×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

International

Forum de Davos: Qu'est-ce qui coince dans le monde arabe?

Par L'Economiste | Edition N°:1544 Le 20/06/2003 | Partager

. Le WEF monte une rencontre à Amman. Moment crucial pour la politique et l'économieCe week-end à Amman, un bon millier de responsables politiques et de grands patrons sont réunis par le World Economic Forum (Forum de Davos) pour «reconstruire un avenir au Moyen-Orient«. Il s'agit d'un double agenda: d'une part, la mise à niveau économique de la région et d'autre part, le côté politique avec l'après-guerre en Irak et la «feuille de route« pour une paix durable entre Palestiniens et Israéliens. Les évènements des trois derniers mois ont bouleversé les données politiques, économiques et militaires. Ni la «feuille de route«, ni la reconstruction irakienne ne sont encore des stratégies bien assurées. C'est exactement le contexte dans lequel le WEF aime travailler.Voilà déjà quelques années que le Forum de Davos essaie de comprendre pourquoi cette région a pris du retard dans la globalisation économique, malgré les colossales richesses en pétrole; autre question: pourquoi 50 ans de conflits n'arrivent toujours pas à trouver de solutions; et: pourquoi cette région fournit-elle des motifs au terrorisme globalisé?Invité par le Roi de Jordanie, le WEF recevra entre autres Colin Powell, secrétaire d'Etat américain, Pascal Lamy, commissaire européen pour le commerce…La présence de ces deux leaders mondiaux montre bien que la méthodologie du Forum repose autant sur la politique que sur l'économie.A la jonction de ces deux domaines, la compétitivité. Le Forum a produit l'année dernière une étude sur la compétitivité au Moyen-Orient et plus généralement, sur l'ensemble du monde arabe. Il ne s'agit pas d'une étude classique telle qu'on peut en trouver à la Banque Mondiale, OCDE ou dans les cabinets de consultants. Les chercheurs du WEF ont mêlé dans leurs indicateurs des éléments très classiques comme le PIB, l'exportation, les aides extérieures… à des éléments que l'on voit moins fréquemment comme le niveau d'éducation, la corruption, la liberté de presse, les formes de pouvoir (gouvernance), le statut des femmes…De ces rapprochements où le qualitatif est dominant, naît une vision différente du développement et du «mal développement«. Mais ceci donne aussi des résultats surprenants et parfois contestables.Dans la plupart des pays arabes, dit le rapport The Arab World Competitiveness 2002-2003, le revenu réel par tête a baissé au cours de ces 20 dernières années. Durant les années 70, l'activité économique a certes «explosé« grâce au pétrole. Mais, dès le début des années 80, le déclin des prix de l'or noir a entraîné «le déclin« de l'économie. Pendant ce temps, l'Asie connaissait un développement rapide au point que certains des pays de cette région ont quitté la catégorie des pays en voie de développement (Corée par exemple).Dans le monde arabe, l'explosion démographique a été combinée avec la stagnation de l'agriculture. Ce qui a entraîné une pression forte sur l'urbanisation, sans pour autant que l'industrialisation ne suive. «Le point central pour la compétitivité de l'Arabie saoudite, par exemple, n'est pas le déclin du prix du pétrole, mais de comprendre pourquoi ce pays riche n'a pas réussi à avoir des sources de revenu indépendantes du marché pétrolier«. Les auteurs du rapport ont calculé que, de 1975 à 2000, 4 pays arabes seulement ont accru l'efficacité de leurs investissements. Le champion est la Tunisie devant Oman, la Syrie et l'Egypte. Le Maroc accuse, toujours selon les calculs du rapport, un recul mais limité. Ceux qui baissent le plus sont le Qatar, les Emirats, l'Algérie, la Jordanie et l'Arabie saoudite. Le Liban recule aussi très fortement, mais cela est dû aux 16 ans de guerre civile et de problèmes frontaliers avec la Syrie et Israël. Outre le contexte historique dans lequel évolue la région, la qualité du capital humain grève aussi sa compétitivité. Les ressources humaines représentent un élément crucial dans la croissance économique. Les pays du Golfe, par exemple, disposent de capitaux importants, mais l'absence de compétences humaines rend stérile cette manne. C'est le système éducatif qui est incriminé par le rapport et non le potentiel humain. Il ne prépare pas à affronter les exigences de la mondialisation. D'ailleurs, la capitalisation du marché arabe est infime comparée à celle des pays industrialisés de l'OCDE et de l'Asie de l'Est. Cette région du monde enregistre une capitalisation de marché importante dans la part du PNB. D'autant plus que les flux de capitaux révèlent la célérité du développement des nouveaux pays industrialisés. Les bourses du monde arabe, elles, sont dérisoires par rapport aux marchés internationaux. Les défis des pays arabes seront certainement ardus à relever sur le moyen terme. Car la croissance et le développement durable reposent d'abord sur une politique et un environnement macroéconomique stables, un capital humain compétitif et une législation performante.Mouna KADIRIhttp://www.weforum.org/annualmeeting

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc