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    Gestion de production : Gecotex adopte le "juste à temps"

    Par L'Economiste | Edition N°:191 Le 03/08/1995 | Partager

    Innover en matière de production et de management peut être rentable au Maroc. Gecotex, société marocaine de textile a, grâce au "juste à temps", réussi à réduire son temps de production. Cette initiative est originale dans un secteur surtout connu par ses méthodes de production à la manière des "Temps modernes" et ses conditions de travail archaïques


    Gérer la production en "juste à temps" dans une entreprise industrielle japonaise ou américaine n'est peut-être plus original. Développée dans les années 50 par les Japonais, cette méthode de gestion figure depuis dans les ouvrages spécialisés de tous les pays du monde. Par contre, adopter le "juste à temps" dans une entreprise marocaine, qui de plus est une société de textile, l'information devient à cet instant plus intéressante. Intéressante car la démarche juste à temps est, pour résumer, basée sur le rejet des spécialisations traditionnelles liées à la parcellisation du travail. Or, c'est dans les entreprises de confection que le taylorisme est à son summum.
    L'entreprise marocaine qui a relevé ce défi est la société Gecotex, filiale marocaine du groupe français Rousseau. Les mauvaises langues pourraient expliquer cette démarche par des directives de la maison mère. Les responsables de Gecotex précisent que l'initiative a été prise localement. Ils ajoutent par ailleurs que la filiale marocaine aurait pris de l'avance sur la maison mère.
    En mettant en place deux "îlots" de production en juste à temps Gecotex a prouvé qu'il était possible de travailler en pièce à pièce moyennant une certaine réorganisation et une maintenance très rigoureuse du parc machines.

    Gains de productivité

    En attendant de généraliser l'expérience d'ici 1996, deux unités de production en juste à temps ont été mises en place avec succès, l'une pour les chemises (l'unité saphir) et l'autre pour les pyjamas (l'unité émeraude). Outre les gains sur la non-qualité, les avantages des techniques se mesurent également en terme de productivité. Ainsi, le temps de production a été réduit de plus de 20% pour les chemises et de presque 23% pour les pyjamas.
    Le succès de cette démarche s'explique également par la motivation du personnel. "La motivation est à la fois une condition et une résultante", est-il précisé. Cette motivation a été obtenue tout d'abord par des conditions de travail moins stressantes. A l'inverse des chaînes habituelles de 300 personnes qui travaillent dans l'anonymat, l'unité saphir par exemple est organisée en une équipe de 30 ouvrières.
    Ensuite, à la différence de l'excessive spécialisation qui caractérise la production standardisée, l'ouvrière qui confectionne une partie de la chemise en juste à temps est polyvalente et elle peut suivre du regard l'objet de son travail. Elle est plus responsabilisée. Autre facteur de motivation: les rémunérations. Les équipes "juste à temps" reçoivent en fonction de leurs performances des primes globales qu'elles se partagent.

    "En fait, il nous serait impossible d'expliquer rationnellement comment ces équipes donnent de meilleurs résultats", tient à souligner M. Ahmed Benabadji, le directeur général sortant de Gecotex. Cette anecdote résume la situation: à 17 heures 30, lorsque la sirène de Gecotex se déclenche, annonçant la fin de la journée de travail, toutes les ouvrières rentrent chez elles, sauf celles des unités juste à temps qui préfèrent poursuivre le travail.
    Parallèlement à la méthode juste à temps, une démarche qualité totale est également menée dans la société.
    En fait, les deux démarches sont étroitement liées, la production en flux tendus est basée sur ce que l'on appelle le "zéro défaut". Ce dernier suppose tout d'abord un contrôle très rigoureux des processus de production, et donc des machines, pour éviter toute défectuosité. Par ailleurs, cette qualité totale implique également un contrôle rigoureux de la matière première et des composants pour éviter l'entrée de tout composant défectueux dans le processus de production. Gecotex a à ce niveau dû centrer son effort sur le contrôle d'entrée. Peu de fournisseurs au Maroc sont certifiés normes ISO. La société affirme se montrer plus vigilante quant au contrôle de la matière première.
    L'aboutissement de cette démarche qualité pourrait être la certification ISO 900; "l'avantage de la certification est qu'elle permet de donner un cadre, mais elle n'est pas obligatoire", est-il précisé.
    Enfin, autre élément qui a pu être déterminant dans le succès des démarches qualité et juste à temps: "Le Maroc, à l'instar du Japon et à la différence de pays européens aux traditions syndicales fortement ancrées, permet une certaine souplesse au niveau des relations sociales. Ici, les gens sont toujours prêts à essayer de nouvelles choses", ajoute A. Benabadji. Ce climat propice au changement explique en quelque sorte comment la filiale marocaine du groupe Rousseau est dans ce domaine en avance par rapport à la maison mère.

    Mohamed BENABID.

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