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Economie

Forum mondial de l'eau
La planète se dessèche

Par L'Economiste | Edition N°:1478 Le 18/03/2003 | Partager

. Le Maroc se classe dans les dernières positions en termes de disponibilité en eau par personne . Le rapport de l'Unesco dénonce l'inertie politiqueLe Forum mondial de l'eau s'est ouvert le 16 mars à Kyoto au Japon sur un constat alarmant. La moitié de la population mondiale manquera d'eau potable en 2025 contre 30% actuellement.Face à «l'inertie des dirigeants«, la crise mondiale de l'eau prendra dans les années à venir une ampleur sans précédent, avec «une augmentation du déficit par tête dans de nombreux endroits du monde en développement«. C'est ce qui ressort d'un rapport de l'Unesco rendu public quelques jours avant l'ouverture du troisième Forum mondial de l'eau, qui se poursuivra jusqu'au 23 mars. Ce rapport constitue l'analyse la plus complète et la plus à jour sur l'état des ressources en eau. Il sera une base de travail pour les intervenants du forum.Le document commence d'abord par décrire la situation sur le terrain. Aucune région ne sera épargnée par l'impact de la crise de l'eau qui touche tous les aspects de la vie, de la santé des enfants à la capacité des pays à nourrir leurs citoyens«, est-il indiqué dans le rapport. Les ressources en eau continuent de diminuer de manière constante. «Celles-ci sont en chute libre, au moment où la demande augmente de façon dramatique. Au cours des vingt prochaines années, il y aura une diminution d'un tiers, en moyenne, de l'eau disponible par personne dans le monde«, précise le rapport. Sont à l'origine de la crise la croissance démographique, la pollution et le changement climatique. A l'origine de la crise aussi les problèmes de comportement et l'absence d'une réactivité en temps utile de la part des dirigeants. Actuellement, de nombreux pays se trouvent donc dans une situation difficile. Le rapport classe plus de 180 pays et territoires selon leurs ressources renouvelables en eau disponible par individu. A savoir l'eau circulant en surface, sous la surface ou plus profondément. Les plus pauvres en eau sont le Koweït (avec un coefficient de disponibilité en eau par personne et par an de 10 m3), la Bande de Gaza (52 m3) et les Emirats arabes unis (58 m3). Le Maroc, lui, arrive en 155e position avec 971 m3. Le rapport traite aussi des pays riches en eau. C'est la Guyane qui détient la première place avec 812.121 m3 par an et par individu, suivie de l'Islande (609.319 m3). Quant aux ressources mondiales d'eau douce, les responsables estiment que vers l'an 2050, 7 milliards de personnes dans 60 pays seront confrontées à une pénurie d'eau. Ce nombre varie selon des critères tels que la croissance de la population et les décisions politiques. Un classement est ainsi fait par les rédacteurs du rapport de 122 pays selon des critères allant de la qualité de leur eau à leur capacité et volonté d'améliorer la situation. La Belgique est la plus mal classée en raison des faibles quantités et qualités de ses eaux souterraines, en plus d'une importante pollution industrielle et un mauvais traitement des eaux usées. Le Maroc occupe la deuxième position. En dépit de sa politique des barrages, le pays reste tributaire des conditions atmosphériques. En effet, le Maroc ne réussit toujours pas l'équation du bon développement industriel et économique et de la préservation de l'environnement, notamment ses réserves en eau. Il n'existe toujours pas une vraie politique de recyclage des eaux usées. Mais le rapport va plus loin. Environ 20% des raisons derrière l'augmentation des problèmes d'eau seraient dus aux changements climatiques. L'impact de ce facteur est incertain. Mais selon les spécialistes, les précipitations augmenteront probablement à partir de latitudes 30° nord et 30° sud vers les pôles correspondants. Plusieurs régions tropicales et subtropicales connaîtront aussi des chutes de pluies inférieures à celles de la situation actuelle. Il est aussi probable qu'inondations, sécheresses, glissements de terrain, typhons et cyclones soient plus nombreux.


Une «taxe Tobin« sur l'eau

Une idée fait son chemin dans le monde, celle d'une légère surtaxe ou d'une contribution volontaire des consommateurs d'eau du Nord au profit des pays du Sud. «Cette pratique est déjà appliquée dans au moins sept pays«, ont indiqué des experts lors du forum. «Le principe est simple: cela consiste pour l'usager du Nord à verser un centime d'euro par mètre cube d'eau afin de financer des actions de solidarité de proximité au Sud«, a expliqué Jean-Marie Grondin, responsable du Programme Solidarité Eau, une ONG française. Le Forum est donc l'occasion de «lancer une campagne de sensibilisation et de solidarité Nord-Sud, qui permettra de mobiliser les populations du Nord«. Mais cette action doit rester une démarche volontaire, ajoute Grondin. A noter que les fonds recueillis permettront des forages de puits, l'installation de pompes manuelles, de réservoirs, de stations d'épuration, de points d'eau dans des écoles. Mais il existe un autre obstacle à l'assainissement de l'eau dans le monde: il s'agit de l'embarras à parler franchement des excréments humains, qui non traités, peuvent rapidement contaminer l'eau à la surface de la terre et dans le sous-sol et provoquer des maladies qui tuent deux millions d'enfants par an, selon l'UNICEF. En effet, un milliard de personnes seulement disposent de toilettes reliées à des égouts. Quelque 2,8 milliards autres disposent de latrines mais n'ont pas «de petits coins«, déclare le Dr Jamie Bartram, coordinateur pour l'eau, les sanitaires et la santé à l'OMS. Dans le même registre, l'ONU prévoit de réduire de moitié d'ici 2015 le nombre de personnes sans accès à des toilettes. Houda BENBOUYA

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