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Fleurs coupées: le marché français ne suffit plus

Par L'Economiste | Edition N°:34 Le 18/06/1992 | Partager

Les fleurs marocaines s'affirment sur le marché européen par leur qualité malgré les difficultés à l'entrée que rencontrent les opérateurs du secteur floral.

Le bilan de la campagne florale 1991-92 a été très intéressant sur le plan de la production: près de 2.500 tonnes. Cependant, le marché a été très difficile. En effet, les prix de vente ont chuté de 15 à 20%. Raisons: effets de la crise doublés d'une proposition de fortes quantités par la concurrence étrangère (Amérique du Sud, Espagne, Israël, Hollande ou encore Kenya).
Le Maroc présente des conditions climatologiques favorables à la culture des fleurs. On atteste le passage de la production de quelques tonnes en 1975 à plus de 2.000 tonnes en 1992. Cependant, certaines contraintes pèsent encore sur le secteur.

D'abord le problème des quotas. En effet, le contingent français est relativement faible. Quant à celui de la CEE qui exonère partiellement les producteurs des droits de douane sur l'ensemble du marché communautaire est assorti de conditions de vente draconniennes qui le rendent inopérant estiment les opérateurs du secteur. En effet, la CEE demande le respect du barème des prix en comparaison avec les prix européens. Ceci est pénalisant pour le Maroc.
D'un autre côté les opérateurs estiment que l'incidence du coût du frêt aérien pèse assez lourd dans le prix de revient. Du reste, le frêt est concentré principalement sur la France où 2 roses sur 3 proviennent du Maroc. Ce marché est donc saturé. Une diversification sur les pays scandinaves qui payent cher la fleur est souhaité par les floriculteurs. Cette diversification des débouchés entraînera certainement celle de la production. Production qui repose, par ailleurs, sur un savoir-faire individuel qui n'est pas forcément optimisé. L'amélioration des techniques de production grâce à la recherche dans des centres d'études serait bénéfique pour le secteur.

De plus, si les producteurs trouvent ce qu'ils veulent en engrais, ils se plaignent cependant de la non disponibilité de certains produits phytosanitaires, notamment ceux qui se présentent sous forme liquide et qui ne tachent pas les fleurs.
Un autre problème de taille est celui de la garantie des paiements estiment les opérateurs. Produits périssables, les fleurs ne sont pas vendues par accréditif. Dès lors, il serait prudent de se protéger en utilisant un organisme spécialisé tel que l'ASMEX ou s'assurer des garanties.

Quant au volet du partenariat, il serait souhaitable de le développer notent certains producteurs. Il pourrait assurer la continuité entre la production et la commercialisation. Il constituerait aussi un moyen de défense partiel à la CEE. Le message en faveur du Maroc pour qu'il soit traité comme les autres pays concurrents passerait plus facilement venant d'un partenaire européen. Cependant, pour développer le partenariat, la qualité des produits et des services s'impose à tout producteur (respect des délais de livraison, qualité de l'emballage ...).
La qualité de la fleur marocaine est unanimement reconnue. Il reste à la développer davantage et à produire de nouvelles variétés demandées par les acheteurs.

L. Ta.

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M. Abdellatif Moumile, Président de l'Association Marocaine des Producteurs Exportateurs de Fleurs parle de l'évolution et des perspectives qui s'offrent au secteur.
L'Economiste: Depuis 1985, la croissance du secteur horticole a été impressionnante. Il semble cependant que le prix de l'acquisition du terrain soit en passe d'imprimer une baisse à cette expansion. Qu'en est-il aujourd'hui?
M. Abdellatif Moumile: Effectivement le prix du terrain est déterminant dans tout acte d'investissement agricole. Mais sa part est relativement faible compte tenu du coût de l'investissement par hectare. Pour le secteur de la fleur, ce coût varie entre 1 million et 3,5 millions de Dirhams par hectare selon le système retenu: type de serre, équipements mobilisés ...

- Un autre obstacle qui contrarie ce développement est, de l'avis des opérateurs, la lenteur qui caractérise la progression des exportations. En dehors de l'association du capital étranger dans cette branche, qu'est-ce qui pourrait bien être entrepris pour redynamiser les ventes à l'étranger?
- D'abord le capital étranger est faible dans la branche. La progression de la production et des exportations de la fleur est fondamentalement due au capital national. Le taux de progression des exportations n'est pas faible. Il est plutôt spectaculaire. Les exportations sont passées de 80 tonnes en 1980 à plus de 1.600 en 1990. Mais ceci ne veut pas dire que le capital étranger n'est pas le bienvenu.

- On sait que le transport constitue l'une des charges d'exploitation les plus pasantes dans le domaine de la flori-culture. A-t-il été trouvé solution à ce problème?
- Certes, le problème de la floriculture reste celui du coût du frêt et de la disponibilité des avions. Mais les moyens offerts par la RAM satisfont les besoins des producteurs sur la plupart des destinations desservies. Un souhait: que la RAM puisse permettre par la diversification des destinations, une diversification des débouchés.

- Oui, il a été souvent dit que la diversification des débouchés pourrait offrir possibilité au secteur de plus réaliser des virtualités par ailleurs qualifiées de très importantes. Où en est-il à ce niveau?
- L'Europe de l'Ouest reste un marché formidable pour la production florale marocaine. Les diversifications en dehors de ce marché seront très laborieuses. A titre d'exemple, le marché des Etats-Unis bénéficie de la proximité des pays de l'Amérique du Sud, grands producteurs, et les habitudes de consommation y sont différentes des habitudes européennes.

- Il en est des fleurs comme de certaines autres exportations marocaines de produits primaires. Objet de contingentement, parfois sous le coût du prix de référence, elles souffrent donc de mesures protectionnistes qui n'avouent pas toujours leurs noms. Quelles perspectives se présentent sur ce plan?
- En effet, avec l'Europe le contingent est très faible. Sur la France il est de 500 tonnes et sur le reste de la CEE il est de 300 tonnes. Ces contingents répondaient à nos capacités d'exportation d'il y a 5 ans. Notre demande est qu'il y ait éclatement de ces contingents pour pouvoir rentrer librement sur le marché communautaire.

Entretien réalisé par Laïla TAARJI

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