×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Entreprises

Gazoduc Maghreb-Europe : Des marchés de 800 millions de Dollars à conquérir par les entreprises marocaines

Par L'Economiste | Edition N°:67 Le 18/02/1993 | Partager

Le Gazoduc Maghreb-Europe sera opérationnel fin 1995. Son passage sur le territoire marocain et par le Détroit de Gibraltar nécessitera un financement de 800 millions de Dollars. Pour ces marchés, priorité sera accordée aux entreprises marocaines à compétences égales.

"Les échéances jusqu'à présent ont été respectées. Nous veillerons au respect du nouveau calendrier", affirme le ministre de l'Energie et des Mines, M. Driss Aloui M'Daghri, lors de la conférence de presse qui s'est tenue le 16 Février. Face à une salle qui ne cessait de s'interroger sur l'aboutissement du projet, les trois ministres (marocain et algérien de l'Energie et espagnol de l'Industrie), à tour de rôle, ont affirmé que les intérêts de construction du gazoduc sont tellement forts et ancrés qu'ils dépasseront n'importe quel problème politique "conjoncturel" pouvant éventuellement survenir.

Le lancement des travaux sur le terrain est prévu pour Avril 1993. Le premier appel d'offres concernera la station de compression sur la frontière algéro-marocaine . L'équipement principal d'une telle station est constitué de groupes turbo-compresseurs. Ceux-ci, en nombres variables, servent à comprimer le gaz et ainsi à le faire circuler dans le gazoduc. La station est complétée par des installations type local de contrôle, atelier et bâtiment administratif. L'autre station de compression est prévue à Tanger.

Mais, à terme, deux stations supplémentaires sont prévues à Taza et à Ouazzane.

La société qui coiffe les travaux est Métragaz . Elle a été créée en Juillet 1992 et sa durée de vie est de trois années. Lorsque cette période sera achevée, une autre société devrait voir le jour pour l'entretien et l'exploitation du Gazoduc. Les actionnaires de Métragaz sont la société de gaz espagnole, Enagaz et la SNPP. Le montant du capital n'est pas très significatif puisque c'est Enagaz qui se charge du financement. Elle est jusqu'ici le seul actionnaire de la société d'investissement EMPL créée à cet effet. Dans le cas où GDF (Gaz de France) demanderait à être approvisionnée par le biais du Gazoduc, celle-ci participerait à l'investissement suivant sa quote-part ou bien paierait un droit de passage à Enagaz.

Le coût du projet est de 1,7 milliard de Dollars pour l'ensemble du projet dont 800 millions de Dollars pour le tronçon marocain et le Détroit de Gibraltar. Deux marchés ont déjà été conclus concernant les études de détail. Le premier marché relatif aux études de la ligne de passage du gazoduc a été confié au groupement Serand-OTP-EIE Guides Maroc. Le second marché, concernant les études relatives aux Stations de Compressions, a été décroché par le groupement Initec-Tecnicas Reunidas avec la participation des sociétés marocaines: Maroc Développement, SOMET, STAIP et la Fiduciaire du Maroc.

Pour les appels d'offres de la partie du gazoduc sur le territoire marocain et celui du Détroit, une priorité sera accordée aux entreprises marocaines à compétences similaires avec les entreprises étrangères.

Les travaux généreront 3 milliards d'heures de travail pour les deux prochaines années. Les travaux de terrassement et de remise en état concerneront 3 milliards de m3. " Une performance technologique sera acquise lors de la traversée sous-marine", a précisé M. Mohammed Es-Sdiqui, président de Métragaz et Directeur général de la SNPP. Celle-là nécessitera 300.000 tonnes d'acier.

Le projet devra également encourager le transport routier, puisque le transport des équipements et des matériaux au Maroc concernera 100 millions de tonnes par Kilomètre de gazoduc.

La longueur totale du gazoduc sera de 1.370 kilomètres avec une capacité de transport pour une première phase de 10 milliards de m3 par an. La deuxième phase portera ce volume à 20 milliards de m3 par an . La consommation actuelle de l'Espagne est de 6 milliards de m3 par an.

Le Maroc s'approvisionnera à partir du Gazoduc en contrepartie du droit de transit pour une partie de ses besoins. Pour l'autre partie, les prix de vente seront fixés d'un commun accord entre le Maroc et l'Algérie. C'est ainsi que le Maroc consommait en 1988 1 milliard de m3 de gaz naturel. Cette consommation devrait être portée à 1,5 milliard en l'an 2000 et 3,5 en l'an 2010.

Les utilisateurs seront, par ordre prioritaire, le secteur de l'électricité puis l'industrie et enfin, les résidences et le tertiaire. Le tracé du Gazoduc sur le territoire marocain tient compte de l'approvisionnement du marché, puisque celui-ci traverse les régions de Guercif, Taza, Ksar El Kébir et Tanger. Aussi, un gazoduc intérieur serait construit pour alimenter la région de Kénitra et de Jorf Lasfar. Une étude de faisabilité sera entamée pour déterminer son volume potentiel.

C'est ainsi que l'ONE prévoit la conversion des 4 groupes de 75 Mégawatts de Kénitra et les deux tranches de 100 Mégawatts de Mohammédia qui fonctionnent actuellement au fuel oil. Les délais de réalisation ne sont pas encore fixés. Est également au programme la construction de deux turbines à gaz à cycles combinés pour l'horizon 1997 et 1998. Cette centrale devrait utiliser 500 millions de m3 par an.

Laïla TRIKI

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc