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Enquête

Formation: Des techniciens spécialisés à l'oeuvre

Par L'Economiste | Edition N°:614 Le 12/10/1999 | Partager

· L'ISB reçoit tous les ans près de 450 stagiaires en formation normale
· Alphabétisation des employés du secteur
· Des chantiers en plein institut pour mettre les stagiaires en situation réelle d'entreprise


Le secteur du bâtiment est prédominé par l'informel où les entreprises sont très peu sensibles à la formation. Une grande partie des ouvriers et maçons dans les chantiers sont analphabètes. "Il faut d'abord songer à les alphabétiser avant de penser à les former", explique M. Mohamed Ben Saghir, directeur de l'ISB (Institut Supérieur du Bâtiment) qui relève de l'OFPPT (Office de la Formation Professionnelle et de la Promotion du Travail). Durant la saison 98/99, l'ISB a offert un cumul de 1.700 jours de formation consacrés aux analphabètes. Les formateurs se déplacent sur les chantiers après 17 heures pour éviter de perturber les travaux. Plus de 70 maçons ont bénéficié de ce programme durant l'année écoulée. "Il s'agit d'une alphabétisation fonctionnelle", précise M. Ben Saghir. Et d'ajouter que le programme de formation est axé sur des exemples et cas repris du vécu quotidien de l'ouvrier.
Mais le plus grand axe de formation au sein de l'ISB est le "Duale". Il s'agit d'une formation offerte en parallèle à l'institut et dans les entreprises de bâtiment. Ce système, créé depuis quelques années, commence à donner ses fruits. A en juger par le taux d'insertion dans certaines filières qui frôle 100%. L'ISB a signé plusieurs contrats avec des entreprise afin que le stagiaire, dès sa première année de formation, passe en alternance un mois à l'école et un mois à l'entreprise. A la fin de son cursus, il devient déjà opérationnel. "Ce n'est pas pour autant réduire l'encadrement des stagiaires. Des formateurs les suivent même en entreprise pour assurer l'harmonie entre la formation et le milieu professionnel", explique M. Ben Saghir.
L'ISB est satisfait de la 4ème promotion de sa filière "conducteur de travaux" qui a été presque complètement insérée. Cette branche, destinée aux bacheliers, offre un diplôme de technicien spécialisé demandé sur le marché du travail. Ce niveau permet de combler un vide en raison de l'absence d'une hiérarchie intermédiaire entre le patron et l'ouvrier. "A travers ce niveau, plus élevé que celui de technicien de base, nous voulons créer une charnière entre le patron et les ouvriers", indique M. Ben Saghir.
Après le niveau de technicien spécialisé, l'ISB offre aussi des formations de niveau technicien. Il s'agit des filières "chef de chantier pour le gros oeuvre", "techniques de bois", "peintre-décorateur" et "dessinateur de bâtiment: architecture". Ces filières concernent les niveaux bac et sont étalées sur deux ans de formation.
Le dernier niveau (qualification) s'adresse à des jeunes qui n'ont pas pu atteindre le niveau bac. Cette branche offre des formations en deux ans pour devenir "plombier chauffagiste", "menuisier bois", "menuisier métallique", "peintre de bâtiment" ou "jardinier".
Les responsables de l'ISB sont confiants quant à l'avenir de leurs lauréats. La formation permet aux stagiaires d'acquérir une autonomie pour pouvoir exercer comme opérateur indépendant. "Une expérience préalable dans une entreprise reste bénéfique, surtout pour avoir des qualités et réflexes d'entrepreneuriat", ajoute M. Ben Saghir.
Le directeur de l'ISB insiste d'ailleurs sur le partenariat entreprise-institut. Pour lui, il est impératif aujourd'hui d'impliquer les entreprises dans l'établissement des programmes de formation et l'évaluation du cursus. "Nous sommes entièrement ouverts aux entreprises. Pour ce faire, nous avons créé un comité technique de suivi avec la Fédération du bâtiment. Ce comité est présidé par des entrepreneurs qui sont également membres du jury dans les évaluations des stagiaires", soulignent les responsables de l'ISB.
Au sein même de l'établissement de formation, des ateliers ont été aménagés et équipés d'outillages et de machines. Des espaces qui donnent les allures d'usines. Les stagiaires vêtus de blouson de travail avec des badges se considèrent comme des techniciens en entreprise. Dans l'enceinte de l'Institut, les stagiaires construisent des bâtiments, des fondations, bétonnent des terrains... Ils créent un vrai chantier. Ceux en filière de jardinage s'occupent des espaces verts aussi bien au sein de leur établissement que dans les autres instituts de l'OFPPT.


Quatre filières


L'ISB a lancé depuis quelques années une formation à caractère "humanitaire et social". Il s'agit de la formation des adultes. Toute personne peut s'y inscrire sans limitation d'âge. Les participants suivent une formation de 3 à 4 mois pour apprendre un métier. "Ce sont généralement des personnes ayant perdu leur emploi qui viennent pour se reconvertir", explique M. Ben Saghir. Quatre filières sont dispensées dans le cadre de la formation des adultes. Il s'agit de "l'électricité bâtiment", "coffrage", "ferraillage" et "plomberie". Les cours sont offerts gratuitement, mais les places sont limitées à 15 personnes par classe.

Hicham RAÏQ

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