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Forum de DavosCrise de confiance et inquiétude mondiale De notre envoyée spéciale, Nadia SALAH

Par L'Economiste | Edition N°:1445 Le 27/01/2003 | Partager

. Les doutes planétaires sont manifestes au World Economic Forum. La démocratie est-elle menacée?Le mot est prononcé. Pis encore: il n'y a pas grand monde pour le contester. C'est la guerre, la Troisième Guerre mondiale. Le World Economic Forum, à Davos, du 23 au 28 janvier, reflète l'inquiétude mondiale, mais ne veut pas se laisser abattre, comme on dit, en posant comme objectif cette année: reconstruire la confiance. L'enquête réalisée par la Fondation du WEF (cf. L'Economiste du 23 janvier) montre un effondrement de la confiance des gens envers les institutions traditionnelles. Seules les forces armées trouvent grâce aux yeux des citoyens. Naturellement, ce résultat inquiète les démocrates... et les moins démocrates.Ils le comprennent mais pas tous de la même manière. Le sénateur Portman, des Etats-Unis, trouve le niveau de confiance dans les Forces armées normal, après les attentats du 11 septembre 2001. Il ajoute que dans les pays démocratiques, l'armée ne menace pas le pouvoir civil, donc pas de quoi s'alarmer. La salle murmure, elle n'est pas d'accord. Un compatriote de Portman n'est pas d'accord, mais alors pas du tout d'accord. Ce contradicteur, plusieurs fois applaudi par la salle, est Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch (ONG américaine s'occupant de surveiller le respect des droits de l'homme, y compris sur le territoire des Etats-Unis et ses zones militaires). HRW n'y va pas avec le dos de la cuillère: «La façon avec laquelle les USA se sont attaqués au terrorisme a détruit les valeurs de confiance qui etaient placées en eux (...) Le gouvernement américain néglige les droits de l'homme que les Etats-unis avaient contribué à promouvoir chez nous comme dans le monde». Roth aligne ses griefs les uns derrière les autres; dans la salle, ce ne sont pas des auditeurs ordinairement exubérants, pourtant, ils applaudissent souvent. «Washington ne respecte plus la convention de Genève (NDLR: pour les prisonniers de guerre), refuse les termes de la convention de La Haye, tourne le dos à la Cour de Justice, s'éloigne des impératifs de la préservation de l'environnement...» Les interventions militaires des USA en Somalie, en Afghanistan... ne trouvent aucune grâce aux yeux de Roth: «Que dire de la confiance quand la sécurité est en réalité confiée à des chefs de guerre?!» Roth y va carrément: «A cause de la politique américaine, on est en train de revenir 50 ans en arrière, ce n'est pas du tout ainsi que l'on fera disparaître la menace terroriste».En face, les arguments de Portman pèsent de peu de poids: «C'est une question de communication; nous ne communiquons pas assez bien, pour que les gens aient plus confiance en nous».Un peu léger. La salle devient bruissante de désapprobation. Mahathir Ben Mohamed, le Premier ministre malaisien, est à ce poste depuis 22 ans. Son pays n'est pas exactement un modèle de démocratie élective, mais en 22 ans, la Malaisie est passée d'une société survivant grâce à la seule sève d'hévéa, à une puissante nation industrielle régionale. Avec l'île Maurice, autre pays musulman, la Malaisie est le recordman du monde de l'industrialisation. Est-ce cela qui donne autant d'indépendance de parole ou bien la programmation de son départ de la scène politique? Toujours est-il que Ben Mohamed ne mâche pas ses mots lui non plus: «Nous avons fait tant de progrès technique, mais dans le domaine politique, nous sommes encore à l'âge de pierre si n'importe qui, parce qu'il est puissant, peut décider de changer le gouvernement d'un pays voisin pour la simple raison qu'il ne lui plaît plus».

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