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    Frumat: Deux unités en stand-by

    Par L'Economiste | Edition N°:269 Le 27/02/1997 | Partager

    Deux unités de Frumat sont aujourd'hui à l'arrêt. A l'origine, des "appétits" de prix de début de campagne qui ne correspondent pas au prix du produit fini. L'éternel dilemme de la société: la non-maîtrise des approvisionnements.


    Si la campagne 95/96 a été pour Frumat "nettement meilleure" que la précédente, celle qui est en cours est considérée faible, voire "mauvaise". M. Abdelhamid Bousta, administrateur délégué de Frumat, ne cache pas son insatisfaction. A l'origine, tout d'abord la baisse du tonnage de la production d'agrumes de l'actuelle campagne (1,1 million de tonnes contre 1,4 million en 95/96), mais aussi la baisse des cours du concentré. Ceux-ci sont passés de 1.500 Dollars/tonne l'année dernière à 1.000 aujourd'hui.
    De plus, explique M. Bousta, "lorsque nous avions approché les producteurs en début de campagne, les prix que nous pouvions offrir se sont révélés trop faibles par rapport aux prix du marché intérieur". Aussi, ajoute-t-il, "au lieu d'acheter la matière première à un niveau inférieur auquel les producteurs peuvent l'écouler sur le marché local ou à l'export, pour fabriquer un produit qui sera déficitaire car les cours du concentré sont très bas, nous avons décidé de mettre en stand-by deux de nos usines". Il s'agit des unités d'Aïn-Sébaâ et de Taroudant. De par leur polyvalence, les deux autres usines (Kénitra et Roches-Noires) continuent. Cette situation met ainsi en exergue l'un des plus grands problèmes de Frumat, mais aussi de l'ensemble du secteur agro-alimentaire: la non-garantie des approvisionnements.

    Solution de fond


    Pour M. Bousta, "nous ne pouvons disposer d'une industrie agro-alimentaire compétitive, d'un niveau européen, si nous ne maîtrisons pas la matière première".
    Si la campagne des précoces a été "ratée", reste celle des tardives avec la Maroc Late (variété utilisée à 95% par les industries de transformation). Les prévisions sont d'ailleurs optimistes sur le plan de la qualité et de la quantité.
    Selon M. Bousta, la restructuration de Frumat a toujours été considérée comme nécessitant trois éléments. Le premier concerne une restructuration interne, à savoir une réorganisation et une adaptation aux évolutions du marché. Le deuxième a trait à une restructuration financière pour réduire l'endettement et les frais financiers. La sécurisation des approvisionnements constitue le troisième élément qui nécessite une solution de fond: l'intégration. Lors de la première opération de restructuration qui a eu lieu en 1992, les deux premiers volets ont été, selon M. Bousta, "parfaitement maîtrisés et réussis". L'endettement de l'entreprise a été réduit de manière significative. La dette bancaire s'élevait à 350 millions de DH, dont 80% de court terme et 20% de long terme. Aujourd'hui, l'endettement est à moins de 200 millions de DH, dont 80% à long terme et 20% à court terme. "Nous avons complètement inversé la structure de notre dette pour augmenter les capitaux permanents de la société". De leur côté, les frais financiers sont passés de 50 millions à 25 millions de DH.

    Pour ce qui est de la campagne 95/96, le chiffre d'affaires de la société s'est élevé à près de 245 millions de DH, soit 20% de plus que celui de l'année précédente. En outre, pour la première fois, depuis trois ou quatre ans, Frumat a réalisé un cash-flow positif de plus de 25 millions de DH et un résultat net comptable légèrement négatif de 10 millions de DH, tenant compte d'un amortissement de 35 millions de DH. A ces résultats s'ajoutent la réduction des frais financiers et la compression des charges. La société a achevé la campagne avec un niveau d'approvisionnement relativement inférieur à la moyenne, "mais trois fois plus que celui de 1994/95, année catastrophique", souligne M. Bousta. Durant la saison 95/96, 96.000 tonnes de matière première ont été transformées (contre 35.000 tonnes en 94/95), ce tonnage restant inférieur au seuil de rentabilité de la société qui se situe entre 120 et 130.000 tonnes.
    De plus, les producteurs ont "fait des sacrifices" sur le plan des prix de la matière première avec 300 DH la tonne contre 500 DH l'année d'avant.
    En 1995/96, Frumat a produit près de 8.000 tonnes de concentré, 7 millions de litres de pur jus, 4,5 millions de litres de boissons et nectars, 8.500 tonnes de pulpe séchée (pour aliment de bétail) et 250 tonnes d'huiles destinées essentiellement à l'export.

    Un demi-litre de jus / habitant/an


    Paradoxe: grand producteur d'oranges, le Maroc ne consomme que près d'un demi-litre de jus par habitant et par an. A comparer avec la France qui en consomme 13 litres, l'Allemagne 35 ou encore les Etats-Unis 45 litres. Mais cela n'empêche pas le marché des jus de fruits de s'élargir. Ce marché en pleine croissance commence de plus en plus à faire saliver les professionnels. Face à l'importation, les producteurs locaux ripostent en s'adaptant au goût du consommateur. Au niveau mondial, les jus de fruits sont devenus les produits les plus en vue de l'agro-alimentaire. Parmi les conserves de fruits, les jus sont ceux qui ont connu la croissance la plus remarquable au cours de ces dernières années. L'offre mondiale s'élève à 5 milliards de Dollars, représentant 50% de l'offre de conserve de fruits. Au Maroc, la sous-branche des jus de fruits occupe une place privilégiée au sein des conserves végétales.

    Selon le bulletin d'information de la BMCE Bank de février 1997, elle se positionne au second rang en terme de production (après celle des conserves d'olives) avec une part de 27,5% dans la production totale. Les jus d'agrumes sont commercialisés soit naturels, soit sous forme de concentré avec différents arômes. "Les plus fortes ventes se réalisent sur les jus de clémentines et de citrons pasteurisés, les jus d'oranges, les jus de pamplemousse, ainsi que les jus d'ananas et cocktails exotiques", avance le bulletin d'information. La production en 1995 a atteint 5.262 tonnes pour une valeur de 60,8 millions de DH pour les jus de clémentines et 238 tonnes pour 1,7 million de DH pour les jus d'oranges.
    Si aujourd'hui le marché marocain du jus de fruits est en plein développement et ses perspectives d'avenir importantes, reste à lever nombre de handicaps. Il s'agit surtout de l'irrégularité des approvisionnements en matières premières. Problème qui se pose avec acuité non seulement pour les industries de transformation, mais aussi pour l'ensemble du secteur agro-industriel.


    Meriem OUDGHIRI

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