par les organes dirigeants et non pas imposée par un mécanisme financier extérieur.«Les partenaires de l’entreprise qui contribuent à la valorisation du capital portent des intérêts multiples qui se manifestent dans des pouvoirs et des contre-pouvoirs. Le Conseil d’administration doit former un intérêt collectif en élaborant par délibération un objectif commun», a recommandé Aglietta. Cela se traduit par un contrôle actionnarial externe et a posteriori ainsi qu’une imposition des intérêts particuliers des managers enracinés. Pour cela, les investisseurs de long terme doivent être actifs dans les assemblées générales, mais aussi donner des directives à leurs délégués dans les conseils d’administration.


AMSE

L’Association marocaine des sciences économiques est constituée d’un bureau exécutif de sept membres et d’un conseil d’administration de 18 membres. Sa création répond à un double souci. Le premier concerne l’accompagnement de la vitalité du paradigme économique et les relations de plus en plus intenses entre les découvertes théoriques et politiques au plan international.Le deuxième souci renvoie à la carence des dispositifs de coordination et d’organisation de la discipline au niveau national.Pour s’acquitter des missions d’information et d’échange qu’elle s’est fixées, l’association s’est dotée d’une structure d’édition (Presses universitaires du Maroc), d’un annuaire des économistes marocains et d’une revue marocaine d’économie. Egalement parmi les objectifs de l’AMSE, l’élaboration régulière de rapports sur l’état de l’économie marocaine. Un prix de thèse, récompensant les meilleures thèses de doctorat en sciences économiques soutenues au Maroc, est aussi dans le pipe.Tarik QATTAB

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