×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Gharb-Chararda-Beni Hssen
Riche mais tellement pauvre!

Par L'Economiste | Edition N°:2334 Le 04/08/2006 | Partager

. Sa population est la plus pauvre du Maroc. La région peine à se positionner dans l’agroalimentaire. L’immobilier connaît, lui, un vrai boomLa région du Gharb déborde de richesses agricoles, mais ne sait nullement en profiter. C’est bien connu, le secteur de base au Maroc génère une valeur ajoutée dérisoire par rapport à l’effort fourni. Surtout quand la matière première est exploitée ailleurs que sur son lieu de production, ce qui est effectivement le cas dans la région.Dans le plan Emergence, la région est également classée comme principal pôle pour l’agroalimentaire. Seulement, l’infrastructure industrielle nécessaire à la transformation de la production n’y est pas disponible. Or, c’est le seul moyen de faire profiter la région de ses ressources.Les chiffres illustrent bien ce déséquilibre. En effet, cette région de 1,86 million d’habitants compte plus de 62% de population active, l’un des taux les plus forts dans le Royaume. Elle ne génère toutefois qu’un chiffre d’affaires d’un peu plus de 5 milliards de DH, l’un des plus faibles! Résultat: c’est la région qui compte le plus de population défavorisée au Maroc avec un taux de pauvreté de 20,5%(1). Actuellement, la région est en pleine mutation et de nouvelles tendances économiques commencent à y apparaître. Au Centre régional d’investissement (CRI), basé à Kénitra, chef-lieu de la région, on note d’abord une grande hausse dans la création des entreprises. En 2005, le centre a enregistré la création de plus de 1.300 entreprises avec un montant global d’investissement de 377 millions de DH. Cette année, près de 1.086 créations sont enregistrées pour le seul premier semestre 2006 avec un investissement total de près de 380 millions de DH. Les secteurs dominants restent, naturellement, les services et le commerce avec des taux respectifs de 44% et 42%. Et c’est le secteur des bâtiments et travaux publics (BTP) qui leur emboîte le pas avec 7,7% de créations et plus de 65 millions de DH d’investissement.L’industrie agroalimentaire, sur laquelle table le gouvernement, n’attire pas grand monde avec seulement 6 nouvelles créations et 5 millions de DH d’investissement. Ce qui rend pressante la mise en place de mesures incitatives afin de réorienter l’investissement. Et pour cause, l’investissement dans les BTP est particulièrement l’œuvre de sociétés venant des villes avoisinantes, Rabat et Salé. La ville de Kénitra attire ces grands projets grâce à un atout majeur: le prix du foncier. Selon le CRI, celui-ci ne dépasse pas les 1.500 DH/m2 en plein centre-ville. En comparaison avec la capitale qui affiche les prix du m2 à 13.000 DH, le choix des promoteurs est vite fait, surtout que seule une quarantaine de kilomètres sépare les deux villes. Actuellement, un grand projet immobilier est entrepris par des promoteurs marocains. Il s’agit d’un complexe d’habitats moyen standing qui s’étend sur 4 hectares et dont le montant d’investissement est de 240 millions de DH. Cette ruée vers l’immobilier est, toutefois, inquiétante pour l’avenir de Kénitra. Le désordre urbanistique est à prévoir si l’agence urbaine ne prend pas en main le suivi des projets de très près. Sa tâche serait quand même plus laborieuse, vu le grand nombre et la simultanéité des créations. Mais c’est plus la fonction urbanistique que risque de prendre la ville qui doit être contrôlée. Le plus grand danger étant sa transformation en ville-dortoir: les nouveaux habitants garderont leurs habitudes de consommation dans les villes où ils exercent leurs activités et rentreront à Kénitra le soir sans apporter aucune valeur ajoutée à la ville!Mais au-delà de ces tendances, le CRI recense d’autres secteurs porteurs. Pour Jamal Attari, directeur, «la région peut marcher sur ses deux jambes». «Cette image de terre agricole dont elle est affublée éclipse ses autres atouts qui sont pourtant multiples», poursuit Attari, ajoutant qu’il «faut actuellement focaliser sur les projets à forte valeur ajoutée. Le tourisme par exemple qui peut profiter avant tout du large littoral de140 km de la région. Encore peu exploité, celui-ci est actuellement ciblé par plusieurs projets. Le premier est étranger et concerne un grand complexe touristique qui sera implanté sur le site de «Chlihat», sur une superficie de 1.000 hectares. Le deuxième cible, pour sa part, la plage de Moulay Bouselham sur un site de 600 hectares.Mais plus que d’attirer les capitaux privés, la région a aussi besoin de l’attention des pouvoirs publics pour la mise en place de grands projets structurants dont elle manque actuellement. L’Etat a beaucoup investi dans la région pendant les années 70 en réalisant de grandes infrastructures: barrages (Al Wahda, El Kansra, Idriss 1er, Allal El Fassi et Oued El Makhazin), usines (Cellulose du Maroc notamment) ou encore l’université qui regroupe les facultés des sciences et des lettres.«Avec cela, l’Etat estime que la région a eu sa dose de grands projets. Or, elle a actuellement besoin d’infrastructures pour accueillir de nouveaux métiers et de nouveaux secteurs. L’offshoring par exemple, puisqu’une grande partie de la population urbaine dispose des qualifications requises», explique Attari.Au CRI, on indique également que ce sont les espaces d’accueil qui font défaut à la région. Celle-ci dispose de zones industrielles. La plus importante a été aménagée dans les années 80 mais connaît de sérieux problèmes d’exploitation qui font fuir les investisseurs. Le centre est d’ailleurs en train d’étudier les opportunités de création d’une nouvelle zone industrielle mais qui ferait plutôt dans le surmesure. Aussi des études sont menées actuellement par un cabinet d’études pour sonder les investisseurs potentiels et même les entreprises en place et définir les critères que devra adopter ce nouvel espace d’accueil.


Une région qui nourrit le Maroc

L’agriculture est le secteur dominant dans la région du Gharb. Celle-ci contribue à la production nationale à hauteur de 100% pour la production du riz, 80% pour le tournesol, 33% pour les agrumes, 74% pour le fraisier, 29% pour le bananier et 17% pour le lait.Et pour cause, la région compte le plus grand périmètre irrigué du pays avec 107.400 hectares.D’autres secteurs y sont également développés comme la pêche maritime concentrée dans le port de Mehdia. Les quantités qui sont débarquées dépassent les 3.000 tonnes par an et sont d’une valeur de 27 millions de DH. Ichrak MOUBSIT(1) Rapport du Haut-Commissariat au plan, décembre 2005

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc