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Politique Internationale

Gibraltar: Pour une histoire de drogue et de poisson....

Par L'Economiste | Edition N°:457 Le 05/03/1999 | Partager

Pour Madrid, la crise actuelle à propos de Gibraltar est une affaire de drogue et de trafic. Pour Londres, c'est plutôt une histoire de poisson. Pour les analystes enfin, ce ne sont là que les prémisses de négociations sur le statut final du Rocher.


Entre Londres et Madrid, le torchon brûle. Le rocher de Gibraltar, territoire britannique, enrage le gouvernement espagnol. Ce dernier estime que Gibraltar, avec 53.000 sociétés anonymes pour 30.000 habitants, est devenu un refuge pour l'évasion fiscale, le blanchiment d'argent et le trafic de drogue. Madrid a notamment transmis à Tony Blair, Premier ministre britannique, un document sur Gibraltar.

Trafics illicites


Ce rapport, cité par El Mundo, reproche notamment "l'opacité financière existant dans la colonie britannique, qui a converti le rocher en une véritable infrastructure financière et bureaucratique d'importants trafics illicites".
Un porte-parole du Foreign Office a indiqué, mercredi soir, que l'ambassadeur britannique à Madrid, Peter Torry, devait "très probablement" apporter une réponse à ces accusations auprès du gouvernement espagnol, hier jeudi.
Cependant, le Premier ministre de Gibraltar, Peter Caruana, n'a pas attendu cette réponse pour crier haut et fort la sienne.
Dans une interview diffusée par la chaîne espagnole TeleCinqo, M. Caruana s'en est pris à ce qu'il a appelé "une campagne de calomnie". "C'est une caricature de criminalité, une campagne d'image pour discréditer Gibraltar et justifier devant l'opinion publique les mesures antidémocratiques et antieuropéennes prises par Madrid, comme le blocage de la frontière". Selon lui, Gibraltar est le mieux régulé et le mieux supervisé de tous les centres financiers internationaux, et les sociétés qui y sont domiciliées sont identiques à celles de Dublin, de Jersey ou de l'île de Man. Les griefs cités par Madrid ne sont donc que des prétextes pour faire pression sur Gibraltar pour d'autres dossiers.
Pour les analystes, la crise a en effet une forte odeur de poisson. Les accrochages actuels font suite à l'arraisonnement en janvier par la police de Gibraltar d'un chalutier andalou. Normal pour Gibraltar, puisque la colonie estime que les eaux autour du rocher sont de sa juridiction. L'Espagne conteste et ordonne en représailles un renforcement des contrôles au "poste frontière" avec Gibraltar.

Discussions Blair/Aznar


En fait, plus que des affaires de poisson ou de drogue, la crise actuelle est pour beaucoup la crise du statut actuel de Gibraltar. Madrid revendique sa souveraineté sur le rocher situé à l'extrême Sud de la péninsule ibérique et cédé à perpétuité par l'Espagne au Royaume Britannique en 1713.
Cette revendication sera au coeur des discussions qui réuniront les 10 et 11 avril prochains Tony Blair et José Maria Aznar autour du statut de la presqu'île. Des discussions qui promettent d'être sulfureuses.

Ghassan KHABER

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