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Politique

Forum de l’avenir
Les régimes politiques en question

Par L'Economiste | Edition N°:1915 Le 13/12/2004 | Partager

. Violations des droits de l’homme, régimes non démocratiques, guerres… rien n’est fait pour le développement!. Usage opportuniste du terrorismeDécembre 2003, Colin Powell, à l’époque secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, effectue une visite «très spéciale» au Maghreb. Le responsable américain est venu parler de droits de l’homme avec les chefs d’Etat du Maroc, de la Tunisie et de l’Algérie, suite à une lettre qu’il a reçue de l’organisation américaine Human Rights Watch. L’organisation voulait mettre à l’épreuve le plaidoyer de Bush en faveur des droits humains dans les pays arabes. Il faut savoir que le système politique américain donne beaucoup de pouvoir aux groupes de pression, qu’ils soient économiques, politiques ou humanitaires et ils sont très écoutés par Washington. Human Rights Watch comme Freedom House (dirigée par un ex-patron de la CIA) sont des organisations qui croient à la supériorité des valeurs américaines. Elles trouvent légitime que les USA interviennent pour restructurer n’importe quelle société. C’est pourquoi, leurs rapports retracent souvent la vision «interventionniste» de l’administration américaine. Pour les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, le diagnostic de Human Rights Watch ne se limite pas aux atteintes aux droits fondamentaux. Il fustige également les systèmes politiques et le mode de gouvernance. Le rapport 2004 pour la région Afrique du Nord et Moyen-Orient dénonce le caractère héréditaire du pouvoir, les présidences à vie et les amendements constitutionnels «sur mesure» dont l’objectif est de pérenniser les classes dirigeantes. Les régimes politiques seront certainement le sujet le plus sensible du Forum de l’Avenir, en raison des fortes critiques qui pèsent sur les leaders arabes.Critiques qui ont fait que ce projet, initié par les USA et validé par la suite par le G8, a été si mal accueilli au départ. Ce n’est pas seulement l’hostilité de la «rue arabe» envers Washington qui a motivé ce refusé. A ces modes de gouvernance décriés, s’ajoute la multiplication des conflits armés, foyers de violations tous azimuts. Irak, Afghanistan, Palestine, Soudan, Algérie… les associations des droits de l’homme arrivent difficilement à se faire une idée précise sur l’ampleur des atteintes et à déterminer les responsabilités. En raison de la violence, les pistes d’information sont souvent brouillées. Dans certains pays comme l’Irak, le chaos est tel que même les activistes humanitaires craignent pour leur vie après l’exécution de leurs collègues. Conflits, régimes non démocratiques, violations des droits de base…cette situation déjà grave a empiré en raison de la lutte contre le terrorisme. Amnesty, HRW… la plupart des organisations de droits de l’homme évoquent les conséquences «désastreuses» de cette lutte. «Guerre qui a justifié beaucoup d’abus», soutient-on. «En période de crise, les droits basiques sont les plus menacés et certains dirigeants profitent de la période d’urgence pour justifier leurs propres abus», note le rapport de HRW. Pour de nombreux régimes de la région, et en particulier ceux engagés dans une lutte féroce contre leurs oppositions internes, l’occasion est trop belle. L’offre américaine vient en effet à point nommé pour légitimer les atteintes flagrantes aux libertés dont ils sont responsables et obtenir un accord explicite des Etats occidentaux avec leurs politiques répressives.De l’avis des Américains, le Maroc, même s’il est critiqué pour l’application de sa législation antiterroriste, reste en avance en matière de transition démocratique, surtout au niveau des droits des femmes et des réformes sociales. «Les atteintes à la liberté d’expression et d’association sont demeurées des problèmes sérieux et étaient particulièrement aigus en Egypte, en Iran, et en Syrie», ajoute Human Rights Watch. Mais Amnesty n’est pas d’accord: «Malgré les promesses de réforme formulées par les pouvoirs publics, des violations graves des droits fondamentaux ont encore eu lieu dans toute la région». Les arrestations et les détentions arbitraires pour des motifs politiques, la détention prolongée au secret et le recours à la torture et aux mauvais traitements. Sur le fond, le ministère de la Justice qui n’avait pas répondu correctement aux demandes d’informations d’Amnesty a provoqué la réaction méfiante et négative de l’ONG. Critiqué dans la presse et notamment dans nos colonnes, le ministère a mieux réagi aux demandes de HRW, d’où l’amélioration du commentaire. Mais la transparence des services publics fait aussi partie de la démocratie…Le monde arabe se débat encore sur le terrain des droits fondamentaux, dits de première génération comme la liberté d’expression, libertés politiques ou droits des femmes. Ceux de deuxième génération, économiques et sociaux, semblent être un rêve lointain.


Les femmes, le tabou

Le département d’Etat américain relève dans son rapport 2003 la situation précaire dans certains pays de l’Afrique du Nord et Moyen-Orient, mais à des degrés divers. Pour plusieurs pays comme la Syrie, la Libye, l’Iran ou l’Egypte, le rapport utilise souvent les mêmes termes pour dénoncer la centralisation du pouvoir, l’exclusion de la participation populaire, les disparitions politiques et les abus judiciaires. Dans les monarchies du Golfe, l’Arabie saoudite semble faire ses premiers pas «démocratiques» en décrétant des élections municipales pour 2005. Mais l’exclusion des femmes demeure la tache noire du régime. Celles-ci seront exclues du nouveau processus électoral comme elles le sont maintenant dans la vie quotidienne (exemple: elles n’ont pas le droit de circuler librement).Nadia LAMLILI

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