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Economie Internationale

GATT: L'Europe avalise l'accord agricole de Washington

Par L'Economiste | Edition N°:56 Le 03/12/1992 | Partager

L'accord sur le volet agricole du GATT(1), conclu le 20 Novembre à Washington par les deux négociateurs européens, MM. Frans Andriessen et Ray MacSharry, a reçu, Mercredi 25 Novembre, l'aval de la Commission de Bruxelles.
Un rapport de dix pages, rendu public le même jour, stipule que le compromis de Washington est, en effet, compatible avec la PAC (Politique Agricole Commune). Il démontre produit par produit que les engagements pris aux Etats-Unis forment "un tout cohérent" avec la Politique Agricole Commune.
Le texte précise en outre que "le projet d'accord de Washington apporte une innovation essentielle" dans le sens où "il consacre pour la première fois la reconnaissance de la politique agricole commune dans ses règles juridiques".

En France, M. Bérégovoy, jugeant "inacceptables" les conséquences de l'accord de Washington, a demandé une réunion rapide du Conseil des ministres de la Communauté. Devant le Sénat, le Premier Ministre français a expliqué que son gouvernement "refuse de paralyser la négociation au Gatt" en utilisant immédiatement son droit de veto.
Il cherche plutôt "à convaincre ses partenaires" du bien-fondé de sa position, a déclaré Mme Elisabeth Guigou, Ministre des affaires européennes.
Après l'avoir bien reçu, dans un premier temps, la Belgique, l'Italie et l'Espagne ont émis de sérieuses réserves sur le compromis agricole de Washington.
Ces trois pays semblent prêts à rejoindre le discours de fermeté français. A Paris, ce ralliement a été perçu comme un début prometteur.
S'alignant sur la France, le gouvernement belge a également demandé la convocation d'urgence d'un Conseil des Ministres conjoint de l'Agriculture et des Affaires de la CEE.

Un communiqué du Premier Ministre belge précise "que le gouvernement partage la réoccupation des agriculteurs, revendiquant, à juste titre, que les négociations du Gatt ne remettent pas en question la politique agricole commune, ce qui demanderait des efforts trop importants des agriculteurs".
En Italie, le Président du Conseil italien, M. Giuliano Amato, a déclaré, Vendredi 27 Novembre, que la position de son pays sur le dossier agricole du Gatt "n'est pas différente de celle de la France".
L'Espagne, quant à elle, défend la France. Selon le ministre espagnol des Affaires Etrangères, M. Javier Solana, "il ne paraît pas bon que la France subisse des conséquences dommageables ou inacceptables pour sa sociÈtÈ".
Reste à convaincre l'Allemagne de se ranger dans le camp de ses partenaires européens.
C'est dans cet objectif que M. Mitterrand rencontre aujourd'hui et demain, à Bonn, le Chancelier allemand Helmut Kohl, qui a fait savoir par un porte-parole qu'il ne jouerait pas "un rôle de médiateur" entre la France et le reste du monde.

(1) Cf L'Economiste du Jeudi 16 Novembre (n° 55) p.36

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